Pays de la Loire : un virus menace les cultures de tomates, poivrons et piments alerte l'Anses

Tomates infectées par le virus ToBRFV, provenance Israël en 2019 / © Anses
Tomates infectées par le virus ToBRFV, provenance Israël en 2019 / © Anses

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Anses vient de lancer, ce mardi 4 février, une alerte sur un virus qui pourrait détruire les cultures de tomates, poivrons et piments. Ce virus n’est pas transmissible à l’homme.
 

Par Jean-Marc Lalier

Ce virus porte le nom de "Tomato brown rugose fruit virus " (ToBRFV). Il est très virulent et particulièrement dangereux pour les plantes qui y sont sensibles avec un pouvoir de contamination important. Il peut survivre longtemps et actuellement, il n’existe aucun traitement.

Quels sont les pays touchés ?


Pour l’instant la France n’est pas touchée, mais ce virus a déjà été signalé en 2014 en Israël et en 2015 en Jordanie, puis au Mexique, Etats-Unis, Allemagne, Italie, Pays-Bas et en Espagne. En 2019, des mesures d’urgence ont été adoptées au niveau européen afin de répondre à cette émergence. Ce virus est donc pour l’instant, aux portes de notre pays.

Dans ce contexte, l’Agence a mené une évaluation des risques pour la France métropolitaine et évoque "un risque élevé d’introduction et de dissémination du virus en France avec un impact potentiel conséquent sur les cultures, tant pour les filières professionnelles que pour les productions familiales qui représentent des volumes significatifs." 

 
Tomates infectées par le virus ToBRFV, provenance Israël en 2019 / © Anses
Tomates infectées par le virus ToBRFV, provenance Israël en 2019 / © Anses


Les moyens d'éradication de ce virus 


"Aujourd’hui il n’y a aucun moyen de lutte, aucun traitement et aucune variété résistante, ce qui en fait une maladie redoutable" nous explique Philippe Reignault, Directeur de la santé des végétaux à l’ANSES, "Il pourrait être introduit en France selon trois voies possibles, par des plants qui seraient infectés, des semences ou des fruits de tomate", poursuit-il "Tous les types de production peuvent être touchés, la production professionnelle sous serre ou en plein champ et la production dans le cadre des jardins familiaux."


La France en 2018 a produit 684 509 tonnes de tomate.
Pour la région Pays de la Loire la production en 2018 était de 91 113 tonnes dont 90 039 sont produites sous serre.
(Chiffres de Direction de la Prospective et des Etudes Economiques CTIFL – Agrest)
 
l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), site d'Angers / © Fred Grunchec
l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), site d'Angers / © Fred Grunchec

Quel est le mode de transmission de ce virus ?

"La transmission se fait par voie mécanique, via un simple contact direct entre les plantes ou les mains, les outils de travail, les vêtements des manipulateurs, les insectes pollinisateurs, les oiseaux et l’eau d’irrigation. Les semences peuvent également transmettre les tobamovirus.", nous précise l'Anses "Enfin, ces virus sont très stables : ils peuvent en effet survivre plusieurs mois sur des supports inertes sans perte de pouvoir infectieux. Ces caractéristiques épidémiologiques rendent les tobamovirus redoutables dans les cultures à haute densité de plantation comme les cultures conduites sous serre."

En Pays de la Loire, l'association des producteurs de tomates et concombres basée en Loire-Atlantique lance un plan de surveillance renforcée des cultures de ses adhérents et appelle le consommateur à se tourner vers des tomates, poivrons et piments estampillés origine France.

Pas d'inquiétude, ce virus n'est pas transmissible à l'homme.

Le reportage de la rédaction
Au Laboratoire de la Santé des végétaux à Angers on insiste sur le caratère inédit de ce virus qui se propage à grande échelle par les plants et les semences.


 

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