Ce jeudi 6 juin, Cagnes-sur-Mer dévoile sous ses feux tricolores de nouveaux panneaux de signalisation. Le M12 est une indication à destination des cyclistes et des autres usagers de la route. Il permet de passer un feu rouge en laissant la priorité aux autres véhicules.

Les usagers de la route découvrent à Cagnes-sur-Mer, ce jeudi 6 juin, un tout nouveau panneau de signalisation. Bien installé dans le Code de la route, le M12 est un panonceau déjà connu des cyclistes de la ville de Lyon ou d'Antony, où ces triangles pointe basse se sont depuis quelques années fait une solide place.

À quoi servent les M12 ?

Ils permettent aux cyclistes de franchir la ligne d'arrêt d'un feu rouge, en toute légalité, pour suivre la direction d'une flèche de couleur jaune, à condition de laisser la priorité aux autres usagers. 

À Cagnes-sur-Mer, ce jeudi 6 juin, un carrefour du centre-ville connaît une animation inédite. Les oriflammes aux couleurs de la ville sont de sortie, les élus aussi.

À l'intersection entre la rue Bir Hakeim et l'avenue de Nice, le flux de voitures ne tarit pas. Tout comme les mots du maire qui se réjouit de voir sa commune déployer massivement ce dispositif. Une première en Côte d'Azur. Cagnes-sur-Mer fait office de laboratoire à ciel ouvert.

Autre avantage confié par les services techniques de la métropole, lors de la présentation de ces panneaux, le gain de temps. "Un cycliste qui met le pied par terre à un feu rouge, c'est environ 300 mètres de perdus", affirment-ils.

Les M12 doivent fluidifier le trafic des usagers de vélos et leur permettre, d'une traite ou presque, d'effectuer leur trajet.

C'est un privilège, entre guillemets, qui est donné au vélo pour lui permettre d'avoir, grâce à cette réglementation du Code de la route, la possibilité d'utiliser le vélo et de lui donner une place particulière.

Louis Nègre, maire de Cagnes-sur-Mer

Cette nouvelle démarche en faveur des mobilités douces, Louis Nègre la décline ainsi : "Nous souhaitons faire en sorte que les vélos soient bien accueillis, pour une ville apaisée. Nous avons des zones à 30 km/h, mais aussi comme vous le voyez des pistes cyclables. Nous avons eu la première piste de bord de mer, et nous continuons cette installation du vélo dans la ville." 

L'édile se réjouit. Il faut dire que certains chiffres parlent pour lui.

39 carrefours vont être équipés dans les toutes prochaines journées, quelque 120 panneaux M12 déployés. Le tout pour un coût estimé à moins de 10.000 euros TTC avec la fourniture et la pose. Celle-ci sera effectuée par une entreprise privée. La ville azuréenne compte actuellement 22 kilomètres de pistes cyclables pour 52.000 habitants. 

Le vélo du quotidien

Sur cet axe très fréquenté, où les équipes de la municipalité et de la métropole sont représentées en nombre en ce début d'après-midi, on compte 1 000 passages à vélo par jour sur la rue Bir Hakeim. Un peu plus loin, sur le fronton de mer, ce sont 3 500 vélos qui longent la Méditerranée chaque jour.

"Pas des professionnels ou des clubs de cyclistes" assène Louis Nègre, mais des utilisateurs de "biclou" pour leurs loisirs, ou pour effectuer des courses et des trajets récurrents. "En moyenne, les déplacements en ville se situent entre 3 et 5 kilomètres" pour chacun de ses administrés qui roulent avec ce type de deux-roues.

Cette réussite, c'est aussi celle de l'association Nice à Vélo. Elle a accompagné la mairie pour installer ces panneaux créés il y a une douzaine d'années en France.

Une commission vélo au sein de la ville de Cagnes-sur-Mer, qui allie pratiquants et services municipaux, se réunit tous les mois. Une dizaine fait avancer de concert les thématiques de ces mobilités dont le nombre croissant d'usagers ne cesse d'augmenter. De l'avis de tous, les échanges ont été positifs depuis 2022 et le début des discussions, même si certains attendaient pour l'hiver dernier le déploiement des M12.

Une antenne locale de l'association, Cagnes à Vélo, existe déjà. Elle sera prochainement inscrite dans les statuts lors de la prochaine assemblée générale.

C'est une relation positive avec la ville, on arrive à avancer, à discuter. Pas forcément aussi vite qu'on le voudrait, mais il y a un dialogue, et il y a un travail qui est fait.

Pierre Costini, correspondant de l'antenne cagnoise de Nice à Vélo

Les démarches sont saluées par trois autres membres de la commission vélo ce jeudi, venus pour assister à l'évènement. 

Des efforts de pédagogies auxquels tous semblent consentir. "Il faut juste effectivement expliquer aux gens qu'un cycliste ne grille pas un feu lorsqu'il passe un M12. L'idée est de mobiliser l'affichage de la ville et les moyens de communication. Typiquement, en tant qu'association, notre rôle va être d'aller sur le terrain et d'expliquer aux gens, et faire quelques stands pour en parler. On n'a pas d'inquiétude sur le sujet. Il a été mis dans plein de villes, cela marche bien".

Certes, le chantier est encore immense pour discipliner les conducteurs de véhicules motorisés, augmenter le kilométrage des pistes, leur configuration à double sens, ou verbaliser les abus sur la route à l'encontre des cyclistes.

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