Présidentielle 2022 : en Sarthe, la campagne électorale vue de la campagne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Christophe Turgis avec Charles Lemercier

La campagne présidentielle, agitée, vue de la campagne, celle des villages paisibles. La campagne qui ira voter, par devoir civique, celle de ces citoyens ruraux qui ne voient rien venir pour enrayer la dévitalisation de leur campagne.

Marçon, commune du Haut-Maine dans le département de la Sarthe, 1068 Marçonnais, une journée ordinaire, sa boulangerie, son bar tabac presse loto, sa place du village et ses panneaux électoraux.

Les élections, on en parle un peu sans guère de passion. 79% des électeurs inscrits se sont déplacés pour voter au premier tour de l'élection présidentielle. Plus par devoir civique que par intérêt politique. 

"Il faut voter, c'est un devoir, pour qui ? Le meilleur, ou la meilleure, on ne sait pas", dit une retraitée, Marçonnaise alerte au cheveux courts et gris. Une passante, plus jeune, avoue, "je ne m'en occupe pas de trop, on va voter et puis voilà".

"On nous oublie"

La ruralité apparaît comme la grande oubliée de la campagne pour l'élection présidentielle en 2022. La fatalité ici comme ailleurs a gagné les esprits. "On travaille et à la fin on presque plus rien, tout augmente", dit un électeur dans la quarantaine. "Nos pensions de retraite sont peu élevées à la campagne", reprend notre retraitée.

La commune n'a pas cessé de perdre des habitants depuis longtemps. Même si la tendance s'est inversée depuis 2006, le constat est là, le village s'est dévitalisé. Né ici il y a 70 ans, Yves a connu Marçon avec des dizaines de commerces. C'était dans le monde d'avant. "On nous oublie, on pense aux grandes villes, mais la campagne a perdu trop de choses en 30 ans, c'est sûr. Les hypermarchés ont fait beaucoup de mal".

Au café, les clients parlent des élections sans tabous, "on se rend compte sur le terrain des difficultés qu'on a, les transports, trouver un médecin c'est galère, pour trouver un spécialiste, il faut faire quarante kilomètres. Si non, on ne se soigne pas", se désole un client au comptoir.

Ce jour-là, est jour de courses hippiques à Écommoy. Sur le champ de courses, les parieurs, journal spécialisé en guise de pare soleil et jumelles à la main, font le même constat. 



"On supprime tout dans les petites communes, il n'y a plus de bureau de Poste, de commerces, il n'y a plus rien",
dit une retraitée élégante. Écommoy se situe à 20 minutes du Mans en voiture, ça ne fait rien, un parieur se désole des conditions d'accès à la santé. "Quand il faut aller aux urgences, il faut attendre une demi-journée avant qu'on s'occupe de vous, ce n'est pas normal", "il ne faut pas être malade, faut être en super forme", conclut avec ironie la dame élégante.

Résignés, les Sarthois rencontrés iront voter dimanche, sans illusions, le résultat du scrutin ne changera pas leurs vies. 

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