Nantes : après un an d’enquête, la police judiciaire démantèle un réseau de blanchiment d'argent dans le bâtiment

Quatorze personnes ont été interpellées le 4 mai dernier, en Loire-Atlantique, Vendée et Ille-et-Vilaine. Elles sont soupçonnées de travail dissimulé et d'avoir organisé de la fausse sous-traitance dans le secteur du bâtiment entre Rennes et Nantes, à hauteur de 4 millions d'euros.  

© MaxPPP

Le 4 mai dernier, quatorze personnes soupçonnées d'appartenir à une organisation mettant en œuvre de la fausse sous-traitance dans le secteur du bâtiment ont été interpellées en Ille-et-Vilaine, Vendée et Loire-Atlantique par la police judiciaire de Nantes. 

C'est avec un renseignement anonyme, selon lequel "un ressortissant turc demeurant à Nantes facilitait l'emploi de travailleurs turcs et azéris en situation irrégulière au moyen de faux papiers" que l'enquête a débuté il y a plus d'un an. Au fil des mois, la brigade financière a découvert des montages financiers entre différentes sociétés du bâtiment basées dans les régions nantaise et rennaise, qui correspondaient en réalité à de la fausse facturation de sous-traitance. 

4 millions d’euros envoyés en Turquie 

Agissant depuis 2018, cette organisation reposait sur quatre sociétés fictives. Dépourvues de matériel et de locaux, elles facturaient de fausses prestations de sous-traitance à des entreprises du bâtiment. Ce dispositif permettait notamment aux entreprises bénéficiaires de ne pas s'acquitter des cotisations sociales obligatoires et de faire travailler des personnes non déclarées

Au total, les flux financiers correspondant à ces fausses facturation de sous-traitance, sont estimés à plus de 4 millions d'euros entre septembre 2018 et avril 2021. La majeur partie a été envoyée en Turquie.

3 hommes placés en détention provisoire 

Selon le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, treize hommes et une femme, n'ayant pas ou peu d'antécédents judiciaires, ont été interpellés au cours de cette opération judiciaire. Douze d'entre eux ont été présentées au juge d'instruction les 7 et 8 juin aux fins de mise en examen notamment sur les faits de blanchiment commis en bande organisée. Trois hommes ont été placés en détention provisoire, dont un ressortissant turc âgé de 43 ans, soupçonné d'être à la tête des sociétés fictives. Neuf autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

 

 

 

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