Circulation des trains perturbée ce dimanche 6 août : on vous explique pourquoi les aiguilleurs du Mans sont en grève

Le trafic TER et TGV est perturbé ce week-end en Sarthe en raison d'une grève des aiguilleurs du Mans. Ces derniers protestent contre la délocalisation d'ici à 2030 de leur poste à Rennes.

Ce dimanche 6 août, le trafic TGV et TER devrait être impacté. 86,5 % des trajets TGV devraient néanmoins être assurés 

En moyenne, ce samedi, 40 % du trafic TER était assuré au départ du Mans vers Laval, Paris, Caen et Tours, il devrait en être de même ce dimanche.

La raison de ces perturbations est à chercher du côté de la gare du mans du Mans. La direction de la SNCF envisage de délocaliser le poste d'aiguillage, qui gère ce nœud ferroviaire, dans un centre de gestion des opérations à Rennes.

"L'intérêt de la SNCF est de diviser le nombre d'agents par 4. Dès 2030, ce sont les cheminots du Mans qui pourraient être délocalisés, mais ensuite à l'horizon 2050, ce sont tous les postes d'aiguillage des Pays de la Loire qui pourraient être supprimés" explique Eric Mussard, représentant CGT de l'équipe des aiguilleurs manceaux.

Pour l'heure, seuls deux agents acceptent d'être déplacés à Rennes. Les autres devront trouver un autre emploi et pour certains en dehors de la SNCF, car il n'y aurait que dix à 15 postes disponibles à Rennes

Pourtant, un poste d'aiguillage au Mans semble incontournable.

Le Mans, au cœur d'une étoile ferroviaire complexe

"Il faut garder un poste d'aiguillage au Mans prévient Eric Mussard, sans quoi, le projet de RER métropolitain cher à la présidente de Région ne verra jamais le jour".

Le Mans constitue une étoile ferroviaire complexe, nous gérons 40 km de lignes qui partent vers Angers, Paris, Laval, Tours ou Alençon. Il faut être sur place pour se rendre compte de la difficulté de la circulation

Eric Mussard

Représentant CGT de l'équipe des aiguilleurs du Mans

"La direction du réseau délaisse les petites lignes, les petites gares pour se concentrer sur les métropoles. Elle a renoncé à ses projets de création ou de rénovation des gares de Moncé-en-Belin ou de Château-du Loir. À terme, nous craignons que la ligne Caen-Le Mans-Tours soit carrément supprimée."

Et puis, il y a le fret, selon les agents, si la SNCF délocalise le poste d'aiguillage à Rennes, et privilégie la desserte des centres urbains, il sera difficile de développer le transport de marchandises. "Et on le sait, moins de fret c'est aussi plus de camions ou de voitures sur les routes, donc plus de pollution, souligne Eric Mussard".

Une décision qui semble bien mal coller aux comportements nécessaires dans le cadre du changement climatique.

"Nous maintenons la menace de grève jusqu'à la fin de l'été"

Face à ce projet qu'ils dénoncent depuis près de deux ans, les aiguilleurs ont entrepris de cesser le travail le week-end. Des mouvements pour lesquels ils votent chaque semaine. "Pour l'instant, nous maintenons la menace de grève jusqu'à la fin de l'été" indique encore Eric Mussard.

"La SNCF veut faire des économies sur le dos des agents. Au plan national, il existe aujourd'hui 1 500 postes d'aiguillage et la direction veut ramener ce chiffre à une vingtaine.

Au Mans, nous nous accordons avec la direction sur la nécessité de "régénérer" notre poste

Eric Mussard

Représentant CGT de l'équipe des aiguilleurs du Mans

"Nous travaillons avec des postes de gestion informatique des trains qui datent de 1989. À Rennes, à terme, SNCF prévoit d'installer 47 opérateurs sur un plateau d'opérations de 1 000 m² pour gérer l'ensemble des Pays de la Loire, explique encore Eric Mussard, un plateau éloigné de nos périmètres géographiques, et ça, nous n'en voulons pas. Le progrès technique doit être au service des travailleurs et non au détriment des emplois" .

Le 29 septembre, une rencontre doit avoir lieu entre les agents et Matthieu Chabanel, le président-directeur général de SNCF Réseau. Mais avant cela, le 28 août, une mobilisation est prévue le jour de l'inauguration de la future halte Le Mans-Hôpital, sur la ligne TER Le Mans-Laval/Alençon.