Pont effondré de Mirepoix-sur-Tarn : comment protéger les autres ouvrages menacés en France ?

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn ne figurait pas sur la liste des ouvrages sensibles en France / © France 2
Le pont de Mirepoix-sur-Tarn ne figurait pas sur la liste des ouvrages sensibles en France / © France 2

L'effondrement meurtrier d'un pont à Mirepoixsur-Tarn en Haute-Garonne,  ce lundi 18 novembre, pose à nouveau la question de la sécurité de ces édifices routiers en France. Comment ces ouvrages sont-ils entretenus ? Faut-il redouter d'autres catastrophes ?

Par Malika Catala

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn n'était pas répertorié sur la liste des ouvrages sensibles. L'édifice avait été rénové en 2003 par le Conseil départemental. La dernière inspection date de 2017. Aucun problème particulier n'avait été signalé. Ce drame relance néanmoins des inquiétudes sur l'état des ponts sur notre territoire. 
 

L'entretien des ponts, un enjeu avant tout local


Selon un rapport parlementaire rendu public le 27 juin, 25 000 édifices sont en mauvais état structurel. Les sénateurs estiment urgent de mettre en place un "plan Marshall" pour ces ouvrages d'art vieillissants. On apprend également dans ce texte que la plus grande partie des ponts dangereux sont ceux gérés par les communes. Des collectivités locales qui ne peuvent payer seules des travaux très coûteux. C'est le cas dans l'Aisne. Dans ce département, 2000 ponts ont été recensés, beaucoup ont été reconstruits en béton après la deuxième guerre mondiale. Des ouvrages en fin de vie que les communes, ne peuvent plus assumer. Elles en appellent à l'Etat pour financer ces travaux parfois pharaoniques.
 
Le sénateur de l'Aisne Antoine Lefèvre (LR) demande à l'Etat des fonds spécifiques pour aider les communes à rénover des ponts.


Le Maine et Loire au chevet de ses ponts


Dans le Maine-et-Loire,  le conseil départemental s'efforce d'entretenir près d'un millier d'ouvrages d'art dont il a la charge. Plus de 2,5 millions d'euros sont consacrés à leur entretien. Une tâche confiée aux agents de la Direction des routes, de la simple inspection aux chantiers plus conséquents. Une mission réalisée tous les 6 ans. Chaque pont, dont certains sont invisibles pour les automobilistes, fait alors l'objet d'un contrôle minutieux. Les techniciens regardent, en particulier, sous les voûtes car c'est à cette endroit que les premiers signes de fragilisation apparaissent.
 
Interview de Philippe Guillet, Responsable service ouvrages d'art Département du Maine-et-Loire


Des ponts fragilisés par le passage de nombreux poids lourds


La plupart des ponts ne sont pas conçus pour accueillir les poids lourds. Beaucoup d'entre eux sont soumis à une réglementation qui interdit la circulation des camions au-delà d'un certain tonnage. Mais impossible de mettre une balance à l'entrée de chaque ouvrage. Alors certaines communes ont pris des mesures pour empêcher le passage des poids lourds. Au Canet dans l'Hérault , après la rupture d'un câble en 2017 sur un pont semblable à celui de Mirepoix-sur-Tarn, des plots en béton ont été installés pour empêcher les camions de plus de 12 tonnes d'emprunter l'ouvrage. Une restriction plus ou moins respectée. 

 

Interview de Claude Revel, le Maire de Canet (Hérault)

 

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