Coronavirus : pas de cluster dans les abattoirs du groupe LDC à Sablé-sur-Sarthe

L'information était partie d'une conférence de presse donnée ce vendredi 29 mai à Nantes par le préfet de région : un nouveau cluster de l'épidémie de Covid-19 est apparu au sein de l'abattoir de Sablé-sur-Sarthe. Une nouvelle aussitôt démentie par le groupe agro-alimentaire sarthois.

Le groupe LDC commercialise, entre autres, la marque de poulet Le Gaulois.
Le groupe LDC commercialise, entre autres, la marque de poulet Le Gaulois. © Maxppp
Lors de son point presse hebdomadaire, ce vendredi 29 mai, avec le directeur de l'ARS, l'Agence régionale de santé, le préfet de région Claude d'Harcourt annonce l'apparition d'un nouveau cluster dans les Pays de la Loire : des cas suspicieux sont relevés dans un abattoir appartenant au groupe LDC à Sablé-sur-Sarthe.

Selon les informations fournies par les services de l'ARS, trois personnes auraient été testées positives au Covid-19 et une campagne de 160 tests supplémentaires allait être conduite auprès des autres salariés de l'unité de production concernée.

Sitôt ces informations diffusées par les médias, le groupe agro-alimentaire dément : il n'y a pas de cluster à Sablé-sur-Sarthe et aucun testing n'est prévu.

La vérité est ailleurs

Retro-pédalage dans l'après-midi même du vendredi pour les service de l'État : le sous-préfet de La Flèche (72) contredit les propos matinaux de son supérieur en affirmant que "non, il n'y a pas de cluster à l'usine LDC de Sablé."

Comment expliquer alors ce cafouillage au plus haut niveau de l'exécutif ligérien ? Il semblerait qu'une confusion ait été faite entre deux ateliers de production de LDC et deux périodes distinctes.

La première contamination remonte peu avant la mi-mai où trois salariés sont testés positifs au Covid-19 au sein de l'unité d'abattage et de découpe des dindes. Les salariés en question ont été mis en quatorzaine et aucun de leurs collègues n'a, depuis, manifesté de symptômes. Onze d'entre eux, des cas contacts, ont tout de même été testés pour des résultats tous négatifs.

La seconde exposition au virus est plus récente et date du 23 mai dernier. Elle provient d'un autre atelier de découpe, celui des poulets, où deux personnes qui présentaient des symptômes ont été placées à leur tour en quatorzaine. Les tests, connus depuis le jeudi 28 mai, sont revenus positifs. Il s'agit d'un couple de personnes qui habitent ensemble. Le protocole de contact-tracing mené par l'Assurance maladie, pour déterminer d'éventuels cas contacts, est en cours.

Les deux ateliers étant distincts et possédant des entrées strictement séparées, il semblerait que les contaminations aient eu lieu en dehors de l'entreprise. Mais c'est le cumul de ces deux situations qui aurait bien pu induire les services de la préfecture de région en erreur.

En tout état de cause, deux personnes contaminées ne constituent certainement pas un cluster. 
Le site du géant de l'agro-alimentaire LDC à Sablé-sur-Sarthe.
Le site du géant de l'agro-alimentaire LDC à Sablé-sur-Sarthe. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Des salariés inquiets

Cette valse-hésitation des services sanitaires n'est pas un facteur de tranquillité pour les quelques 2 000 salariés de LDC à Sablé.

Depuis le début de la crise liée au coronavirus, de nombreuses rumeurs ont fait état d'un fort taux de contamination au sein des entreprises agro-alimentaires et, particulièrement, dans les abattoirs.

D'autant que dans les Pays de la Loire, Sablé-sur-Sarthe est le deuxième site du groupe LDC a être touché par le virus. L'entreprise Arrivé, située à Essarts-en-Bocage, qui commercialise les volailles estampillées Maître Coq, a connu une vague de Covid-19 début mai. Quatorze personnes avaient été testées positives après une campagne massive de plus de 400 dépistages. Toujours en Vendée, l’abattoir Scabev aux Herbiers a, lui aussi, été touché par l'épidémie sans qu'aucun recoupement n'ait pu être établi entre ces différents sites de contamination liés à l'industrie agro-alimentaire. "Nous n’avons pas constaté d’écart sur le protocole sanitaire dans les abattoirs", précise même le préfet de la région, Claude d'Harcourt.

Malgré tout, l'inquiétude monte chez les salariés de LDC qui, comme beaucoup de leurs homologues, ont continué de travailler durant la période de confinement. Depuis le début de la pandémie, 69 cas positifs ont été détectés dans un abattoir des Côtes-d'Armor, 54 autres dans un établissement du même acabit près d'Orléans... 

Ce jeudi 28 mai, le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon, a même demandé que soit établi un nouveau protocole de gestion des risques liés au Covid-19 dans les abattoirs. 

Comme abattoir, LDC est un établissement sensible. Nous travaillons avec l’entreprise et l’ARS pour déterminer des mesures de préconisations qui seront mises en place. - Jean-Michel Delvert, sous-préfet de La Flèche

Un nouveau protocole qui sera vraisemblablement révélé le mardi 2 juin prochain et qui ne suffira peut-être pas à calmer les angoisses des salariés.
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