Scandale Lactalis : l'enquête transmise à un juge d'instruction

L'usine Lactalis de Craon (Mayenne) / © François Bobet, France 3 Pays de la Loire
L'usine Lactalis de Craon (Mayenne) / © François Bobet, France 3 Pays de la Loire

Après un peu plus de neuf mois d'enquête préliminaire, un juge d'instruction va poursuivre les investigations sur la contamination qui a touché des dizaines de nourrissons fin 2017. 
 

Par SG avec AFP

La contamination aux salmonelles de laits infantiles du groupe Lactalis va donc faire l'objet d'une instruction.
Le pôle santé publique du Parquet de Paris a en effet ouvert mardi une information judiciaire contre X pour "tromperie sur les qualités substantielles des marchandises", "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à trois mois" et "inexécution par un exploitant du secteur alimentaire de procédures de retrait ou de rappel d'un produit préjudiciable à la santé", selon nos confrères de l'AFP.

Le parquet de Paris a pris cette décision après avoir terminé, fin septembre, l'analyse de plusieurs milliers de documents saisis mi-janvier lors de perquisitions sur quatre sites du géant français du lait, jugeant que les investigations devaient "se poursuivre dans un autre cadre juridique "plus adapté, selon la source judiciaire de l'AFP. Plusieurs dizaines de témoins ont été entendus au cours de l'enquête préliminaire, a-t-elle précisé.

Pour mémoire, rappelons que 53 nourrissons identifiés ont été atteints de salmonellose en France fin 2017 après avoir consommé du lait infantile des marques Milumel ou Picot, des poudres de lait fabriquées dans l'usine du groupe Lactalis à  Craon, en Mayenne.
Après plusieurs semaines de crise, le groupe avait mi-janvier, retiré la totalité de ses laits infantiles produits dans l'usine incriminée. La production avait alors été suspendue pendant plus de six mois.

L'entreprise dirigée par Emmanuel Besnier avait affirmé que la contamination s'expliquait par des "travaux réalisés courant 1er semestre 2017". Mais le site avait déjà subi une contamination à la salmonelle en 2005. 

Au total, un peu plus de 300 plaintes ont été enregistrées au pôle santé publique, dont celles déposées par quatre associations, selon la source judiciaire. "C'est une première victoire même si c'est que le début d'une nouvelle étape, longue mais cruciale", a déclaré à l'AFP Jade Dousselin, avocate de l'Association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS). 
"Nous allons demander au juge d'instruction d'être entendus rapidement, afin d'avoir accès aux éléments du dossier", a-t-elle poursuivi, indiquant qu'elle ferait des demandes d'actes au juge, notamment des expertises.
"Une bonne nouvelle" aussi pour l'ONG Foodwatch, qui dans un communiqué a dit espérer que cela permettrait "de dégager toutes les responsabilités des quatre grands acteurs" que sont Lactalis, la grande distribution les autorités et les laboratoires.
 
Contacté dans l'après-midi par l'AFP  le groupe n'avait  pas encore réagi à la nouvelle.

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