Côte d'Azur : un gynécologue qui exerçait au Cannet et à Carros mis en examen pour viol aggravé, une Azuréenne témoigne

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Écrit par Pauline Thurier
Plusieurs femmes disent avoir été agressées par le gynécologue parti à la retraite au mois de mai.
Plusieurs femmes disent avoir été agressées par le gynécologue parti à la retraite au mois de mai. © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS

Au moins trois plaintes ont été déposées à l'encontre du médecin, à la retraite depuis le mois de mai. Un nouveau témoignage vient éclairer l'attitude de ce praticien.

Le média en ligne Les Jours a publié une enquête édifiante sur Jean-Michel Raynaut. A l'origine, une plainte déposée au mois d'avril 2021 par une jeune patiente. Cette dernière décrit des actes de viol lors d'examens gynécologiques pratiqués dans le cabinet du médecin au Cannet quelques semaines plus tôt.

Le parquet de Grasse nous confirme qu'une information judiciaire a été ouverte le 1er octobre. Le gynécologue avait été mis en examen pour viol aggravé. Il a été placé sous contrôle judiciaire, échappant à la détention provisoire requise.

Toujours selon le média Les Jours, au moins trois plaintes pour agression sexuelle et viol ont été déposées contre Jean-Michel Raynaut, aujourd'hui âgé de 73 ans. Il s'était installé comme gynécologue en 1983. Jusqu'à son départ en retraite en mai dernier, il exerçait dans deux cabinets au Cannet et à Carros. Il a également exercé au sein de la clinique Oxford à Cannes.

Une attitude perverse

Une Azuréenne de quarante ans, qui a souhaité conserver l'anonymat, a contacté France 3 Côte d'Azur pour témoigner. Elle relate une visite auprès de ce médecin qui lui a laissé un souvenir plus qu'amer. Il y'a quelques mois, elle se rend dans le cabinet de Jean-Michel Raynaut. "Je cherchais un gynécologue, tout simplement car le mien était parti à la retraite. J'étais allée sur Doctolib et ce gynécologue est sorti sur Carros et Cannes. J'ai pris un rendez-vous rapidement. C'était celui qui était disponible". 

"Je lui explique mes symptômes, je lui dit que ça ne vas pas, que cela vient peut-être des polypes que j'ai eu il y a quelques années et qui seraient revenus, que mon gynécologue étant parti à la retraite, je n'ai pas eu le temps de récupérer mon dossier" poursuit celle qui raconte ce souvenir avec une voix émue.

"L'acte en lui-même du frottis était agressif. Je lui ai dit "aïe, ça me fait mal", il ne réagissait pas. Je me suis dit que c'était quelqu'un d'un peu âgé, qu'il ne pouvait peut-être pas m'entendre. Mais il a continué avec violence, c'est là, au moment où, normalement quand on fait un frottis, on regarde aussi au niveau des seins s'il n'y a pas une boule, un kyste, quelque chose, une anomalie tout simplement. La manière de faire, ce n'était pas un acte médical, c'était un acte pervers et je lui disais que cela me faisait mal, que ce soit lors du frottis ou au moment où sa main était sur mon sein gauche. Je lui expliquais que j'avais mal, mais il ne répondait toujours pas, il ne réagissait pas. Comme s'il était dans un autre monde. Il continuait sans écouter ce que je lui disais. Je me suis retournée, j'ai commencé à pleurer. Il voyait mais il ne disait rien." 

"J'ai essayé d'effacer cette mauvaise expérience de mon esprit parce que c'était vraiment désagréable, et que j'en ai pleuré." 

Une ancienne patiente du Dr. Raynaut

Aucun regret, ou regard pour cette nouvelle patiente dont ce fut l'unique visite. Il lui communique ensuite ses conclusions : "il m'a donné mes premiers résultats, en me disant qu'il n'y avait rien, que je pouvais avoir des enfants, que tout allait bien. C'est là que je me suis dit "mais pourquoi avoir forcé autant ?"". Une fois la consultation terminée, cette Azuréenne règle le médecin et quitte le cabinet au plus vite pour appeler son compagnon au téléphone pour lui raconter son calvaire. 

Déjà condamné pour agression sexuelle

Le médecin aurait déjà fait l'objet de signalements auprès du Conseil de l'Ordre des Médecins.

D'autre part, il a déjà été condamné en 2016 pour agression sexuelle sur une ancienne patiente avec laquelle il entretenait une relation. La justice lui avait alors infligé une peine de deux ans de prison dont un an avec sursis. Il n'avait pas été incarcéré, et avait pu continuer à exercer.

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