Policier tué à Avignon : deux suspects écroués, une troisième personne en garde à vue, le chauffeur mis hors de cause

Une semaine après la mort du brigadier Masson, tué par balle en centre-ville d'Avignon lors d'un controle pour trafic de stupéfiants, le procureur a fait le point sur les derniers éléments de l'enquête, ce mercredi 12 mai 2021. 

Philippe Guémas, procureur de la République d'Avignon, photographié ici en 2014.
Philippe Guémas, procureur de la République d'Avignon, photographié ici en 2014. © BERTRAND LANGLOIS / AFP

Ils s'appellent Ilyes A. et Yacoub A. Deux hommes âgés de 19 et 20 ans ont été mis en examen mardi 11 mai 2021 dans le cadre de l'enquête sur la mort du brigadier Masson, tué par balle en centre-ville d'Avignon, alors qu'il intervenait sur un trafic de stupéfiants.

Le premier est mis en examen pour homicide volontaire et tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique. Il est en détention provisoire à la prison des Baumettes à Marseille.

Le second est mis en examen pour non-assistance à personne en danger et recel de malfaiteurs. Il est aussi en détention provisoire.

Deux autres personnes avaient été placées en garde à vue dans le cadre de cette affaire : la soeur du principal suspect et le chauffeur des deux suspects, interpellé dimanche soir en voiture avec les deux individus, sur un péage autoroutier du département du Gard. 

Le conférence de presse que le procureur de la République d'Avignon a donnée ce mercredi 12 mai 2021 est disponible ici en intégralité :

Voici ce qu'il faut en retenir : 

Le procureur de la République parle du "second policier, en direction duquel le suspect aurait tiré, sans toutefois l'atteindre", d'où sa mise en examen pour homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique (Éric Masson) et tentative d'homicide (sur le second policier).

Ce "second policier" a formellement reconnu le principal suspect comme étant le tireur. Le procureur confirme ce mercredi qu'il y a aussi "d'autres témoins"

"Lorsqu'il a comparu devant le juge d'instruction, le mis en examen n'a pas souhaité s'exprimer, faisant jouer son droit au silence", a rapporté le procureur de la République.

"Le second individu a parfois été sommairement et abusivement présenté dans les médias comme étant le complice du premier, a déclaré le procureur de la République d'Avignon. Il faut savoir que pour asseoir une qualification du chef de complicité, il faut que la personne ait eu un rôle actif. Ce qui n'est pas le cas du suspect."

"En revanche, il a été mis en examen pour non-assistance à personne en danger, pour s'être enfui et ne pas avoir prêté assistance à Éric Masson, qui venait de s'écrouler sous ses yeux. Il est mis en examen aussi pour recel de malfaiteur, pour s'être enfui avec le meurtrier, et s'être caché avec lui, avant de préparer leur fuite vers l'Espagne."

"Les deux mis en examen ont comparu devant le juge des libertés et de la détention, qui a organisé leur placement l'un comme l'autre en détention provisoire."

Il s'agit du propriétaire du local dans lequel se sont cachés les deux principaux suspects, après la mort du brigadier Masson. 

"Il n'avait pas connaissance des personnes qu'il transportait, il n'était pas complice de quoi que ce soit", a précisé le procureur. Interpellé dimanche soir sur un péage autoroutier du département du Gard en compagnie des deux principaux suspects, le chauffeur, un homme âgé de cinquante ans, avait été placé en garde à vue. 

En raison des dénégations du principal suspect, des témoignages vont devoir être recueillis, des expertises réalisées. "L'information judiciaire va encore durer de nombreux mois, à n'en pas douter", conclut le procureur. 

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