Nantes : Earta demande et obtient son placement en redressement judiciaire

Didier Rio le patron de la société EARTA, a demandé son placement en redressement judiciaire, après la perte d'une activité de gestion d'invendus de presse pour l'ancienne messagerie Presstalis. Une administratrice judiciaire a été nommée ce 1er octobre.

Didier Rio, le patron d'EARTA, société qui emploie 220 personnes handicapées, menacée par la faillite de Prestaliss
Didier Rio, le patron d'EARTA, société qui emploie 220 personnes handicapées, menacée par la faillite de Prestaliss © Olivier Lanrivain / MAXPPP
"Aujourd'hui, la gestion des invendus représente 45% de notre activité. On ne sait pas faire sans. Si ça s'arrête, on est mort", résume abruptement Didier Rio.
 

"J'ai fait la demande auprès du tribunal de commerce de Nantes. On attend la nomination d'un administrateur judiciaire ce jeudi 1er octobre".

Didier Rio


"On a commencé à nous retirer la gestion d'une partie des invendus et ça va continuer. Il faut que l'entreprise soit sous la protection du tribunal pour qu'il n'y ait pas de casse sociale".


Le tribunal a donné une suite favorable à sa demande en nommant une administratrice judiciaire. Sophie Gautier, administrateur judiciaire à Rennes. Ensemble, ils ont six mois pour tenter de trouver des solutions pérennes pour remettre l’entreprise sur la bonne voie. Une première réunion est programmée au tribunal de Nantes, le 18 novembre. La société France Messagerie, nouveau repreneur après la liquidation de Presstalis, dira si elle continue de fournir du travail aux salariés d’EARTA.
 

220 travailleurs handicapés en Pays de la Loire

Prestataire de la SAD, filiale d'ex-Presstalis, EARTA assurait la gestion en région de la reprise des invendus de la presse. La liquidation de la SAD et la cession de Presstalis menacent cette activité, selon le gérant, Didier Rio.

Le site le plus exposé est celui de Voivres-lès-le-Mans dans la Sarthe, où 50 salariés travaillent pour France Messagerie, qui a succédé à Presstalis.
EARTA emploie 250 salariés dont 220 travailleurs handicapés en Pays de la Loire.

Créée en 2001, l'entreprise EARTA accueille des travailleurs en situation de handicap souvent victimes de traumatismes crâniens qui ont entrainé chez ces personnes une incapacité partielle de travail. 
 

Réunion au ministère de l'Économie

Une réunion sur EARTA doit se tenir ce jeudi au Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), qui dépend du ministère de l'Économie, auquel Didier Rio a décidé de ne pas se rendre.

"J'ai demandé le report de cette réunion de 24 ou 48h compte tenu de la décision attendue du tribunal. Moi ça me heurte que Bercy méconnaisse à ce point le fonctionnement de la justice en organisant cette réunion par avance sans tenir compte des décisions à venir".

"Et puis le Ciri me dit avoir invité les élus du personnel, sauf que ni la CGT ni la CFDT ne l'ont été, et que FO qui n'a pas de représentant chez nous est invitée".

 
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