Le Mans : à 21 ans, Faustine est étudiante et bénéficiaire des Restos du Cœur

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Écrit par Nathan Vildy avec Fabienne Béranger

Etudiante en école d’infirmière au Mans, Faustine 21 ans a vu sa formation bouleversée par la crise sanitaire. Elle vient de demander une aide alimentaire aux restos du cœur.

Le symbole d’une jeunesse en détresse. Le 1er décembre dernier, Faustine Dhondt, 21 ans, s’est inscrite aux Restos du Cœur du Mans pour demander une aide alimentaire.

"Je ne pensais jamais en avoir besoin un jour. Mais ce n’était plus possible. Certains soirs en rentrant chez moi, je n’allais pas manger. J’allais directement me coucher pour oublier la faim", témoigne-t-elle.


Déjà plus de 150 étudiants aux restos du Cœur

Comme plus de 150 étudiants au Mans, l’étudiante en deuxième année d’école d’infirmière au Mans ne pouvait pas faire autrement. Sa mère ne peut pas l’aider financièrement et toutes ses économies sont passées dans la réparation de sa voiture, indispensable pour se déplacer.

Après avoir payé le loyer et les charges, il ne lui restait que 50 euros pour se payer à manger.

"Mentalement c’était dur à vivre, explique Faustine, c’est compliqué de passer le cap de se dire qu’on est dans le besoin. J’appréhendais mon inscription, je me sentais comme une intruse"


Appelée en renfort face au Covid

La jeune étudiante a subi de plein fouet la crise du Covid qui a bouleversé sa formation. En cette fin d’année, elle est aide-soignante dans un EHPAD. Elle n’a donc pas le droit de travailler à côté et aucun salaire n’a encore été versé.

"Je ne sais pas quand je toucherai ma paye. C’est impossible de se projeter", soupire-t-elle.

2021 s’annonce aussi pénible pour la jeune étudiante. "Je ne sais pas quand est-ce que nous rattraperons les cours. On évoque cet été mais pendant cette période je dois travailler !" s’alerte Faustine.

Mais Faustine ne perd pas espoir, l’aide alimentaire lui a procuré un "énorme soulagement" . "J’ai senti l’envie d’aider des gens, la chaleur et la sincérité de leur engagement. Normalement, je n’aurai plus besoin d’aide dans quelques années. C’est sûr que j’aiderai les restos bénévolement à ce moment-là !".