SNCF : moins de TGV entre Angers et Le Mans, des médecins écrivent au gouvernement

TGV à quai en gare de Nantes, le 24 octobre 2019 / © France Televisions - Christophe Turgis
TGV à quai en gare de Nantes, le 24 octobre 2019 / © France Televisions - Christophe Turgis

118 médecins et pharmaciens exerçant dans la Sarthe ont signé une lettre adressée aux ministres de la santé et de la transition écologique ainsi qu'au président de la SNCF pour dénoncer la suppression de certains horaires de TGV entre Angers et le Mans.

Par Olivier Quentin

François Pinquié est pneumologue spécialisé en cancérologie au CH du Mans. Avant d'être titularisé sur son poste, il venait déjà dans cet établissement pour ses stages lorsqu'il était étudiant en médecine à Angers.

A l'époque, il se souvient avoir pris le 7h48. Ce TGV s'arrêtait à Angers puis au Mans avant de poursuivre vers Paris-Montparnasse. 

Mais le 7h48 (en gare d'Angers) a été supprimé en décembre 2018. François a donc pris le 7h43 qui s'arrête également au Mans pour poursuivre vers Marseille via Massy.
 

En un an, deux horaires TGV supprimés

Décembre 2019, rebelote, la SNCF supprime l'arrêt de 7h43 à Angers et également l'arrêt de 8h25 au Mans. 

"On a découvert fortuitement les changements d'horaires note François Pinquié, en faisant nos réservations." Drôle de façon de traiter des clients réguliers.
Depuis le 16 décembre en effet, le TGV qui s'arrêtait à Angers à 7h43 pour s'arrêter ensuite au Mans, ne s'arrête plus et fait Nantes-Massy directement.

Comme 117 autres praticiens de l'hôpital du Mans, François Pinquié a signé une lettre adressée au Président de la SNCF, Jean-Pierre-Farandou, ainsi qu'à la Ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn et à la Ministre de la transition écologique et solidaire Elisabeth Borne.

François et ses collègues y dénoncent la suppression de cet arrêt TGV en gare d'Angers et du Mans. 
 
François Pinquié est pneumologue à l'hôpital du Mans. Comme 117 autres praticiens, il a signé la lettre envoyée au Président de la SNCF et à deux ministres. / © DR
François Pinquié est pneumologue à l'hôpital du Mans. Comme 117 autres praticiens, il a signé la lettre envoyée au Président de la SNCF et à deux ministres. / © DR
 

"Le TER est archi complet et ce sera pire"

"La seule alternative explique François, c'est de prendre le TER qui part à 7h28 d'Angers. Mais les 15 à 20 mn grignotées bouleversent le quotidien." 

Par exemple, poursuit le pneumologue qui est aussi papa : "Je ne peux pas déposer les enfants à la garderie de l'école qui n'est pas encore ouverte !"

"D'autre part se désole-t-il, ce TER est archi complet et ce sera pire. Il faudra faire le trajet debout sans pouvoir travailler."
 

Le soutien de plusieurs élus

Qui sont donc les autres signataires de cette lettre ? 

"Ce sont presque tous des praticiens de l'hôpital du Mans, explique François. Entre vingt et trente font l'aller-retour (Angers-le Mans) quasiment tous les jours. Il y a de plus en plus de médecins qui pratiquent entre plusieurs hôpitaux et qui ont besoin de mobilité."

Ceux qui ont signé mais ne sont pas directement concernés savent bien que pour attirer des nouveaux praticiens à l'hôpital du Mans, il faut des liaisons ferroviaires pertinentes.

Les signataires de ce courrier attendent aussi le retour du soutien d'élus locaux comme les maires du Mans et d'Angers et de la Présidente de la Région Pays de la Loire. Ils ont eux aussi demandé des explications au président de la SNCF.


Extrait de la lettre des médecins du centre hospitalier du Mans :

"Aujourd'hui, nous demandons donc à Mme la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn et Mme la ministre de la transition écologique et solidaire Élisabeth Borne de nous appuyer auprès de la SNCF pour rétablir et nos moyens d'exercice, et la dynamique existante entre Angers et Le Mans. Les solutions existent et sont simples : à titre d'exemple, accepter de rallonger de 12 minutes le trajet du TGV 8970-8140 Nantes-Paris pour rétablir son arrêt au Mans (supprimé fin 2018) réglerait le problème du matin. Le Mans ne doit pas être mis en dehors d'un "tunnel" reliant Paris et Nantes !"



 

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