EXCLU - Affaire Picasso : “Mon histoire est similaire à celle des époux Le Guennec”

"Mon histoire est similaire à celle des époux Le Guennec" nous livre cette personne alors que le couple ont été condamné pour la troisième fois, pour le recel de 271 oeuvres de Pablo Picasso. / © Fred Grunchec FTV
"Mon histoire est similaire à celle des époux Le Guennec" nous livre cette personne alors que le couple ont été condamné pour la troisième fois, pour le recel de 271 oeuvres de Pablo Picasso. / © Fred Grunchec FTV

L’homme veut garder l’anonymat. Lui aussi, dit posséder des œuvres données par Jacqueline Roque. Il se confie pour "aider et réconforter" les Le Guennec. La cour d'appel de Lyon a rendu sa décision ce 19 novembre dans le 3e procès du couple pour vol et recel d'esquisses de Picasso.

Par Coralie Chaillan avec Magali Roubaud, Lucile André, Fred Grunchec et ALH

Cet été, il a voulu rencontrer le couple Le Guennec, qui comparaisait le 24 septembre dernier pour recel devant la cour d'appel de Lyon. C'est le 3ème procès de l'ancien électricien de l'artiste et de sa femme, soupçonnés de recel et de vol de 271 oeuvres. 
La cour d'appel a rendu sa décision ce mardi 19 novembre. La peine a été confirmée pour le couple : soit deux ans de prison avec sursis.

Je témoigne pour Jacqueline Roque et pour ce couple qui est laminé, qui m’a ému. J’ai envie d’apporter ma contribution par ce témoignage. Pour les aider, les réconforter."

En 1973, à la mort de Picasso, le père de ce témoin se porte volontaire pour veiller sur la demeure du peintre. Il est gendarme. Dans la maison, de nombreuses œuvres dont une partie était destinée à l’Etat.
 
 

Le "gendarme à la sardine"

Durant les gardes, le gendarme cuisinait des sardines et selon son fils, Jacqueline Roque (la conjointe de Picasso de 1961 à 1973) venait en manger avec lui. Elle l’aurait surnommé : "le gendarme à la sardine". De ses gardes, le père est d’abord revenu avec une bouteille de Sauternes, puis du foie gras.

Il ne revenait jamais les mains vides. Jacqueline, lui a même offert des lithographies et une céramique. 

Aujourd’hui, le père disparu, c'est le fils qui est en possession des oeuvres : une pochette de douze dessins, trois collotypes, une lithographie des demoiselles d’Avignon, une lithographie de la femme au fauteuil N°3 datant de 1949 et une petite céramique.
 
Picasso et sa femme Jacqueline Roque. / © RALPH GATTI / AFP
Picasso et sa femme Jacqueline Roque. / © RALPH GATTI / AFP

L'homme, surveillant de prison dans l'Est, ne les jamais fait authentifiées. Il y a ces signatures au crayon de bois. Certaines ont été contresignées. A l’exception de la lithographie de la femme au fauteuil. Une « vraie » car le musée Picasso « possède la-même. »

« Je suis méfiant »

L’homme veut absolument rester anonyme. C’est pourquoi, il témoigne par voie de média et non à la barre. Il se "méfie" de la famille Picasso, qui n’est pas dans la recherche de la vérité selon lui.

Ils ne sont pas très chaleureux... on va dire. Et lorsque j’ai eu Mme Andrieu, au téléphone, la juriste m’a  refroidi. J’avais le sentiment d’être presque un voleur. 

Le couple Le Guennec en 2016. / © BORIS HORVAT / AFP
Le couple Le Guennec en 2016. / © BORIS HORVAT / AFP

"Je crois en l'histoire des Le Guennec"


Le fils du « gendarme à la sardine » se souvient que son père lui parlait de la simplicité de "Jacqueline". Une fois, alors qu’il était enfant, il avait même failli la rencontrer, à sa demande.

Ce témoin a la conviction que la version des Le Guennec est juste mais impossible à entendre pour la partie civile.

Ce sont des gens très simples mais qui ont côtoyé l’un des plus grands peintres. Ces gens, pour moi sont innocents. Mon père non plus, n’a rien volé. 



 

Peine confirmée pour l'ex-électricien et sa femme

Les époux Le Guennec ont été condamnés ce mardi à Lyon, et ce pour la troisième fois, pour le recel de 271 oeuvres de Pablo Picasso, qu'ils assuraient avoir reçues en cadeau et conservé pendant près de quarante ans dans leur garage.
Le président de la cour d'appel a confirmé le jugement du tribunal de Grasse rendu en 2015 "en tous points tant sur la culpabilité que sur la peine prononcée" à l'encontre de Pierre et Danielle Le Guennec, soit deux ans de prison avec sursis.

L'ancien artisan de 80 ans et sa femme, de 76 ans, étaient absents lors du prononcé de l'arrêt.

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