Allonnes, près du Mans : la mosquée va fermer, une enquête judiciaire est en cours

Selon un communiqué de la préfecture de la Sarthe, l'établissement religieux serait fréquenté par des "individus appartenant ou proches de la mouvance islamiste radicale". Une procédure de fermeture est engagée. En parallèle, le parquet indique qu'une enquête judiciaire est en cours.

Ce vendredi 15 octobre, après de nombreuses sollicitations, le parquet du Mans s'est décidé à communiquer sur la situation de la mosquée d'Allonnes.

Dans un très court communiqué, le procureur de la République Delphine Dewailly "confirme que des investigations judiciaires sont en cours sur les faits d'apologie de terrorisme et provocation à commettre des actes terroristes, susceptibles d'avoir été commis par des membres ou dirigeants des associations gérant la mosquée d'Allonnes."

C'est le SRPJ d'Angers, le Service régional de la police judiciaire, qui conduit l'enquête sous la direction du procureur.

De son côté, une des deux associations incriminées, l'Association allonnaise pour le Juste Milieu, l'AAJM, se défend sur sa page Facebook.

Le préfet avait indiqué, dans un communiqué publié le mercredi 13 octobre, que la mosquée d'Allonnes, abritée au sein d'un bâtiment municipal et gérée par deux associations, faisait désormais l'objet d'une procédure de fermeture.

Une décision qui faisait suite à une opération policière menée dans la journée du mardi 12 octobre.

Selon la préfecture, le lieu de culte serait fréquenté par certains individus qui "légitiment le recours au jihad armé, la mort en martyr, la commission d’actes de terrorisme et le recours à la violence, la haine et la discrimination ainsi que l’instauration de la charia."

"Des activités incitant à la violence, à la haine ou à la discrimination"

Le même document précise que la mosquée abrite aussi une école coranique d'environ 110 élèves, "devant lesquels a été valorisé le djihad armé ".

Et le préfet de conclure : "Aux termes de la loi, l’ensemble de ces faits constitue des propos tenus, des idées et théories diffusées, ou des activités incitant à la violence, à la haine ou à la discrimination, provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes."

Contacté par téléphone, le maire de la ville, Gilles Leproust indique avoir été informé de la situation seulement la veille par le préfet de la Sarthe, mais explique n'avoir jamais été alerté auparavant sur cette situation.

Selon lui, les associations incriminées, l'Association allonnaise pour le Juste Milieu, l'AAJM et l'association Al Qalam qui gèrent la mosquée, ont une semaine pour se justifier auprès des services de l'État.

L'édile ne souhaite pas s'exprimer pour l'instant. Il dit souhaiter attendre plus d'éléments de la part des autorités pour faire part de sa réaction.

Sur les portes de l'établissement, une affichette indique que les cours de l'école coranique sont suspendus jusqu'à nouvel ordre.

300 fidèles fréquentent habituellement la mosquée d'Allonnes.

"Inflexible face à l'islamisme"

"Des arrêtés de gel des avoirs des deux associations et de certains de leurs dirigeants ont été pris hier pour couper net toutes les activités de haine", a précisé mercredi son porte-parole Gabriel Attal à propos de la procédure de fermeture, dans son compte-rendu à la sortie du Conseil des ministres.
    
"Nous sommes inflexibles face à l'islamisme, nous sommes intransigeants face à la haine et à la radicalisation",
a affirmé Gabriel Attal. "Quand on attaque la République elle doit répondre, elle doit répondre fort et donc nous avons engagé une procédure pour demander la fermeture de cette mosquée", a-t-il poursuivi, rappelant qu'elle avait été engagée "sur le fondement de la loi Sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme qui a été votée" récemment.

"Une procédure contradictoire est lancée jusqu'à mercredi prochain, après quoi une décision sera rendue, une décision évidemment que nous attendons en confiance, étant donné le sérieux et la solidité du dossier dont nous disposons", a précisé le secrétaire d'Etat, en rappelant que c'est la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme "votée sous ce quinquennat par cette majorité" qui "nous a donné les armes pour fermer les lieux de culte où l'on propage la radicalisation".

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