Levothyrox : vers un dépôt de plainte collective des patients mené depuis les Alpes-Maritimes

Anne-Catherine Colin-Chauley, avocate et victime présumée du Lévothyrox / © France 3
Anne-Catherine Colin-Chauley, avocate et victime présumée du Lévothyrox / © France 3

"C'est une urgence sanitaire", assurent les patients mécontents de la nouvelle formule du Levothyrox, qui rejettent les discours rassurants des autorités de santé sur ce médicament pour la thyroïde. La ministre de la Santé a annoncé le retour en pharmacie de l'ancienne formule du Levothyrox.

Par Anne Le Hars

La ministre de la santé l'a annoncé ce mardi 26 septembre que la nouvelle formule du Lévothyrox sera disponible le 2 octobre.
Le Lévothyrox, c'est ce médicament que prennent beaucoup de personnes malades de la thyroide. Sa formule a été changée il y a quelques mois et le médicament donnerait des effets indésirablestrès importants. Exemple avec une avocate de Mougins dans les Alpes-Maritimes, elle-même malade et qui mène une bataille juridique pour faire valoir les droits des patients :

Lévothyrox : vers une action collective (06)
La ministre de la Santé a annoncé que l'ancienne formule du médicament pour la thyroïde sera disponible dans les pharmacies à partir de lundi prochain. La formule modifiée il y a quelques mois était lourde d'effets secondaires.  - H.MIGOUT ET D.BEAUMONT

► L'ancienne formule de retour lundi 2 octobre en pharmacie :


"Pour ceux qui ne tolèrent pas (la nouvelle formule, ndlr), l'ancienne formule du Levothyrox sera disponible à partir du 2 octobre dans les pharmacies", a déclaré la ministre de la santé.
Le médicament "arrive vendredi en France", a-t-elle indiqué, sans pouvoir dire combien de temps il sera disponible. "Il y a des négociations avec les industriels pour voir le nombre de stocks".

► Manifestation à Paris début septembre


Quelques dizaines de personnes s'étaient  rassemblées ce vendredi 8 septembre devant l'Assemblée nationale à Paris à l'initiative de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT). Leur but : demander l'abandon de la nouvelle formule de ce médicament du laboratoire allemand Merck, qu'elles accusent de provoquer d'importants effets secondaires (crampes, maux de tête, vertiges...).

 


Présente à la manifestation, l'avocate et ancienne magistrate Marie-Odile Bertella-Geffroy a expliqué avoir accepté de devenir "le conseil juridique" de l'association et vouloir porter l'affaire devant la justice. 

"J'ai été contactée par la présidente de l'AFMT pour déposer une plainte auprès du parquet du pôle de santé publique. Nous allons mettre en cause dans cette plainte contre X les autorités sanitaires et le labo", a déclaré à l'AFP celle qui a été à la tête de ce pôle jusqu'en 2013.

Selon elle, cette plainte devrait être déposée "la semaine prochaine", pour trois motifs :
  • mise en danger de la vie d'autrui
  • atteinte à l'intégrité physique
  • non-assistance à personne en danger. 

Une première plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui" a déjà été déposé à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire par une avocate, Anne-Catherine Colin-Chauley, elle-même traitée au Levothyrox. L'AFMT, soutenue par la députée européenne écologiste Michèle Rivasi, rejette les explications données par les autorités sanitaires. 

Selon ces dernières et le laboratoire, les effets indésirables ressentis par certaines personnes sont transitoires car dus à des questions de dosage, et vont s'estomper quand le bon équilibre sera atteint pour chaque patient. 


"Avaler la boîte et le carton avec"



"Je réponds à ça ce que répond Anny Duperey : +on leur fera avaler la boîte et le carton avec !", a rétorqué Chantal L'Hoir, reprenant une formule utilisée par l'actrice, qui prend elle-même ce médicament, dans sa lettre ouverte à la ministre de la Santé. 


"Cette nouvelle formule, celui qui veut la prendre et s'empoisonner, c'est son  problème", a ajouté la responsable associative, qui devait être reçue en fin de journée au ministère.

 "On va demander de débloquer en urgence les stocks (de l'ancienne formule, NDLR) qui existent en Allemagne et en Belgique", a affirmé Mme L'Hoir.

L'AFMT avait refusé de participer à une première réunion convoquée dans l'urgence mercredi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui avait reçu deux autres associations, Vivre sans thyroïde et France Assos Santé.
La nouvelle formule du Levothyrox a été mise sur le marché fin mars. C'est l'Agence du médicament (ANSM) qui l'a réclamée au laboratoire afin, selon elle, de rendre le produit plus stable.



Avec l'ancienne formule, selon l'ANSM, la teneur en principe actif (la lévothyroxine, une hormone de substitution) pouvait varier d'un lot à l'autre, voire au sein du
même lot avec le temps. Or, la précision du dosage du produit est cruciale dans le traitement des maladies thyroïdiennes. 

Le changement de formule ne porte pas sur le principe actif mais sur d'autres substances, les excipients.

"Ces médicaments sont très sensibles et on ne peut pas, sans information ni procédure longue et scientifique en changer la formulation", a souligné Mme Bertella-Geffroy,
pour qui cette affaire est une "urgence sanitaire". 

► Un numéro vert  pour s'informer depuis le mois d'août : 0.800.97.16.53
Ce numéro est accessible du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures.
► Une pétition en ligne 

Pétition : Contre le nouveau Levothyrox dangereux pour les patients !

Pour les très nombreuses personnes qui sont obligées de prendre du Levothyrox, un important problème se présente. En effet, les laboratoires ont décidé de changer certains excipients et il en résulte que trop de patients ne supportent pas le nouveau Levothyrox, ils ressentent d'importants effets secondaires.


"On est des cobayes", a déploré l'avocate, elle-même traitée avec ce médicament prescrit à 3 millions de Français.
Les autorités de santé insistent sur le fait que les effets secondaires, bien que gênants, ne mettent pas en danger la vie des patients. Un argument qui ne convainc pas ces derniers. "J'ai perdu ma joie de vivre", assure à l'AFP Sonia Geay, une Parisienne de 74 ans, qui a subi une ablation de la thyroïde en 1982 et dit n'avoir "jamais eu de problème en 35 ans" avec l'ancien Levothyrox. - Avec AFP

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