Violences après la mort de Nahel : un jeune homme condamné à un an de prison ferme et incarcéré pour jet de cocktails Molotov sur un poste de police de Cannes

Il a été interpellé dimanche soir à proximité du poste de police de Cannes La Bocca. Le jeune homme de 21 ans dit avoir voulu "rendre hommage au petit Nahel". Il a été condamné et placé sous mandat de dépôt. Ce 4 juillet, il dort en prison.

Il s'agit du premier individu majeur condamné en comparution immédiate dans les Alpes-Maritimes, après l'épisode de violences urbaines qui a suivi la mort de Nahel à Nanterre. Et ce mardi soir, il dormira en prison.

Suivant dans leur intégralité les réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel de Grasse a condamné ce jeune homme de 21 ans à 18 mois de prison dont 12 mois de prison ferme pour dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, violence sur un fonctionnaire de la police nationale et usage illicite de stupéfiants.

Condamnation aussi à une obligation de soins et interdiction de détention d'arme pendant 5 ans. Il a été placé sous mandat de dépôt.

Les faits remontent à la nuit du dimanche 2 au lundi 3 juillet.

Des riverains du poste de police, qui abrite à la fois des agents municipaux et nationaux près de la place du marché du quartier de La Bocca, à Cannes, sont témoins de ces jets de projectiles enflammés sur la façade. L'auteur a le visage masqué d'un tissu rouge. Grâce à ce signe distinctif, l'homme, qui a agi seul et a pris la fuite, est rapidement identifié par une patrouille de police nationale. C'est lors de son interpellation qu'il jette une bouteille remplie d'essence (non enflammée) sur une policière.

Une policière très choquée

À la présidente du tribunal qui lui demande d'expliquer son geste, Charly s'explique sans détours : "j'ai voulu rendre hommage au petit Nahel". Le jeune homme reconnait sans hésiter les faits.

Tout en précisant que des amis, à qui il avait exposé ses intentions, lui avaient déconseillé de passer à l'acte. Jusqu'ici, le casier judiciaire de ce jeune homme né à Valenciennes (Nord) et hébergé dans un foyer associatif à Cannes, était vierge.

Interpellé de surcroît en possession de stupéfiants, le prévenu a reconnu être dépendant au cannabis depuis 7 ans.

La policière visée par la bouteille d'essence s'est portée partie civile. Absente à l'audience, car "elle craint pour sa sécurité" selon son avocat Me Gérald Guillot. Sa cliente est, explique-t-il, très choquée. "Imaginez si la bouteille avait été enflammée !"

Le tribunal a condamné le prévenu à lui verser 1 500 euros de dommages et intérêts.

La ville de Cannes, propriétaire du local ciblé, s'est également portée partie civile, précisant vouloir "attaquer dès que possible les casseurs en réparation". L'audience qui déterminera le montant de son dédommagement a été reportée au 1er décembre 2023, l'évaluation des dégâts n'ayant pu être réalisée.

Ce lundi 3 juillet, trois jeunes majeurs auraient dû être jugés en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Nice pour des dégradations commises dans cette ville. En raison de la grève nationale des greffiers, les audiences ont été renvoyées aux 2 et 30 août prochains.

Ils ont d'ici là été placés sous contrôle judiciaire.

(Avec notre équipe sur place Henri Migout, Djamel Mouaki, Christophe Napoli)