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Stand LGBT dégradé à La Roche-sur-Yon : deux personnes placées en garde à vue

Une vingtaine de jeunes ont dégradé le stand LGBT à La Roche-sur-Yon, le 18 mai 2019 / © Capture d'écran Facebook Centre LGBT
Une vingtaine de jeunes ont dégradé le stand LGBT à La Roche-sur-Yon, le 18 mai 2019 / © Capture d'écran Facebook Centre LGBT

Suite à la dégradation du stand LGBT samedi 18 mai à La Roche-sur-Yon, à l’occasion de la journée nationale contre l’homophobie, deux personnes ont été placées en garde à vue. A l'appel du maire de la Roche sur-Yon, un rassemblement contre l'homophobie est prévu ce vendredi 24 mai.
 

Par Fabienne Béranger - Fabienne Even

Dans le cadre de l'enquête ouverte par le procureur de la Roche-sur-Yon suite aux dégradations sur le stand LBGT samedi 19 mai, deux personnes ont été placées en garde à vue, confirme le parquet, ce jeudi 23 mai 2019.

"Les actes d'enquête sont toujours en cours, deux interpellations et des auditions menées en parallèle sont prévues aujourd'hui", précisait le parquet mardi 21 mai.

Parmi le groupe d'une vingtaine de jeunes responsables de ces dégradations, au moins dix d'entre eux sont actuellement étudiants en licence à l'Institut catholique d'études supérieures (Ices), a indiqué la direction de l'établissement universitaire.

"Nous sommes empoisonnés par cette minorité" qui est "radicalisée, très politisée", a déclaré Eric de Labarre, le président de l'Ices qui compte 1.300 étudiants. "Il y a dans cet établissement une poignée de militants engagés à droite ou très à droite et qui par moments pèsent sur l'établissement", a-t-il ajouté.

Un conseil de discipline aura lieu le 28 mai pour chacun des étudiants concernés, qui risquent l'exclusion définitive. 
 

Un rassemblement contre l'homophobie ce vendredi

Luc Bouard, le maire de La Roche-sur-Yon, a appelé ce lundi 20 mai soir à un rassemblement de tous les Yonnais "afin de dénoncer les actes homophobes et plus largement toutes les discriminations", vendredi à 19 heures place Napoléon. Une idée déjà lancée par Martine Chantecaille, conseillère municipale socialiste, et relayée notamment par un professeur de l'Ices. 
 
 

"Homo-folies, ça suffit"

 
Aux cris de "homo-folies, ça suffit", une vingtaine de jeunes s’en sont pris au stand du centre LGBT de Vendée, installé samedi 18 mai sur la place Napoléon à La Roche-sur-Yon, à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie.

Les dégradations ont été filmées par les membres de l’association. Sur sa page facebook, le centre LGBT précise qu’"un groupe d'une vingtaine de jeunes extrémistes de la Manif pour tous, a traversé violemment notre village en scandant 'Homo-folie ça suffit' en arrachant drapeaux et ballons et en renversant des grilles d'exposition".
"Lors de ce passage, ils ont également bousculé des membres des associations partenaires présentes", précise le communiqué sur Facebook.

L'association appelle toute personne témoin de l'incident à prendre contact avec elle. Elle a prévu de déposer plainte ce lundi.

Via Twitter, le parquet de La Roche-sur-Yon a pour sa part annoncé l'ouverture d'une enquête sur ces faits pour en déterminer la nature juridique puis en identifier le ou les auteurs et décider de la réponse judiciaire la plus adaptée".
La présidente du Centre LGBT de Vendée sera reçue, ce lundi 20 mai, par le Préfet de Vendée, précise un communiqué de la préfecture.

Le mouvement La Manif pour tous a réagi ce dimanche après-midi précisant qu'"elle n'a rien à voir avec la provocation d'un petit groupe d'adolescents qui ont utilisé abusivement des logos de notre mouvement""N'en étant pas responsable, elle tient pour autant à marquer sa désapprobation avec des méthodes, des messages et un esprit qui ne sont pas les siennes", précise le communiqué diffusé sur Facebook et Twitter.
Le maire de La Roche-sur-Yon, Luc Brouard, a également réagi sur Facebook dénonçant des "agissements imbéciles, sectaires et régressifs"
Bruno Retailleau, sénateur et président du groupe LR au sénat, a également condamné ces comportements, tout comme le Président du département de la Vendée Yves Auvinet.

Amnesty International France déplore "la recrudescence d’actes homophobes dont fait état le dernier rapport annuel de SOS Homophobie" et qui "est fortement préoccupante. Ce rapport ainsi que les événements récents démontrent, une fois encore, toute l’importance de l’éducation aux droits humains pour lutter contre l'ignorance, l'intolérance et la haine".

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