Il y a 65 ans, des déportés assoiffés traversaient Sorgues

Les Sorguais n'ont jamais oublié
Les Sorguais n'ont jamais oublié

Dans cette petite commune du Vaucluse, les habitants n'ont jamais oublié le convoi de la mort du 18 août 1944. Ce jour là, les Sorguais découvraient dans leurs rues un triste cortège de déportés épuisés et affamés, forcé par les allemands à se rendre à la gare. 

Par Ghislaine Milliet

Ils étaient plusieurs centaines, presque 800, et appartenaient à un convoi de la mort, devenu tristement célèbre sous l'appellation de train fantôme. Une majorité d'entre eux étaient des résistants, prisonniers au camp du Vernet en Ariège. A la gare de Toulouse d'où ils partirent, vinrent les rejoindre 150  détenus de la prison Saint-Michel et 24 femmes. 
Après des aller-retours entre Toulouse et Bordeaux, le train à destination des camps de la mort , dut s'arrêter à Roquemaure, en raison de la progression des attaques des alliés et des réseaux de résistance. 
Les déportés durent marcher en plein mois d'août durant 17 km, jusqu'à Sorgues, pour remonter dans des wagons à bestiaux. C'est ainsi que les Sorguais les découvrirent le 18 août 1944, en plein après-midi, dépenaillés et hagards, totalement assoiffés, marchant vers la gare sous les ordres des soldats de la Wehrmach.
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Les déportés du train fantôme

Sur le long trajet que suivit ce train fantôme, c'est à Sorgues qu'il y eut le plus grand nombre d'évasions, soutenues par une partie de la population locale. Durant cette journée souvenir, les témoignages d'anciens déportés ou habitants participent au devoir de mémoire.
Un site dédié à l'histoire précise de ce convoi de la mort, propose de nombreux témoignages et illustrations. Il retrace le long trajet suivi par le train fantôme, chaque étape étant détaillée sur un plan historique et enrichie de témoignages. Comme celui-ci, de Louise Deville, recueilli en 1990 : 
" Un immense groupe à pieds, encadré par des Allemands. Nous les avons regardé passer cachés derrière les volets de notre maison sur la RN 7, juste après le Pont de l'Ouvéze. Certains déportés, âgés ou trop jeunes marquaient l'épuisement total. Cet événement nous a rendu malades de chagrin".
La plaque du mémorial / ©
La plaque du mémorial / ©

L’Amicale des déportés-Résistants du Train fantôme fête vingt ans de recherches historiques cette année. Une cérémonie exceptionnelle était organisée ce matin au mémorial des déportés, devant la gare de Sorgues.

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