Sablé-sur-Sarthe : la chasse aux pigeons est ouverte

Les pigeons de Sablé-sur-Sarthe vont y laisser des plumes
Les pigeons de Sablé-sur-Sarthe vont y laisser des plumes

Trop de pigeons tue le pigeon. Il fait bon vivre à Sablé-sur-Sarthe. Au moins pour les pigeons qui s'y sont installés en grand nombre. Mais la commune va peut-être se transformer en piège mortel pour les volatiles. 

Par Olivier Quentin avec Lucas Baron

Il suffit de lever la tête pour mesurer le problème. Sur certaines toitures de Sablé-sur-Sarthe, ils sont des dizaines à se poser.

Mais si on regarde par terre, les traces sont également nombreuses de la présence du pigeon de ville dans cette commune sarthoise, au sud-ouest du Mans.

"En centre-ville y’en a beaucoup, se désole cet habitant, dans certaines rues, on ne peut pas vraiment marcher."
 

3 000 pigeons 

Selon les autorités locales, 3 000 représentants de l'espèce auraient emménagé dans la ville. Pour une population humaine de 12 000 habitants, ça fait un pigeon pour quatre Saboliens.

Ça commence à faire en effet.

Mais comme le pigeon ne sait pas tirer à la carabine, il ne pourra se débarrasser du Sabolien et le volatile risque bien de faire les frais d'une concurrrence qui pèse sur le moral de l'autochtone.

La mairie a donc décidé d'engager un chasseur qui, muni d'une carabine à air comprimé, sera chargé de voler dans les plumes des pigeons.
 
Evidemment ça fait réagir.

"C’est limite de la barbarie, nous dit cette habitante, je suis contre !"

"C’est une solution très "à courtermiste" constate cet autre pacifiste, ils vont se reproduire et revenir. Il y a d’autres solutions à mettre en place avec des gens qui s’y connaissent."
 

Le pigeon de ville n'est pas une espèce protégée

Sollicitée par notre équipe, la mairie a refusé de nous répondre. Une façon comme une autre d'éviter les prises de bec.

Mais un communiqué officiel détaille la stratégie.  Se fondant sur les articles 26 et 120 du règlement sanitaire départemental, la mairie rappelle que "toute mesure doit être prise si la pullulation de ces animaux (errants tels que les pigeons) est susceptible de causer une nuisance ou un risque de contamination de l'homme par une maladie transmissible."

Le même communiqué rappelle que "les pigeons de ville ne sont pas une espèce protégée, ils n'ont pas de statut spécifique, ils ne sont pas considérés comme animaux domestiques ou gibier."

La Ligue de Protection des Oiseaux préférerait quand même d'autres méthodes et propose des nichoirs spéciaux.

"C’est un système de cases, explique Dominique Lacampagne, administratrice LPO Sarthe. Les pigeons nichent et les œufs sont soit secoués soit remplacés par des œufs factices de sorte qu’il n’y a pas d’éclosion des œufs."

Un système qu'a expérimenté la ville. Si si ! On a envoyé les agents municipaux secouer les œufs des pigeons qui nichaient dans le pigeonnier derrière l'église... mais sans résultat.

"La plupart préfèrent nicher dans les habitations et sous les toits".

Ça peut se comprendre, personne n'apprécierait qu'on secoue ses gosses...
 

Une pétition contre la chasse aux pigeons

On a même mis en place des cages, mandaté un fauconnier, équipé l'église d'un système d'électro-répulsion... bref on n'est pas resté les deux pattes dans la même gouttière.

La chasse aura donc lieu du 7 au 10 octobre. Coût de l'opération, 5 600 euros.

A noter cependant qu'une pétition sur internet a recueilli près de 12 000 signatures.

Ce qui fait quatre signatures par pigeon.


► Le reportage de notre rédaction

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