Le Mans : l'infanticide de la petite Marina inspire un téléfilm diffusé sur France 3

Lors de la marche pour Marina / © Willy Colin - France 3 Pays de la Loire
Lors de la marche pour Marina / © Willy Colin - France 3 Pays de la Loire

Ce lundi 18 novembre, France 3 a diffusé  "La maladroite", un télefilm inspiré de l'infanticide de Marina au Mans dans la Sarthe, en septembre 2019. une fiction réalisée par Eléonore Faucher.

Par Céline Dupeyrat

A 21 heures, sur le parking d'un centre commercial, des parents affolés s'agitent autour d'une voiture. Ils appellent en vain Stella, mais personne ne répond. Leur enfant a disparu. Fugue, enlèvement ou pire encore : l'angoisse les étreint. Quelques mois auparavant, Stella, 6 ans, a fait sa toute première rentrée scolaire. Elle a un grand frère et une petite soeur déjà scolarisés mais pour elle c'est la découverte de l'école.

►Rencontre avec Françoise Charpiat, scénariste de la fiction
France 3 se mobilise pour la protection de l'enfance
Rencontre avec Françoise Charpiat, scénariste de la fiction « La Maladroite ». - France 3
Curieuse, exubérante, méconnaissant toute discipline scolaire et souvent absente, Stella intrigue Céline, sa maîtresse. Le père, très présent, a expliqué que leur fille avait une maladie qu'on ne comprenait ni ne savait guérir, qu'ils passent leur temps dans les hôpitaux pour chercher à la soigner, ce qui explique toutes ces absences et cette scolarité tardive...Voilà pour le début de l'histoire. Le récit, en fait, du calvaire vécu par la petite Marina pendant des années. Une enfants battue et torturée par ses parents en Sarthe.

Interview d'Alexandre Seurat, auteur du livre "La maladroite"

► Voir ou revoir "La maladroite" sur Pluzz

Rappel des faits

Marina Sabatier est morte dans la nuit du 6 au 7 août 2009, sous les coups de ses parents. Elle avait 8 ans. 

Le 8 septembre 2009, le père de la petite Marina fait croire à la disparition de sa fille, sur le parking d'un fast-food en périphérie du Mans. Des dizaines de gendarmes s'investissent dans les recherches. Dès le lendemain, le père, Eric Sabatier, est placé en garde à vue.

Le corps de sa fille est retrouvé coulé dans le béton d'un conteneur, dans un entrepôt du Mans. Les enquêteurs découvrent  en fait une sordide histoire de maltraitance. Celle d'une enfant "souffre-douleur", frappée dès l'âge de deux ans. Car les différentes alertes des écoles ou est scolarisée la fillette, son passage à l'hôpital du Mans après de mauvais traitements, , et même un signalement auprès du parquet, classé sans suite,  ne la protège pas de ses parents tortionnaires, qui mentent  et déménagent régulièrement pour brouiller les pistes. 

De graves défaillances

Un drame qui met en lumière la défaillance des systèmes scolaires, judiciaires, et de protection de l'enfance. 

"Pourquoi est-ce qu'on a pu en arriver là, pourquoi est-ce que le filtre de la protection de l'enfance n'a pas fonctionné? IL y quand même un certain nombre d'institutions qui ont eu connaissances des maltraitances subies. Il y a eu dysfonctionnement quelque part", dénonçait à l'époque, Delphine Allain Thonnier, avocate de l'association "Enfance et partage". 


Les parents condamnés à 30 ans de réclusion criminelle

Le 26 juin 2012, après onze jours d'un procès extrêmement pesant et plusieurs heures de délibération, Eric Sabatier et sa conjointe Virginie Darras sont condamnés à 30 ans de réclusion criminelle dont 20 de sûreté,  pour actes de tortures et barbarie ayant entraîné la mort de leur fillette. Le parquet avait requis la perpétuité contre les deux parents. 



 

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