La prison de Grasse est "en carton" depuis des années, la direction promet une nouvelle fois des travaux

Les murs intérieurs ne sont pas assez solides dans cet établissement pénitentiaire des Alpes-Maritimes. Au moins quatre incidents sont connus. Il y a moins d'un mois, un détenu placé à l'isolement détruit la cloison de sa cellule.

C'était en 2018, des détenus abattaient les murs de sept cellules pour atteindre une huitième cellule où se trouvait l'homme qu'ils allaient rouer de coups. 

À l'époque, la direction affirmait qu'elle avait pris des mesures d'urgence : "des travaux sont engagés pour renforcer les cellules en question de manière très efficace" promettait Sarah Chefai, alors directrice adjointe de la maison d'arrêt de Grasse.

En 2019, ce sont cette fois quatre cloisons qui sont abattues dans le quartier des mineurs. Le directeur de l'époque attendait les résultats d'une expertise pour consolider durablement les murs.

Des travaux "courant 2024"

Nous sommes en 2024 et rien n'a changé, les murs de la maison d'arrêt sont toujours aussi friables. Il y a moins d'un mois, un détenu placé à l'isolement détruit la cloison de sa cellule. Au 1ᵉʳ janvier dernier, 708 détenus sont présents dans l'établissement. 

Contactée par France 3 Côte d'Azur, la direction promet une nouvelle fois des travaux : "L’ensemble des experts sont intervenus et ont rendu leurs conclusions.

Le contentieux avec le constructeur bloquait le démarrage des travaux, bien que celui-ci tarde à être soldé, nous avons décidé de commencer les phases préparatoires aux travaux".

Dans cette réponse, la direction donne une date pour le démarrage des travaux : "courant 2024".

"Une prison en carton"

Hervé Segaud est secrétaire général adjoint FO justice affecté à la maison d’arrêt de Grasse.

Il réclamait déjà des mesures d'urgence en 2018, lors des premiers incidents et six ans après, le syndicaliste affirme que rien n'a été fait : "Il n’y a eu aucun travail. Il y a juste eu des essais pour savoir quel matériau était le plus résistant".

Hervé Segaud regrette qu'il faille attendre à chaque fois un incident pour entendre les mêmes promesses. 

Ça fait six ans qu'on nous dit oui, oui, c'est pour cette année et que rien ne se passe.

Hervé Segaud, secrétaire général adjoint syndicat FO justice affecté à Grasse.

Il ajoute : "On nous promet une consolidation des cloisons, oui, mais uniquement dans les quartiers spécifiques, disciplinaire, isolement, celui des nouveaux arrivants et celui des mineurs. Même pas 10% de la capacité de l’établissement".

Construite en 1992, la maison d'arrêt est fragile. Toutes les cloisons entre les cellules sont concernées par ce problème. Heureusement, les murs extérieurs ne sont pas friables, sinon le surnom de la maison d'arrêt de Grasse serait passé de "prison en carton" à "prison gruyère".

La densité carcérale de l'établissement est de 123,3 %. 

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