Procès du meurtrier présumé de Kévin Ribal à Cannes : et si le jeune homme était une victime "par hasard" ?

Kévin Ribal, 23 ans, a été poignardé le 28 octobre 2018 à la sortie d'une discothèque sur la Croisette à Cannes. Dès les premières heures du procès devant la Cour d'Assises, son meurtrier présumé a reconnu être l'auteur des coups de couteau mortels. Pourquoi ? La réponse pourrait être vide de sens.

La Cour d'Assises des Alpes-Maritimes juge depuis ce lundi 6 février trois Niçois pour leur responsabilité dans la mort de Kévin Ribal en octobre 2018 à Cannes.

Deux d'entre eux sont poursuivis pour complicité - l'un libre, l'autre incarcéré dans une autre affaire-, le troisième, accusé principal, comparait pour meurtre.

Kevin Remiki, aujourd'hui âgé de 30 ans, a été interpellé trois jours après les faits. Dès les premières heures du procès, il a reconnu être l'auteur des deux coups de couteau qui ont causé la mort du jeune Cannois. À la famille de la victime, qui se retrouvait pour la première fois face à lui, il a demandé pardon. Un pardon que Joëlle et Franck Ribal ne se disaient, à l'ouverture de l'audience, pas prêts à accorder :

C'est compliqué de voir ces personnes en face de nous. Ils vont s'excuser. Ils vont être désolés. Comme d'habitude. Mais moi, je ne pardonne rien.

Franck Ribal, père de la victime

Il y a quelques jours, lors d'un entretien accordé à une équipe de France 3 Côte d'Azur, ces derniers avaient expliqué qu'ils attendaient la peine maximale pour les accusés, et qu'ils espéraient se sentir "réconfortés" après le passage de la justice.

À leurs côtés, sur le banc des parties civiles se trouvent notamment le frère ainé de Kévin, ainsi que son ancienne petite amie qui comparaîtra comme témoin.

Une soirée en discothèque qui tourne à la tragédie

Ces cinq jours de procès devront notamment faire la lumière sur le déroulé de cette soirée qui a viré au drame.

La victime et son meurtrier présumé avaient tous deux passé une partie de la nuit au sein de la discothèque le KA, au Palais des Festivals, avec chacun un groupe d'amis, cannois d'un côté, niçois, du quartier des Moulins, de l'autre.

Que s'est-il passé à l'intérieur de l'établissement, qui aurait pu aboutir à cette fin tragique ? Un différend ? Une quelconque altercation ? Rien, à en croire les éléments rassemblés tout au long de l'enquête. Ou plutôt, les témoins rapportent un accrochage entre Kevin Remiki, le futur agresseur au couteau, et une autre personne extérieure aux deux groupes.

Les Cannois, parmi lesquels Kévin Ribal, quittent la discothèque un peu après 4 heures du matin. Les Niçois sortent un peu plus tard. Les témoignages et les informations provenant des caméras de vidéosurveillance convergent : plusieurs minutes s'écoulent là-encore sans aucune interaction entre les deux groupes.

À 4h25 pourtant, les policiers sont appelés pour une rixe devant le Palais des Festivals. A leur arrivée, ils découvrent au milieu d'un attroupement Kévin Ribal, à terre, présentant deux plaies sur le côté droit de l'abdomen. 

Transporté dans un état critique à l'hôpital de Cannes, et malgré une intervention chirurgicale, le jeune homme est décédé dans la soirée du dimanche 28 octobre 2018. Une mort, sans explication ?

Nous allons essayer de comprendre pourquoi cet accusé, pendant plusieurs minutes, a déambulé à la sortie de cette boîte de nuit, porteur d'un couteau, comme s'il cherchait une victime expiatoire à ses fantasmes nés de son alcoolémie, ou peut-être de sa consommation de stupéfiants.

Gérard Baudoux avocat des parents de Kévin Ribal

Celui qui a reconnu avoir donné les coups de couteau est jugé pour meurtre. Mais les parents de Kévin Ribal se demandent "s'il ne s'agirait pas plutôt d'un assassinat", poursuit leur avocat. "Quand quelqu'un souhaite, comme ça, en découdre avec n'importe qui, peut-être animé depuis plusieurs minutes de la volonté de tuer, tuer gratuitement".

"Vous ne vous faites pas peur ?"

Kevin Remiki a été interpellé trois jours après les faits, lors d'un contrôle à la frontière italienne. Parti dans un premier temps à Gênes, c'est dans un bus le ramenant en France qu'il se serait, selon son avocat, présenté spontanément aux gendarmes.

Ce que j'attends de ce procès, c'est de voir si l'autorité judiciaire est capable de tenir compte du comportement de ce garçon, autant dans l'horreur que dans la tenue qui consiste à dire "je viens me livrer".

Christian Scolari, avocat de Kevin Remiki, principal accusé

À cet homme dans le box qui reconnait avoir porté des coups de couteau mortels un soir de virée en boîte, la présidente de la cour, Emmanuelle De Rosa, demande : en quatre ans d'incarcération, a-t-il cherché à comprendre, à consulter un psychiatre ? "J'ai essayé... trois ou quatre fois... mais je n'aime pas trop les psys". Ce à quoi la magistrate répond : "Vous n'avez pas cherché à comprendre et à vous soigner ? Vous ne vous faites pas peur ?"

Le procès de Kevin Remiki et de ses deux amis poursuivis pour complicité va durer toute la semaine.

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