Une nuit dans l'unité Covid de l'hôpital de Grasse avec un infirmier de la réserve sanitaire

Plus de 40 000 personnes sont décédées en France depuis le début de l'épidémie de Covid-19, près de 1 800 à l'hopital dans notre région. Pour soigner tous les malades, les services de santé doivent faire appel à la réserve sanitaire.

"Comment vous vous sentez ?" demande Cédric Campagno. Entre les deux" répond une patiente de l'unité Covid-19 de l'hôpital de Grasse. Là-bas, une unité covid de 28 lits a été ouverte. 16 patients sont hospitalisés, 6 sont en réanimation.
Une hausse constante depuis un mois Cédric Campagno est infirmier libéral le jour. Contacté dans le cadre de la réserve sanitaire, il s’est porté volontaire pour renforcer les équipes de nuit plusieurs soirs par semaine.

Ce soignant connait bien l'hôpital de Grasse pour y avoir travaillé jusqu'en 2011. Il a l’expérience des situations tendues. "J'ai donné 10 nuits sur le mois de novembre et ils ont accepté les 10 nuits" explique l'infirmier.

"On s’organise comme on peut pour tous travailler ensemble, on s’aide" ajoute-t-il. Et quand on lui parle de la fatigue sa réponse fuse : "La fatigue on verra après".

"J'ai donné 10 nuits sur le mois de novembre et ils ont accepté les 10 nuits"

Cédric Campagno, infirmier libéral

Pour trouver du personnel supplémentaire, l'hôpital de Grasse a même passé un appel à candidature sur les réseaux sociaux. 

On recrute essentiellement du paramédical mais aussi des médecins généralistes. Il faut avoir de l'expérience professionnelle mais aussi la volonté et l'envie de travailler dans cette unité Covid.

Lisa Bon, directrice des ressources humaine de l'hôpital

Elle nous explique dans cette vidéo comment se déroule le recrutement de ces personnels soignants extérieurs :
Lisa Bon, directrice des ressources humaines de l'hôpital de Grasse

 Au service des patients

"Elle a désaturé (en oxygène) sur l’apres-midi et au dernier contrôle elle était à 95/94%. Sa voisine par contre je pense qu’elle va chauffer". Une infirmière du service fait le point sur l'état de santé des patients atteint de la Covid-19. Il est 19h et Cédric Campagno vient de prendre son service.

Pas le temps de souffler la tournée commence : "Une dame de 71 ans est rentrée la nuit dernière avec le Covid. Aujourd'hui elle a fait de la température. Donc je vais prendre ses constantes, sa température et contrôler l’oxygène car elle est sous oxygène" explique l'infirmier de la réserve sanitaire.

Des renforts indispensables

Comme Cédric Campagno, 8 soignants de l’extérieur sont venus prêter main forte dans le cadre de la réserve sanitaire. "Il est pas trop mal", plaisante une infirmière quand on lui demande ce qu'elle pense de ce renfort alors que son collègue est à côté d'elle.

Puis elle ajoute plus sérieusement : 

On est soulagés. Et puis comme il connaît l’hôpital, il a déjà travaillé ici, il est opérationnel, il connaît le travail.

Cédric Campagno retourne auprès de ses patients. "Attention, je vais piquer", une phrase que l'infirmier prononce au quotidien.
Les patients dont il a la charge sont âgés de 49 à 94 ans. Toute la nuit Cédric les veille, les soigne, et leur nombre n'est pas prêt de diminuer dans les prochaines semaines si l'on se fie aux statistiques de Santé publique France.

Les chiffres dans les Alpes-Maritimes

Au total, le pays a enregistré 1 787 324 cas confirmés d'infections au coronavirus contre 1 748 705 annoncés samedi, soit une augmentation de 38 619 cas.

 
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