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Le 24 mars 2015, un A320 de la Germanwings qui ralliait Barcelone à Düsseldorf s'écrase dans les Alpes-de-Haute-Provence. Aucune des 150 personnes qui se trouvaient à bord n'a survécu au choc. L'enquête a montré que le co-pilote, Andreas Lubitz, a volontairement dirigé l'appareil contre la montagne. Il souffrait de graves problèmes psychologiques. Un an après, les familles des victimes seront à nouveau réunies sur les lieux du drame pour rendre hommage à leurs proches. Une minute de silence sera rendue à 10h41, heure de l'impact. Les passagers étaient originaires d'une vingtaine de pays. L'Allemagne et l'Espagne ont été les deux pays les plus touchés par le drame, avec respectivement 72 et 50 morts. 

Que s'est-il passé le 24 mars 2015 ?

Rétro 2015 : le crash Germanwings


Le 24 mars 2015 en fin de matinée, c'est la stupeur. Un Airbus A320 de la compagnie low-cost Germanwings s'est écrasé, à 10h41, dans une zone très escarpée des Alpes-de-Haute-Provence. 150 personnes étaient à bord de l'appareil. 
 

Quand j'ai vu l'avion passer, j'ai compris de suite qu'il n'irait pas bien loin


Certains des habitants de Prads-Haute-Bléone, le Vernet et Seyne-les-Alpes, les trois communes à proximité de la zone du crash, ont vu l'avion tomber derrière les montagnes. 
 


Aucune route ne permet aux secours d'accéder au site, sur un massif montagneux. En 1953, un vol Paris-Saïgon s'était déjà écrasé à quelques kilomètres de là, 42 personnes avaient perdu la vie.  

Très vite, les hélicoptères sont déployés. Sur place, les secours ne trouvent aucun survivant. Les débris de l'Airbus sont éparpillés sur deux hectares.

Un important PC de crise s'installe au Vernet. Du monde entier, les journalistes affluent pour couvrir l'évènement. Dès le lendemain, François Hollande se rend sur place, accompagné de Mariano Rajoy et d'Angela Merkel.
 

La zone du crash dans le Massif des Trois-Evêchés 
 

Diaporama : le crash de la Germanwings et les jours qui suivent

Le crash de la Germanwings et les jours qui suivent

"Nous sommes en deuil comme les familles"

Dans les jours qui suivent le crash, tous les villages alentours se mobilisent pour accueillir les 450 familles endeuillées qui font le déplacement. 

On est des montagnards, on sait ce que c'est la solidarité. Nous sommes en deuil comme les familles, donc on les accueille comme des membres de notre famille"


témoigne un habitant.

Une chapelle ardente est dressée dans la salle communale de Seyne-les-Alpes.

Plus tard, 28 personnes, responsables des secours, élus locaux, personnel de la préfecture, seront décorées pour leur "engagement exceptionnel" par la préfecture. 

De gauche à droite, le maire du Vernet François Balique, Francis Hermitte, maire de Seyne-les-Alpes, et Bernard Bartolini, maire de Prads-Haute-Bleone, le 17 avril 2015 à la cathédrale de Cologne pour assister à une cérémonie en hommage aux victimes.  / © PATRIK STOLLARZ / AFP
De gauche à droite, le maire du Vernet François Balique, Francis Hermitte, maire de Seyne-les-Alpes, et Bernard Bartolini, maire de Prads-Haute-Bleone, le 17 avril 2015 à la cathédrale de Cologne pour assister à une cérémonie en hommage aux victimes. / © PATRIK STOLLARZ / AFP

L'enquête : des révélations qui s'enchaînent

Pourquoi l'Airbus s'est-il écrasé ? Attentat, panne, les pistes habituelles sont toutes envisagées. Mais l'enquête va rapidement prendre un tournant inattendu.  

Car deux jours après le drame, une source proche de l'enquête révèle qu'un des deux pilotes s'est retrouvé dans l'impossibilité, après en être sorti, de regagner le cockpit de l'Airbus A320 de Germanwings.

Au début du vol, on entend l'équipage parler normalement, puis on entend le bruit d'un des sièges qui recule, une porte qui s'ouvre et se referme, des bruits indiquant qu'on retape à la porte et il n'y a plus de conversation à ce moment-là jusqu'au crash




Ce sont les enregistrements de la première boîte noire, rapidement localisée après le crash, qui apportent cette information.

Le co-pilote a volontairement détruit l'avion 


Le 26 mars, le procureur de la République Brice Robin tient une conférence de presse à l'aéroport de Marignane, lors de laquelle il indique que "le co-pilote a volontairement détruit l'avion."

Andreas Lubitz, copilote âgé de 28 ans, a refusé de rouvrir la porte du cockpit au commandant de bord, qui était sorti momentanément, et a actionné les commandes activant la descente de l'appareil, explique Brice Robin. 


Des troubles psychiatriques préexistants 


Rapidement, les révélations s'enchaînent : Andreas Lubitz souffrait de graves troubles psychiatriques, annonce Bild, le grand quotidien allemand. Il aurait interrompu sa formation pendant six mois en 2009. 

L'ancienne petite-amie du pilote se confie également aux médias allemands. Andreas Lubitz lui aurait déclaré : "un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra".

Carsten Sprohr, le patron de Lufthansa, et Thomas Winkelmann, celui de Germanwings sur les lieux du crash. / © Maxppp
Carsten Sprohr, le patron de Lufthansa, et Thomas Winkelmann, celui de Germanwings sur les lieux du crash. / © Maxppp

La compagnie aérienne était-elle au courant des troubles de son pilote ? 

Carsten Sprohr, le patron de Lufthansa, et Thomas Winkelmann, celui de Germanwings, se déplacent sur les lieux du crash le 1er avril. Mais les deux hommes refusent de répondre aux questions des journalistes sur l'état de santé psychiatrique d'Andreas Lubitz. 

L'enquête montrera ensuite que les médecins de la compagnie aérienne avaient recommandé un suivi psychologique du pilote. 

Sécurité aérienne : ce qui doit changer

Dans les jours suivants le crash, l'Agence Européenne de Sécurité aérienne recommande la présence en permanence de deux personnes dans le cockpit. 

Deux enquêtes sont ouvertes : l'une par le parquet de Marseille pour établir les responsabilités, l'autre par le BEA, afin de déterminer les causes et de dresser des recommandations dans le but d'améliorer la sécurité aérienne.

Arnaud Desjardins, à la tête des investigations sur le crash de la Germanwings, présente le rapport final du BEA, le 13 mars 2016 au Bourget.  / © EPA/IAN LANGSDON
Arnaud Desjardins, à la tête des investigations sur le crash de la Germanwings, présente le rapport final du BEA, le 13 mars 2016 au Bourget. / © EPA/IAN LANGSDON

Le dimanche 13 mars 2016, le BEA, -bureau d'enquêtes et d'analyses-, rend son rapport final lors d'une conférence de presse au Bourget.

Les experts confirment le scénario d'un crash volontaire de l'A320  dans les Alpes et émettent onze recommandations, concernant surtout les troubles psychiques des pilotes.

En revanche, le verrouillage de cockpit de l'intérieur reste toujours possible, et le BEA ne mentionne pas non plus l'obligation de la présence d'une seconde personne dans le cockpit. 

Les proches des victimes ont aussi annoncé qu'ils allaient porter plainte contre l'école de pilotage aux États-Unis de Lufthansa où Andreas Lubitz a effectué sa formation. 

Le bras de fer judiciaire continue entre les proches et la compagnie

Une partie des proches des 149 victimes refusent toujours, un an après, de se satisfaire de l'absence de poursuites contre la compagnie et ont entamé un bras de fer autour des compensations financières.

La cause directe du drame est connue depuis longtemps : c'est le copilote, l'Allemand Andreas Lubitz, dépressif et suicidaire, qui a volontairement précipité l'appareil sur la montagne, le 24 mars 2015, causant la mort des 150 personnes à bord, 144 passagers et six membres d'équipage.

Le journal intime du co-pilote

Des extraits du journal intime d'Andreas Lubitz ont révélé les angoisses d'un homme qui souffrait déjà de graves troubles dès 2008, lorsqu'il a entamé sa formation de pilote. Autant d'éléments qui, pour les proches, signent la responsabilité la compagnie low-cost Germanwings et de sa maison mère, Lufthansa : jamais elles n'auraient dû l'installer dans un cockpit. A ce jour toutefois, aucune poursuite n'a été engagée à leur encontre. Le droit allemand ne reconnaît pas la responsabilité d'une entreprise en tant que personne morale dans ce type d'affaires et il n'existe pas à ce stade de soupçons suffisants sur d'éventuelles responsabilités individuelles de responsables des compagnies.
Andreas Lubitz, le co-pilote, souffrait de graves problèmes psychologiques.
Andreas Lubitz, le co-pilote, souffrait de graves problèmes psychologiques.

Le ton s'est durci entre les avocats de certaines des familles allemandes et le géant du transport aérien. Elmar Giemulla, l'avocat qui défend avec Christoph Wellens 71 familles déclare :

Les gens sont plus désespérés que jamais. Ils n'ont pas l'impression que Lufthansa s'implique activement à trouver une solution.




200 000 euros demandés par victime

En juillet, plusieurs de ses clients ont refusé une première offre d'indemnisation, jugée trop basse . 25.000 euros pour chaque victime assortis de 10.000 euros pour chacun des deux parents, après une première aide de 50.000 euros. Maitre Elmar Giemulla réclame "au moins 200.000" euros par victime. Dans la foulée, des familles ont adressé une lettre ouverte courroucée au patron de Lufthansa, Carsten Spohr, se disant "insultés" par la proposition. Un porte-parole de la compagnie s'est expliqué en ces termes :
Lufthansa s'emploie à trouver un règlement rapide et juste pour toutes les demandes justifiées de dommages et intérêts, jusqu'à présent, l'ensemble des familles ont reçu au total de 11,2 M EUR et la compagnie ajoute :

Lufthansa a tout fait pour (..) atténuer les souffrances des proches"



L'éventuelle responsabilité des deux entreprises est en cours d'examen par la justice française à Marseille, où l'enquête va se "poursuivre jusqu'au bout". Début mars, MM. Wellens et Giemulla ont fait monter la pression d'un cran, en annonçant le dépôt d'une plainte aux Etats-Unis, où les réparations financières peuvent être bien plus substantielles qu'en Europe. Elle sera déposée mercredi prochain à Phoenix, a indiqué Maitre Elmar Giemulla au journal Tagesspiegel.

Près de 900 personnes sont attendues ce jeudi au Vernet pour la commémoration

Ce sont jusqu'à 900 personnes qui sont attendues jeudi 24 mars dans le village du Vernet dans les Alpes-de-Haute-Provence, pour la journée d'hommage qui aux victimes du crash d'un A320 de Germanwings, survenu le 24 mars 2015.

10h41 : l'heure de la catastrophe

Après l'accueil des familles à 10H30, les cérémonies débuteront à 10H41, l'heure de la catastrophe, face à la stèle installée dans le village alpin, a précisé le maire du Vernet François Balique.

Lecture des 149 prénoms

Une minute de silence est prévue ainsi que la lecture du prénom des 149 victimes, a pour sa part ajouté la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence dans un communiqué. Suivront à 11h des allocutions de proches des victimes de différents pays ainsi que des chants et des lectures avant un moment de recueillement et un dépôt de gerbe au cimetière du Vernet par les autorités locales.
La stèle d'hommage aux victimes érigée au Vernet. / © Maxpp
La stèle d'hommage aux victimes érigée au Vernet. / © Maxpp

Le crash de l'avion de la Germanwings, une filiale à bas coûts de la compagnie allemande Lufthansa, avait provoqué la mort de 150  personnes, en comptant le co-pilote allemand Andreas Lubitz. Le rapport définitif du Bureau enquêtes accident (BEA), rendu public dimanche, a confirmé que ce dernier, qui souffrait de problèmes psychiques, avait délibérément précipité l'avion au sol.

"L'accueil des familles et le déroulement de cette journée (du 24) sont assurés par la compagnie Lufthansa qui a privatisé une emprise au Vernet, les services de l'État assurant, pour leur part, la sécurité des participants", a indiqué la préfecture. Cette zone privatisée ne sera accessible qu'aux familles "qui ont souhaité que leur intimité soit préservée en toutes circonstances", a-t-on ajouté de même source.
Des membres des équipes d'assistance rendent hommage aux victimes le 24 juillet 2015. / © Maxppp
Des membres des équipes d'assistance rendent hommage aux victimes le 24 juillet 2015. / © Maxppp

Les familles pourront se rendre en fin de journée, ainsi que le vendredi, près du lieu de la catastrophe. Par ailleurs, des restes humains découverts depuis le drame et qui n'avaient pas encore été inhumés seront déposés jeudi 17 mars dans la tombe commune du cimetière
du Vernet, a précisé le maire. Une lettre a été envoyée par Lufthansa, la maison-mère de la compagnie Germanwings, aux familles des victimes pour les en informer.

Avant l'hommage au Vernet le 24 mars, les familles seront réunies le 23 mars à Marseille où une cérémonie aura lieu au Parc Chanot (parc des expositions).

Le souhait des familles est celui de la solennité et du recueillement. Il n'y aura pas de prise de parole

selon la préfecture de région. Aucun chef d'État n'est attendu.
François Hollande et Angela Merkel sur place au lendemain du drame. Aucun chef d'Etat n'est attendu pour les commémorations de cette année. / © Maxpp
François Hollande et Angela Merkel sur place au lendemain du drame. Aucun chef d'Etat n'est attendu pour les commémorations de cette année. / © Maxpp

Les victimes étaient originaires d'une vingtaine de pays. L'Allemagne et l'Espagne ont été les deux pays les plus touchés par le drame, avec respectivement 72 et 50 morts. Au lendemain du crash, le 25 mars, les dirigeants français, allemand et espagnol François Hollande, Angela Merkel et Mariano Rajoy s'étaient recueillis sur les lieux.

Les 23 et 24 mars 2016 : un dispositif spécial pour suivre les commémorations

Un an après la chute de l'Airbus A320 dans les Alpes de Haute-Provence, le site du crash a été nettoyé, et même rouvert aux promeneurs

Les maires de Prads-Haute-Bléone et du Vernet (Alpes-de-Haute-Provence) ont annoncé que la zone du crash de l'A320 de la compagnie allemande Germanwings serait prochainement "sanctuarisée", alors que le massif des Trois-Evêchés où s'est écrasé l'avion en mars a été rouvert au public dans la matinée. / © BORIS HORVAT / AFP
Les maires de Prads-Haute-Bléone et du Vernet (Alpes-de-Haute-Provence) ont annoncé que la zone du crash de l'A320 de la compagnie allemande Germanwings serait prochainement "sanctuarisée", alors que le massif des Trois-Evêchés où s'est écrasé l'avion en mars a été rouvert au public dans la matinée. / © BORIS HORVAT / AFP


Les 23 et 24 mars 2016, les familles des victimes seront à nouveau réunies à Marseille, avant de se rendre sur les lieux du crash dans les Alpes-de-Haute-Provence, un an tout juste après le drame.

Dans notre édition du 19/20 le 23 mars, nos équipes seront mobilisées en direct du Parc Chanot à Marseille, lors de la cérémonie oecuménique en hommage aux victimes.

Le 24 mars, dès 10h15 dans Paca Matin, direct de Vernet.
Dans le 12/13 et 19/20, Sylvie Depierre présentera une page spéciale avec des invités et des reportages consacrés à cette journée.