McBaise, quand Auribeau-sur-Siagne se met au rock indé

Le dernier EP, Raviolo, est inspiré du ravioli niçois. (Je sais, j'ai pas compris moi non plus). / © McBaise
Le dernier EP, Raviolo, est inspiré du ravioli niçois. (Je sais, j'ai pas compris moi non plus). / © McBaise

Du rock indé matiné de soleil cannois, c'est McBaise. Le groupe fait un tabac sur Youtube avec son dernier titre, She's a Big Boy.

Par Hugo Lemonier

En 2017, Radio Nova lui décernait le prix du nom de groupe "le plus débile de l'année"... Difficile de lui ravir le titre. McBaise est né dans l'esprit loufoque de deux authentiques Cannois, Matthieu et Tristan Bessudo.

"Ce nom, c'était pas mon idée ! promet Matthieu Bessudo. Je suis connu comme artiste-illustrateur sous le nom de McBess. Du coup, un pote m'a dit : 'Si jamais tu fais un groupe, il faut absolument que tu t'appelles McBaise.'Ce trentenaire, qui a fait ses débuts dans des groupes de punk cannois, fait depuis 2007 le grand écart entre Londres (8,9 millions d'habitants) et Auribeau sur Siagne (3 200 âmes). 

Après son premier album Seabass paru en 2014 et Windowsill en 2017, McBaise sort Raviolo, l'EP qui lui vaut son premier succès.

Un premier carton sur Youtube

La chanson phare, "She's a Big Boy", compte près de 2,4 millions de vues sur Youtube. Le clip, réalisé et animé par Matthieu Bessudo, s'ouvre sur les reliefs de la Côte d'Azur, croqués dans un style cartoonesque à la Betty Boop.
Quelques motifs de guitare, le duo basse-batterie entre en scène, suivi d'un synthé aux teintes surannées. La voix de Mattieu se fraye un espace entre deux notes et plante le décor : "Let's play cowboys / Seven-inch toy at your belt" (Jouons aux cowboys / Un jouet de 17 cm à ta ceinture)...

La référence phallique n'échappera à personne. Le groupe, volontier "borderline", se veut "suggestif"... mais "jamais vulgaire" : "Ce n'est pas une chanson humouristique, prévient Matthieu Bessudo. Je voulais évoquer de façon légère cette question de la sexualité, qui met d'ordinaire les gens très vite mal à l'aise."

Depuis sa sortie, le clip fait débat dans l'espace commentaire de Youtube : parle-t-il de transexualité ? de queer ? "Chacun peut avoir son interprétation", conclut Matthieu Bessudo. 
"Quand j'écris une chanson, je réfléchis d'abord au son. Les paroles ne viennent qu'après, syllabe par syllabe, une fois que la ligne de chant est composée", explique-t-il. Le sens, distillé par petites touches, n'apparaît qu'à condition d'y être très attentif : "J'aime bien que tu puisses écouter la chanson avec ta grand-mère sans qu'elle ne comprenne vraiment les paroles."

Mandelieu, le paradis de McBaise

Seul importe ce son, aux accents nostalgiques, lissé à l'extrême dans les studios de l'est-londonnien, Strongroom. Mais si McBess a élu domicile outre-manche, c'est la Côte d'Azur qui l'inspire toujours autant.

Dans ses rêves, Cannes ne s'illustre pas par sa Croissette, mais par sa zone industrielle : "Ce que j'adore à Mandelieu, c'est que, partout ailleurs, ce genre d'endroit serait déprimant. Mais là, t'as les palmiers et le grand ciel bleu."
Certains des clips de McBaise ont d'ailleurs été tournés dans ce décor de béton et de préfabriqués, ambiance "plutôt demi-pêche que verrre champagne"

Le groupe espère surfer sur la vague de leur premier succès pour signer avec un agent et se lancer dans l'écriture de leur troisième album. 

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