Des Trente Glorieuses au Covid : histoire du tourisme balnéaire à Saint-Jean-de-Monts, en Vendée

Le prochain numéro d’Enquêtes de région diffusé sur France 3 Pays de la Loire le 12 mai à 23h20 sera consacré au tourisme et aux préparatifs de la saison estivale, dans le contexte sanitaire que l’on connaît. Direction Saint-Jean-de-Monts qui multiplie sa population par sept en été.

Saint-Jean-de-Monts voit sa population multipliée par sept durant les vacances
Saint-Jean-de-Monts voit sa population multipliée par sept durant les vacances © Denis Leroy / France Télévisions

Saint-Jean-de-Monts sur la côte vendéenne est l’incarnation du développement fulgurant du tourisme balnéaire à partir des années 60 et 70. Adossés à la forêt, le long des 19 km de plages de sable fin, les immeubles bon marché y ont poussé comme des champignons.

Parmi les emblèmes architecturaux de l’époque, la tour du Belambra club (ex VVF, Villages Vacances Familles) surplombe la dune au nord de la station vers l’estacade.

La tour Belambra (ex VVF) à Saint-Jean-de-Monts
La tour Belambra (ex VVF) à Saint-Jean-de-Monts © Denis Leroy / France Télévisions

Le directeur Laurent Aubin nous promène à travers les neuf étages de l’immeuble : "Les appartements disposent d’un balcon, une loggia qui offre une belle vue sur la mer, les couchers de soleil et la vue sur l’estacade. On a rénové les espaces intérieurs en 2008 avec du design dans l’ameublement et plus de fonctionnalité".

La tour a aussi subi dans son histoire des changements de propriétaires. Elle figure aujourd'hui au catalogue du n°1 des clubs de vacances en France. Comme partout en France, finies les réservations sur trois semaines l’été. Aujourd’hui, les vacanciers choisissent de réserver en moyenne une à deux semaines ou optent pour des formules week-end.

Les campings, une tradition qui se maintient

Les campings eux, font toujours partie du décor. Rien que sur la route reliant Saint-Jean à Notre-Dame-de-Monts, on en compte une quarantaine, reconnaissables de l’extérieur avec leurs grands toboggans avec piscine.

Le camping Aux Coeurs vendéens a ouvert ses portes il y a tout juste cinquante ans à l’été 1971. L’ancien camping à la ferme installé comme tant d’autres sur des terrains sablonneux a bien évolué. Il compte désormais 115 emplacements bien arborés dont 70 occupés par des mobil-homes.

Cependant, au fil des années et des générations, il a su préserver son esprit familial et sa clientèle d’habitués comme l’explique sa propriétaire Bénédicte Rabiller. "On a voulu garder des emplacements nus. Ils sont éparpillés au milieu du terrain pour garantir une mixité entre campeurs traditionnels et vacanciers en mobil-home."

Si l'océan a beau être à quelques centaines de mètres, la piscine fait partie des équipements indispensables. Dès le mois d’avril, Alain Rabiller, le propriétaire, prépare l’équipement avec hammam, sauna et jacuzzi pour l’ouverture.

"Une piscine couverte et chauffée est importante surtout en avant-saison. En avril, entre la mer à 12° et la piscine à 30°, vous choisissez la piscine ! Le bord de mer à 700 mètres du camping, vous le réservez aux promenades à pied ou en vélo."

Alain Rabiller

Même si les 3, 4, voire 5 étoiles sont devenus la norme dans le classement des campings, Saint-Jean-de-Monts, la populaire, tente de se démarquer de cette image.

Le camping côtoie golf et thalasso

Le terrain de golf très réputé pour ses parcours dans les dunes au bord de l’océan et la thalasso font partie des activités praticables à l’année. Au gré des modes et des habitudes, le centre de rééducation fonctionnelle du départ dans les années 70 s’est transformé en centre de bien-être et de relaxation. En mettant toujours en avant les bienfaits de l’eau de mer.

Eric Carré, le directeur général du groupe breton thalasso Valdys Resort, est confiant dans la réouverture des lieux et le retour des clients stressés par le confinement. "Ils proviennent largement de l’ouest et de la région parisienne, les étrangers pratiquent moins la thalasso et sont encore rares chez nous. La durée moyenne de séjour est de 4 jours. Les vacanciers veulent profiter à la fois de l’hôtel et des espaces de soin."

Plus de sensations en forêt

Dans les années 2000, la commune a décidé d’investir la forêt omniprésente dans la station pour y favoriser les activités sportives comme le vélo sur les sentiers ou l’accrobranche dans les arbres ! Avec Explora Parc, la greffe a tout de suite pris : 30 000 pratiquants à l’année sans parler des 10 000 accompagnants sur site, car les parcours sont accessibles à tous les niveaux et tous les âges.

L'accrobranche est l'une des activités favorite d'Explora Parc
L'accrobranche est l'une des activités favorite d'Explora Parc © Denis Leroy / France Télévisions

"Aujourd’hui, les vacanciers recherchent en priorité un grand bol d’air et des espaces naturels préservés", explique le gérant Fabien Rousseau, "ici, on est au milieu de la forêt et on entend les oiseaux tout en s’amusant dans les parcours."

Cet été, l’une des nouveautés sera le trampo’filet, ouvert à partir de 2 ans avec sa piscine à balles perchée dans les arbres.

Une ancienne colonie de mer reconvertie en résidence de luxe

Faire vivre la station toute l'année, tel est l'objectif des professionnels du tourisme. Illustration de cette mutation à Notre-Dame-de-Monts où l’ancien centre de vacances de la ville de Riom (Puy-de-Dôme) a été transformé en résidence hôtelière de luxe. A la tête du domaine "Le sherwood", Pierre Tesson, un jeune entrepreneur de 33 ans qui a rapporté le concept de ses voyages à l’étranger.

Seules quelques photos en noir et blanc rappellent le passé de ces lieux parfaitement placés en lisière de forêt et à 200 mètres de la plage. Les anciens dortoirs, cuisines et autres salles de classe ont été entièrement relookés en 17 villas aux couleurs du monde avec une décoration spécifique à chaque destination : Hawaï, Canada, Indonésie, Cuba etc… Des logements XXL convenant essentiellement à des groupes, amis, familles, entreprises. Cette offre en hébergement haut de gamme semblait manquer dans le secteur.

De plus selon le gérant, un modèle hors du tourisme de masse a de l’avenir sur la côte vendéenne.

"Nous nous sommes calés sur l’évolution des goûts des vacanciers. Vu le contexte, aujourd’hui, on part moins à l’étranger, on consomme local. La priorité absolue pour nos clients est de trouver de l’espace, du calme en évitant le bain de foule."

Pierre Tesson

Des propos en écho à la période actuelle. Les confinements successifs ainsi que les protocoles sanitaires bouleversent non seulement le tourisme à l’échelle mondiale mais aussi la façon de passer des vacances près de chez soi. Après l’épisode de 2020, la côte de Lumière se dit prête à s’adapter au contexte nouveau de 2021 en matière de séjours et d'activités. Sachant que le désir de grand air et du bord de mer cet été n'a jamais été aussi fort dans les têtes.

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