Alpes-Maritimes : la mobilisation continue à l'hôpital, malgré le plan d'urgence du gouvernement

Mobilisation des manipulateurs en radiologie de l'hôpital de la Fontonne à Antibes, au lendemain de l'annonce du plan d'urgence pour l'hôpital public, par Edouard Philippe. / © Marc Brucker FTV
Mobilisation des manipulateurs en radiologie de l'hôpital de la Fontonne à Antibes, au lendemain de l'annonce du plan d'urgence pour l'hôpital public, par Edouard Philippe. / © Marc Brucker FTV

Les mesures d'urgence annoncées quelques heures plus tôt par Edouard Philippe pour soutenir l'hôpital public n'y ont rien changé. Comme toutes les semaines depuis 8 mois, les agents hospitaliers ont manifesté, et continuent de réclamer les moyens nécessaires pour assurer leur mission.

Par Jacqueline Pozzi

A Antibes, le rendez-vous était donné à 10 heures.

Dans le hall de l'hôpital de la Fontonne, des agents en blouse blanche interpellent les usagers, autour d'un café-croissant, sur l'urgence de la situation à l'hôpital. Tous ces agents sont manipulateurs en radiologie. Car ce jeudi, la totalité des 35 membres du service imagerie de l'établissement sont en grève.
 

Ce type de rendez-vous est devenu -presque- une habitude depuis le début de la crise au sein de l'hôpital public. Depuis 8 mois maintenant, les manipulateurs en radiologie dénoncent leurs conditions de travail, et le manque de moyens dans leurs services. Pour cette nouvelle journée de mobilisation nationale, des préavis de grève ont été déposés à l'hôpital d'Antibes, au CHU de Nice, et aux centres hospitalier de Menton et de Grasse.

"L’activité de notre service, en lien avec les urgences, ne cesse d’augmenter au fil des ans", lit-on sur la lettre envoyée par l'intersyndicale des hospitaliers de Grasse au directeur de l'établissement. Les syndicats demandent "l’ouverture de négociations pour l’embauche rapide de manipulateurs en radiologie afin de renforcer notre équipe et respecter les requis (soit 5 agents le matin)".

La situation dans les services d'imagerie : c'est la partie visible de l'iceberg du malaise hospitalier. Car ce jeudi, les raisons qui poussent les soignants à se mobiliser sont bien plus larges. Le plan d'urgence pour l'hôpital public, présenté hier, mercredi 20 novembre, par le gouvernement, a généré beaucoup de déception.

Les annonces du gouvernement ne répondent pas aux enjeux

1,5 milliard d'euros de rallonge budgétaire sur 3 ans. 150 millions chaque année pour soutenir l'investissement des établissements. L'Etat sera par ailleurs prêt à reprendre le tiers de leur dette, à hauteur de 10 milliards d'euros par an. Pour Edouard Philippe, le Premier ministre qui a présenté ce plan aux côtés de la Ministre de la santé Agnès Buzyn, "ces moyens sont considérables". Une prime annuelle de 800 euros sera attribuée aux infirmiers et aides-soignants de Paris et de la région parisienne. Mais pour autant, pas d'augmentation de salaires générale pour l'hôpital.

Dans le plan présenté, "​​​​​rien sur l’arrêt des fermetures de lit, rien sur les effectifs, rien sur l’augmentation des salaires, justes quelques saupoudrages par des primes", dénonce, dans un communiqué, la CGT Santé et Action Sociale 06. "Le Premier ministre a rappelé le « risque de décrochage » de l’hôpital : avec ces annonces le risque n’est pas levé" continue le syndicat.

A l'échelle du CHU de Nice,  "les heures supplémentaires équivalent à 260 emplois manquants", rappelait la CGT à l'occasion d'une précédente journée de mobilisation, le 14 novembre.

Après les annonces d'Edouard Philippe, le syndicat appelle les personnels "à poursuivre et amplifier la mobilisation pour gagner la mise en place d’un « grenelle du système de santé et d’action sociale »".

Devant l'hôpital Pasteur 2, ce vendredi matin, plusieurs dizaines d'agents étaient donc à nouveau réunis, à l'appel cette fois de Force Ouvrière. Parmi eux, Sabrina Palagonia, aide-soignante depuis huit ans, elle travaille au sein du service post urgences gériatriques.

"Clairement, je ne gagne pas plus de 1900 euros. Et je n'aurai pas la prime de 800 euros qui a été promise, puisqu'elle s'arrête à l'Ile-de-France" explique-t-elle. "On ne demande pas la lune. Juste de travailler dans des conditions normales."
 

Sabrina Palagonia se dit prête à continuer à se mobiliser, le temps qu'il faudra.

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