Le Mans : quatre hommes condamnés après une bagarre générale dans un bar du centre-ville

Quatre hommes comparaissaient ce vendredi 18 septembre en comparution immédiate, treize jours après la violente bagarre qui a eu lieu dans une rue du centre-ville du Mans. Trois ont été condamnés à de la prison avec sursis, le dernier à 6 mois fermes.
 

Le commissariat de police du Mans
Le commissariat de police du Mans © France 3 Pays de la Loire
Pour le dernier homme, 12 mois de prison dont six mois avec une peine aménagée.

« Cette affaire a fait grand bruit », déclare la présidente en ouvrant l’audience. C’est le moins que l’on puisse dire, au vu de la diffusion dans toute la France de cette rixe au cœur du centre-ville du Mans.
« Il ne faut pas faire de ce dossier ce qu’il n’est pas : le procès des violences urbaines au Mans. », répond Me Proust, l’avocat d’un des prévenus.

On comprend aisément que cette affaire cristalise une impression d’insécurité notoire au Mans.
Ce vendredi 5 septembre vers 00H, Adam Bakhaev, 27 ans et une carrure de videur fête sa candidature pour un poste qui correspond sur le papier à son physique. L’histoire commence à l’intérieur du Café Crème, établissement bien connu de la nuit mancelle. Alors qu’Adam Bakhaev célèbre son entretien qui s’est soldé par une promesse d’embauche, un serveur refuse de servir quatre personnes visiblement alcoolisées. Le ton monte et le futur videur prend ça pour un premier test, il intervient d’abord pour calmer la situation. Un militaire de passage au bar essaye aussi d’apaiser les esprits, mais il se fait sortir manu militari par le videur « en période d’essai » et reçoit un coup de pied retourné, à l’extérieur du Café Crème.

Bagarre générale

C’est l’étincelle. Les chaises et tables volent, des bouteilles et verres sont jetés en direction d’une quinzaine de militaires du 2ème Rima. Peu sont blessés, sauf un sérieusement à l’œil qui bénéficie de 7 jours d’ITT.
« On ne savait pas que c’était des militaires » se défendent deux des quatre prévenus.
Le calme revient place de la Sirène à seulement 2h30 du matin après l’intervention des forces de l’ordre et l’usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. 200 personnes étaient rassemblées au plus fort de la rixe.  
 

C’était un bon type, une crème

Mais il y avait ce soir deux clans :  « ceux avec Adam et les autres », explique Mme la présidente.  

Adam Bakhaev est un grand du quartier. « La mère de Ramzan (l’un des prévenus NDLR) est une connaissance de ma mère », explique-t’il.
« J’ai vu que c’était un bon type, une crème », raconte Anouar Touzou, 18 ans déferré le matin de l’audience. Difficile de savoir si il a conscience de son mauvais jeu de mot.

Dans cette affaire, le grand du quartier semble être à l’origine d’une situation qui dégénère.
« Ce qu’on peut dire c’est que vous n’avez pas l’étoffe d’un videur », répond la présidente.
Les trois autres prévenus sont à peine majeurs, tous nés au début du millénaire.
Ils se confondent en excuses, affirment regretter leurs gestes, mettant tour à tour la faute sur l’alcool ou l’ambiance collective explosive. « Quand il y a du monde, on est obligé de se défendre », essaye Anouar Touzou. «Quand ça sent la poudre, il faut s’en aller », rétorque la présidente.

Les réseaux sociaux : preuves indiscutables

Des prévenus très jeunes, entre 18 et 19ans, adeptes des diffusions sur les réseaux sociaux. Mais dans ce cas, les vidéos amateurs semblent s’être retournées contre eux.
La présidente insistera à de nombreuses reprises sur le caractère irréfutable des preuves obtenues grâce à l’analyse de ces vidéos.
« Mais où sont les 196 autres ? » questionne l’avocat de M. Bakhaev.
A la barre aujourd’hui sont présent uniquement les membres d’un clan, les soutiens de Bakhaev.
Ni les militaires victimes constituées parties civiles ne sont présentes, ni le propriétaire du Café Crème. Le propriétaire n’a même pas demandé réparation pour sa vitre explosée ou son mobilier détérioré.

Reconnus coupables des faits, les trois plus jeunes ont été condamnés à des peines de prison avec sursis de 4 à 8 mois. Le « grand » Bakhaev est condamné à 12 mois de prison avec surcis, dont 6 mois ferme avec aménagement de peine. Tous les quatre ont l’interdiction de porter une arme pendant trois ans et d’approcher le Café Crème.

 
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