Dossier - Pays de la Loire : la lutte contre les décharges sauvages s’organise

Dépôt sauvage à Cantenay-Epinard dans le Maine-et-Loire / © France Télévisions
Dépôt sauvage à Cantenay-Epinard dans le Maine-et-Loire / © France Télévisions

En ville, à la campagne, les décharges illégales sont un fléau coûteux pour les collectivités et dangereux pour l'environnement. En Pays de la Loire, les collectivités et les associations se mobilisent pour tenter d'inverser la tendance.
 

Par Fabienne Even

Créée début 2019, les membres de la brigade verte de Nantes ne chôment pas. Aux quatre coins de la ville, ils font la chasse aux sacs poubelles abandonnés dans la rue et aux propriétaires indélicats.

Pour mener l’enquête, rien de plus simple que d’inspecter le contenu de la poubelle. Une enveloppe suffit souvent à identifier le contrevenant, passible d’une amende de 68 euros.

Depuis sa création, la brigade verte nantaise a dressé 78 procès-verbaux. Elle constate que deux tiers des auteurs d’infractions sont des particuliers, le tiers restant, des commerçants ou des entreprises du bâtiment. Les dépôts sauvages auraient cependant déjà diminué de moitié, grâce à des interventions rapides pour éviter le phénomène d’accumulation qui favorise les incivilités.

Le dépôt illégal d’ordures est puni par le code pénal
 

De nouvelles mesures en 2022

Aux abords de la métropole nantaise, dans quelques rues discrètes, ce sont des tas de gravats qui s’amoncellent. Des restes de chantiers déversés par des professionnels du bâtiment, peu enclins à payer l’accès aux déchetteries qui leur sont réservées.

Face à ce fléau écologique, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a annoncé le 5 septembre 2019, une série de mesures afin d’améliorer la gestion des déchets de la filière du bâtiment, qui génère à elle seule 42 millions de tonnes de déchets en France.

Ces mesures prévoient la reprise gratuite des déchets à condition qu’ils aient été préalablement triés ainsi que l’augmentation du nombre de points de collecte. Elles devraient être effectives à compter de janvier 2022.

Sentinelle de la nature, un système d’alerte

Mobilisés, les associations de défense de l'environnement ont créé un système d'alerte citoyen, via un site internet et une application dédiée, baptisée "Sentinelles de la nature". "C'est un vrai service de suivi qui permet d'alerter les services de l'Etat et les collectivités" explique Xavier Métay, de France Nature Environnement Pays de la Loire.

Ce fut le cas pour cette décharge illégale située à Cantenay-Épinard, près d'Angers. A 300 mètres de l'île Saint-Aubin, une zone classée Natura 2000, du verre, des pneux, des plaques de fibro-ciment ou encore des bidons en plastique s'étalent en pleine nature. "Tout cela a un impact sur l’environnement, sur la qualité des sols, des eaux. Ici on est en zone inondables. S’il y a une crue cet hiver, tout cela va se retrouver sous l’eau ! On n’ose imaginer les conséquences sanitaires sur l’environnement et la qualité de l’eau", s'insurge Xavier Métay. Suite à l'alerte sentinelle, le maire de la commune a réagi et renforcé l'interdiction d'accès à la zone.

Depuis sa création en Pays de la Loire en février 2019, le réseau Sentinelle a reçu 150 alertes. 44 d'entre elles ont fait l'objet d'un signalement et une dizaine de dossiers ont débouché sur une action en justice.

Le reportage de la rédaction
 


 

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