Les routes départementales pourraient repasser à 80 km/h au lieu de 90 Km/h en Sarthe

En 2020, le département de la Sarthe, sous l'impulsion de son président Dominique Le Mèner, avait décidé de rétablir la vitesse maximale de 90 Km/h. Une décision qui avait suscité la colère de la Ligue contre la Violence Routière. Celle-ci avait saisi le tribunal administratif qui doit se prononcer sur un éventuel retour aux 80 Km/h.

Le passage aux 80 Km/h sur les routes bidirectionnelles, hors agglomérations, avait été décidé au niveau national lors de l'été 2018. Le décret s'était fondé sur le fait que "le réseau routier sur lequel les accidents mortels sont les plus fréquents est celui des routes à double sens sans séparateur central (55% de la mortalité routière)". On estimait alors que 300 à 400 vies pourraient être sauvées chaque année avec une telle mesure de réduction de la vitesse.

Pour les routes à doubles voies dans le même sens, la vitesse maximale autorisée était restée à 90 Km/h.

Cette décision, on s'en souvient, avait provoqué de nombreuses oppositions et, en décembre 2019, la liberté avait été donnée aux Conseils Départementaux de décider d'un retour ou non aux 90 Km/h.

La réduction du temps de parcours

C'est le choix qui avait été fait par Dominique Le Mèner, Président du Conseil Départemental de la Sarthe. Retour donc dans ce département aux sacro-saints 90 Km/h, hors zones limitées à 70, dès le 3 juillet 2020.

"L’objectif recherché est la réduction du temps de parcours entre les principales villes éloignées de l’agglomération mancelle et Le Mans, centrale en termes d’aménagement du territoire, afin de ne pas pénaliser les territoires ruraux" justifiait à l'époque le Département de la Sarthe.

Argument bien léger quand on sait que l'écart entre 90 Km/h et 80 Km/h sur un parcours de 30 km est seulement de ... 3 minutes (1 minute sur un parcours de 10 km).

L'argument électoraliste a sans doute été le plus puissant dans tous les départements qui ont choisi alors de revenir aux 90 Km/h sur tout ou partie de leur réseau, soit environ la moitié des départements français. 

Un manque de motivations

Ce mercredi 15 novembre, le Tribunal Administratif de Nantes, se penchait sur le recours déposé par la Ligue contre la Violence Routière de la Sarthe demandant l'annulation des arrêtés départementaux relevant dans la Sarthe la vitesse à 90 Km/h.

Si on attend encore le jugement de la juridiction administrative, le rapporteur public a, dans ses conclusions, estimé qu'il convenait effectivement d'annuler ces arrêtés départementaux, estimant que ces textes n'avaient pas été suffisamment motivés.

C'est le premier argument qui avait été avancé par la Ligue contre la Violence Routière de la Sarthe qui avait mis en avant le manque de pertinence des études d'accidentologie fournies par le Département pour justifier le retour aux 90 Km/h. 

Le rapporteur a ainsi jugé logique d'annuler 41 des 45 arrêtés pris par le président du département.

"On est satisfait de la décision, déclare Patrick Rogeon, le président de Ligue contre la Violence Routière de la Sarthe, mais le sursis à statuer repousse d'autant le passage aux 80 Km/h".

En effet, le Tribunal Administratif ne s'est pas encore définitivement prononcé, choisissant de laisser aux différentes parties 15 jours pour lui communiquer leurs arguments respectifs. Un délai auquel il faut ajouter encore deux semaines avant une décision de la juridiction.

Mais le département devrait repasser à 90 car, lorsque le rapporteur donne un avis, il est généralement suivi par le tribunal administratif. Quinze autres départements pourraient également voir leurs routes départementales repasser à 90 km/h.

L'actualité "Économie" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Pays de la Loire
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité