VIDEO. Sur l'île de Noirmoutier, la Bonnotte est toujours la reine des pommes de terre !

durée de la vidéo : 00h01mn53s
À quatre euros le kilo de Bonnotte de Noirmoutier, le vent et la pluie n’avaient guère d’importance ce samedi 4 mai : rien n’aurait pu décourager les centaines de gourmands venus ramasser des pommes de terre dans les champs. ©France Télévisions

C'est la saison de la Bonnotte, cette pomme de terre primeur d'exception cultivée sur l'île de Noirmoutier (Vendée). Les amateurs devront se dépêcher s'ils veulent la déguster : la saison est courte, d'autant que cette année, les récoltes sont moins bonnes qu'à l'accoutumée.

À quatre euros le kilo de Bonnotte de Noirmoutier, le vent et la pluie n’avaient guère d’importance ce samedi 4 mai : rien n’aurait pu décourager les centaines de gourmands venus ramasser des pommes de terre dans les champs.

Au-delà de la bonne affaire, cette récolte, c’est surtout un chouette moment en famille.  "Il ne connaissait pas du tout, il n’imaginait pas ce qu'on allait faire ce matin... il se demandait comment on fait pour reconnaître un champ de pommes de terre, donc voilà !”, raconte cette cliente, venue avec son petit-fils, novice en matière de Bonnotte.  

Il faut dire que cette pomme de terre, cultivée sur l’Île de Noirmoutier, est peut-être la plus exceptionnelle des pommes de terre primeur. Elle a besoin de deux mois pour pousser, mais lorsqu’elle arrive à maturité il faut être rapide : sa récolte n’est possible que pendant quelques semaines...

20 centimes plus cher au kilo 

Ce qui est rare est précieux... d’autant plus cette année, où la star des patates a eu du mal à s’accommoder à la météo.  

Pour Jordan Michaud, le président des jeunes agriculteurs de Noirmoutier, “il y a eu trop d'humidité, du coup les terrains étaient gorgés d’eau, pour travailler c’était pas évident, certaines pommes de terre ont noyé dans les bas de terrain souvent". Les pommes de terre qui ont résisté à l’excès d’eau sont cependant plus petites qu’à l’accoutumée : la terre froide et le manque de soleil ont ralenti la pousse de toutes les variétés.  

Nicolas Paille, directeur de la coopérative de Noirmoutier, confirme que la récolte 2024 est moins bonne qu’espérée. "Nous sommes par rapport à un potentiel normal à 20% de moins et ça c’est ce qui se passe sur Noirmoutier, sur l'île de Ré, dans les bassins bretons et ailleurs, c'est malheureusement une constante", déplore le commerçant.

Cette baisse des récoltes a évidemment une incidence sur le prix de vente des cagettes de pommes de terre : le kilo de Bonnotte coûtera environ 20 centimes plus cher au consommateur cette année.  

La Bonnotte est la star des restaurants

Pas de quoi altérer l'enthousiasme des restaurateurs qui attendent chaque année la fête de la Bonnotte avec impatience. Dans le restaurant de Patrick Millasseau, on cuisine la pomme de terre primeur de l’entrée jusqu’au dessert.

“C’est vraiment la base de l’agriculture noirmoutrine et c’est un produit qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, que ce soit le goût ou la texture”, explique le chef.

En cuisine, la Bonnotte est au cœur de toutes les expériences : le chef a inventé une glace à la fraise à base de pomme de terre, mais aussi un gâteau. Pour mettre au point cette recette, il a questionné les anciens de l’île. “Ils m’ont dit, nous à la ferme autrefois on n'avait pas de farine donc on faisait beaucoup de gâteaux à base de pomme de terre”, rapporte Patrick Millasseau.

Surpris, le chef essaye la recette... C’est le coup de cœur immédiat. "Quand vous remplacez la farine par la purée, il y a une texture que vous ne retrouvez nulle part c’est léger c’est fondant et en plus c’est sans gluten”...

Riche en sucre, la pomme de terre de Noirmoutier est donc délicieuse en toutes circonstances... C'est aussi un délice lorsqu'elle est rissolée simplement avec un peu de beurre et quelques branches de thym. Bon appétit !  

Carla Butting avec Eléonore Duplay et Denis Leroy  

Retrouvez-nous sur nos réseaux sociaux et sur france.tv