Des figures du milieu dont un ancien de la “Dream Team”, jugées à Marseille

© MaxPPP/Patrice LAPOIRIE
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"Le Grand" "Bouclettes" ou "La truffe", "Tchoune", "Le Monstre" : cinq figures présumées du milieu et un de leurs complices devaient comparaître devant le tribunal correctionnel ce mardi pour association de malfaiteurs et détention d'explosifs. Le procès a été reporté pour cause de grève des avocats

Par Mariella Coste

Grand banditisme dans toute la région

Daniel "Le Grand", "Bouclettes" ou "La truffe", "Tchoune", "Le Monstre"...: cinq figures présumées du milieu et un de leurs complices comparaissent devant le tribunal correctionnel de Marseille mardi et mercredi pour association de malfaiteurs et détention d'explosifs.

Pendant des mois, initialement dans le cadre d'une enquête sur le vol à main armée en 2006 à Marseille d'un chargement de rouleaux destinés à la fabrication de billets de 1.000 dinars algériens, les enquêteurs ont surveillé ces hommes, pour certains fichés au grand banditisme, et pour cinq d'entre eux déjà condamnés.
Au cours de ces opérations de surveillance sont notamment identifiées, selon l'accusation, plusieurs "planques" dans la région, à Sanary-sur-Mer (Var) ou Martigues (Bouches-du-Rhône) par exemple.

Multiples planques

La volonté des personnes surveillées de rester très discrètes interpelle également les enquêteurs, qui notent aussi leur propension à circuler dans des véhicules volés ou portant de fausses plaques d'immatriculation ou à échanger des SMS apparemment codés.

Dans un hangar de Sainte-Tulle (Alpes-de-Haute-Provence) ou dans leurs véhicules et à leurs domiciles, les policiers saisiront des armes, des explosifs, des masques en silicone, des vêtements entièrement noirs ou encore des gadgets technologiques servant à voler des voitures ou brouiller des GPS ou des téléphones.

Une enquête menée depuis Lyon permet aussi la découverte dans un entrepôt de Tramoyes, dans l'Ain, de quatre véhicules avec de fausses plaques, et d'un stock très important d'armes, dont huit Kalachnikov, quatre fusils à pompes, deux pistolets mitrailleurs, 4,5 kg d'explosifs mais aussi des gilets pare-balles ou des blousons siglés police.

Fichés au grand banditisme

Dans ce hangar seront retrouvées des traces génétiques ou des empreintes menant notamment à deux des hommes jugés à Marseille, Jean-Marie Struffi, dit "Bouclettes" ou "La Truffe", 39 ans, et Daniel Bellanger, dit "Le Grand", "Babar" ou "Moby Dick", 57 ans, encore jamais condamné mais incarcéré dans le cadre d'une autre enquête pour trafic de stupéfiants.
Bellanger est considéré comme un membre éminent de la "Dream Team", une équipe de braqueurs qui a multiplié les coups dans les années 1990.

Outre ces deux hommes, le tribunal correctionnel de Marseille doit juger Didier Bertolotti, dit "Le Monstre", 51 ans, Raphaël Jimenez, alias "Tchoune", 38 ans, interpellé en décembre 2012 plus d'un an après une évasion de la prison de Luynes (Bouches-du-Rhône), et Franck Tarpinian, 38 ans, pour association de malfaiteurs.

Certains sont également poursuivis pour détention d'armes ou d'explosifs et recel de vol.
Vincent Galezi, 36 ans, est le seul qui comparaîtra libre. Propriétaire du hangar de Sainte-Tulle, il est uniquement poursuivi pour détention d'explosifs.

Le procès a été renvoyé aux 15 et 18 décembre, en raison de la grève des avocats.

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