La visite de Manuel Valls et de Christiane Taubira à Marseille

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et la garde des Sceaux Christiane Taubira ont fait vendredi de leur déplacement à Marseille le symbole de la "mobilisation générale" et du "retour" de l'Etat dans la ville.

Une matinée séparée

Manuel Valls a installé le nouveau préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain, vendredi matin. 
"Un homme de terrain, pragmatique, fin connaisseur des questions de sécurité, qui a toutes les compétences et qualités pour relever une mission difficile qui le passionne déjà".
"Je ne veux pas m'enfermer dans un calendrier, mais je veux des résultats. Pas des chiffres. Cela prendra du temps. Je n'ai pas dit à M. Bonnetain: -si vous n'avez pas de résultats dans six mois, on vous change-".


Le ministre a indiqué que la sécurisation du centre-ville de Marseille restait une priorité, tout en demandant au préfet Bonnetain de "travailler à la mise en place rapide de la zone de sécurité prioritaire des quartiers nord et Gardanne", avant celle des quartiers sud.

"Marseille est blessée dans sa chair et abîmée dans son image (...). La situation, insupportable pour les Marseillais et intolérable pour notre pays, appelait une mobilisation générale", a affirmé Manuel Valls dans la cour de l'hôtel de police, en présence de nombreux élus, forces de sécurité et magistrats.


Au même moment, Christiane Taubira s'est rendu dans le 15e arrondissement de Marseille pour rencontrer des acteurs de prévention de la délinquance en présence de Samia Ghali, maire du 15e arrondissement de Marseille puis au Lycée Saint-Exupéry.

La garde des sceaux a affirmé que "l'Etat (était) revenu" à Marseille. "L'humanisme est une valeur essentielle à laquelle nous ne renoncerons pas (...), qui n'exclut pas la sévérité et la fermeté lorsqu'il s'agit de sanctionner les actes délictueux", a déclaré Mme Taubira à la mairie des 15e et 16e arrondissements, dans le nord de Marseille. 

"Nous n'allons pas capituler, il faut que ça s'installe dans les têtes que l'Etat ne s'en va pas, que l'Etat est revenu"."Dans le désert créé par l'Etat, les caïds ont pris la place mais l'Etat est de retour".
"On fait à la gauche de faux procès, la gauche a toujours eu de bon bilans en matière de sécurité".


"Mais nous ne détournons pas les yeux des difficultés sociales". L'urgence à agir est grande, à écouter une dizaine de responsables associatifs, qui ont dressé un sombre tableau de la réalité quotidienne dans ces quartiers, "un bilan terrible" selon la ministre de la Justice: "désertion des services publics", problèmes de logements "dramatiques", climat de peur et crainte des représailles
lorsqu'il s'agit de dénoncer des violences.
"On fait à la gauche de faux procès, elle a toujours eu de bons bilans en matière de sécurité", a-t-elle déclaré. "Mais nous ne détournons pas les yeux des difficultés sociales", a ajouté la ministre, faisant de cette dimension une priorité.