VIDEO. Ce que l'on sait de l'attaque au couteau de policiers devant le commissariat central de Cannes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Laurent Meney, Gregory Bustori et Anne Le Hars
Les faits se sont produits vers 6h30 ce lundi matin. Un homme seul s'est approché d'un véhicule de police qui stationnait devant le commissariat central de Cannes et donné un coup de couteau à un policier embarqué.
Les faits se sont produits vers 6h30 ce lundi matin. Un homme seul s'est approché d'un véhicule de police qui stationnait devant le commissariat central de Cannes et donné un coup de couteau à un policier embarqué. © Document amateur

Ce lundi matin à 6h35, un homme a agressé à l'arme blanche des policiers à proximité du commissariat central de Cannes. Il y a plusieurs blessés. Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin s'est rendu sur place ce 8 novembre en fin de matinée. L'attaquant a dit agir "au nom du prophète".

L'attaque s'est produite en plein centre-ville de Cannes ce lundi 8 novembre.

Il est 6h35 quand, devant le commissariat central, un homme ouvre la porte du véhicule de police pour porter plusieurs coups de couteau "au niveau du thorax" à un premier policier, avant de faire le tour du véhicule pour attaquer le chef de bord selon une source policière.

Quatre policiers se trouvaient à l'intérieur du véhicule.

Le bilan est lourd : deux blessés parmi les forces de police en "urgence relative".

L'attaque a duré quelques secondes. Pour Laurent Martin De Frémont, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police, c'est "une scène épouvantable pour les policiers, on peut parler d'Uber Terrorisme".

Le gilet pare-balles a protégé en grande partie le premier policier. 

Quant à l'assaillant présumé, visé par trois tirs policiers, son état est jugé critique. Il a été grièvement atteint par des tirs de riposte de collègues du policier visé.

Il est à cette heure à l'hôpital de Cannes. Il est "entre la vie et la mort à l'hôpital de Cannes", a informé le ministre.

Ce que l'on sait de l'assaillant

Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin est arrivé sur place vers 11h. Il a tenu une déclaration à la presse et donné des informations sur l'agresseur présumé.

C'est un monsieur qui travaillait, qui avait entre 35 et 40 ans (...) et il n'était inscrit dans aucun fichier de radicalisation

Gérald Darmanin.

durée de la vidéo: 07 min 27
Conférence de presse Darmanin

Après avoir rappelé les faits, le ministre a salué les forces de l'ordre. "Je voudrais d’abord soutenir les policiers nationaux et l’ensemble des forces de sécurité du pays et je pense ici à la police municipale pour la réaction très importante qu’ils ont eue, de sang-froid et de grand professionnalisme, et soutenir les policiers, les gendarmes, les policiers municipaux qui sont souvent, très ouvert la cible d’attaque" a-t-il précisé.

Gérald Darmanin s'est félicité de la réaction des personnels impliqués : « Je pense que l’on peut pousser un ouf de soulagement quand on voit que ces policiers, certes très touchés psychologiquement, ne sont pas blessés physiquement, notamment grâce à leur équipement et à leur gilet par balle. »

Selon une source policière la piste terroriste serait "envisagée", l'assaillant ayant fait plusieurs fois référence au prophète avant d'être neutralisé. 

Le bilan aurait pû être beaucoup plus lourd a précisé le ministre. 

L'homme est âgé de 37 ans, il est de nationalité algérienne et est né à Skikda. Sur les réseaux sociaux, il mentionne Cannes comme étant sa ville de résidence. Il serait passé par l'Italie et selon le maire de Cannes "il n'est pas connu des services de police. Il semblerait que l'on soit sur un profil classique disons de terroriste."

Selon ministre de l'Intérieur, l'homme a un titre de séjour italien et serait en Europe depuis 2010 et en France depuis 2016. 

Il venait de faire une demande de titre de séjour en France. L’administration étudiait son cas, donc il avait un récépissé administratif en règle. Il n'était pas connu des services de police et de renseignement,

selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Nice. 

Le dernier domicile connu de l'homme suspecté de l'attaque se trouve dans le quartier du Prado. Il réside rue Pons, une impasse située en parallèle du boulevard République. Dans un immeuble de deux étages à l'entrée vêtuste où il s'était fait discret. Celui qui est actuellement hospitalisé au centre hospitalier de Cannes avait créé, en octobre dernier, un statut d'entrepreneur individuel afin de réaliser des travaux de maçonnerie générale et gros oeuvre de bâtiment.

La veille de l'agression, une dame et amie du propriétaire de l'immeuble le croise. Elle se rappelle d'aucun impayé le concernant :

Envers moi, il a tout le temps été respectueux, correct, je n'ai rien à dire. Je ne comprends pas. L'avoir vu hier soir mettre du matériel dans son camion, dans son petit fourgon, et ce matin on me dit ça. Je tombe de haut, je crois que je tombe d'un gratte-ciel.

Sa fourgonette blanche, en piteux état, l'agresseur présumé ne l'aura pas touchée ce matin du 8 novembre. Lors de la perquisition, avant midi par les forces de l'ordre, le véhicule stationnait toujours rue Pons.  

Des perquisitions

Des perquisitions se sont déroulées ce midi au domicile de l'agresseur. Le RAID était sur place comme constaté par une de nos équipes :

L'enquête va tenter d'apporter des précisions sur les motivations de cet homme.

Les réactions

Les réactions sont bien sûr nombreuses ce lundi.

Selon Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police : "l’individu a été blessé au flanc, comme on pourrait le dire d’une bête car ce sont des bête".  "L’attaque a eu lieu à la prise de service de l’équipe, ils ont fait le tour du véhicule comme ils le font à chaque fois et ils ont abaissé la vitre, pour répondre à ce qu’il pouvait être une demande de renseignement" nous a précisé le syndicaliste.

Les maires de Cannes et Nice, David Lisnard et Christian Estrosi ont fait part de leur "soutien" aux forces de l'ordre.

Le premier s'est exprimé face aux journalistes avant l'arrivée du ministre. "On sait que l’on est dans une région, dans un secteur à risques. On sait que l’on est dans une ville contrastée, une ville compliquée. On affronte cela avec beaucoup de détermination." a-t-il d'abord indiqué. "On n’est pas là, en la circonstance, pour revendiquer quoi que ce soit. On est là pour analyser, pour soutenir les policiers et pour rappeler la nécessité d’éradiquer ce fléau qui s’attaque à notre pays."

Avant de compléter sa pensée : « Il y‘a deux problèmes. Aujourd’hui ce n’était pas un problème d’effectif, les policiers étaient là, ils prenaient leur service. Ils se font attaquer, ils répliquent. Après il y a d’autres soucis, dont il faut parler hors de l’émotion de l’évènement, du fait que notre ville de Cannes, comme je le dis depuis des années, voit régresser la présence de la police nationale sur son territoire. » 

Le président de la région Provence Alpes Côte d'Azur a publié un message sur Twitter : "solidarité et soutien à l’ensemble des policiers du commissariat de Cannes, et particulièrement à la victime de cette attaque. Notre soutien aux forces de l’ordre ne doit jamais faiblir, ils risquent chaque jour leur vie pour protéger la notre !"

"Tous mes voeux de prompt rétablissement à la policière et aux policiers blessés au commissariat de Cannes lors d'une attaque terroriste", a réagi sur Twitter toujours Eric Ciotti, candidat à l'investiture LR pour la présidentielle et député des Alpes-Maritimes.  

Un autre fait divers visant un policier en région Provence-Alpes-Côte d'Azur avait fait un mort en mai dernier. Le brigadier Eric Masson avait été tué par balles sur un point de deal à Avignon le 5 mai.

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