Hygiène, distanciation, contrôle du port du masque par caméra...Tout savoir sur les transports en commun après le 11 mai

Le Premier ministre a dévoilé ce mardi 28 avril le plan de déconfinement tel qu'il s'appliquera après le 11 mai. Dans les bus, trams, métros, le "respect des gestes barrières" sera indispensable. Mais comment l'assurer ? Nos régies de transports en commun planchent...

 Au delà des mesures d'hygiènes et de distanciation, une vérification du port du masque par caméra va se faire. 
Au delà des mesures d'hygiènes et de distanciation, une vérification du port du masque par caméra va se faire.  © Frédéric Tisseaux FTV
"Les transports sont un dispositif clé pour la reprise économique mais le respect de la distanciation physique et des gestes barrières est particulièrement difficile". Devant les députés, Edouard Philippe a prévenu. C'est un véritable défi qui se pose pour les réseaux de transports en commun. 

Le masque obligatoire à partir du 11 mai

Une certitude : "Le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports, métros comme bus, et les opérateurs devront, au moins pour les trois semaines à venir, s'organiser pour permettre, même dans le métro, de respecter les gestes barrières". Aux opérateurs locaux, donc, de trouver les modalités pratiques.

A Marseille, le défi du métro

Suite aux annonces du Premier ministre, il reste de nombreuses incertitudes et beaucoup de sujets à régler et à étudier avant de pouvoir accueillir à nouveau les usagers.

La première réaction de Martine Vassal, présidente de la métropole d'Aix-Marseille Provence, nous fait comprendre qu'il faudra encore du temps pour connaître le dispositif précis. 

"Un travail et des dialogues constructifs sont engagés depuis plusieurs semaines avec les acteurs de la mobilité pour parvenir à une feuille de route la plus complète afin de permettre d’accompagner l’assouplissement du confinement et la reprise de l’activité dans des conditions de sécurité maximum pour les voyageurs, comme pour les personnels", poursuit, dans un communiqué, la présidente de l'Autorité Organisatrice de la Mobilité.

Défi numéro 1 pour le réseau de la RTM, le métro marseillais. Il transporte, en temps normal, 309 000 passagers par jour.

Pour l'heure la feuille de route a toutes les chances de se calquer sur celle qu'a esquissé le Premier ministre pour le métro parisien : "la capacité du métro parisien sera réduite", ce qui pourrait vouloir dire "condamner un siège sur deux, favoriser, par des marquages au sol la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d'affluence".

En tout état de cause, il va falloir trouver des moyens d'assurer la distanciation physique entre les voyageurs, dans le métro, mais aussi dans les bus et les tram de la RTM.

Pour l'heure, la RTM continue d'informer ses usagers sur son offre de transport. Depuis le 27 avril, le trafic n'est plus assuré qu'à 50 %.

Interviewé par Maritima Medias, Pierre Reboud, le directeur de la RTM affirme que la compagnie va s'efforcer d'atteindre 70 % au 11 mai. Tout sera fonction de la "disponibilité du personnel. Avec comme inconnues, les gardes d'enfants, et les maladies".

Dans l'agglomération de Cannes, on compte les porteurs de masques

A partir du 11 mai, 75% des bus vont reprendre du service. Au delà des mesures d'hygiènes et de distanciation, une vérification du port du masque par caméra va se faire. 

Xavier Fisher PDG de Datakalab, créateur du dispositif :" notre système va permettre une reconnaissance des masques et le 
comptage des passagers afin de récupérer des données statistiques sur le port du masque, les distanciations, le nombre de passagers."


Des chiffres seront transmis pour le calcul des données, aucune image ne sera enregistrée, les données seront envoyées au centre opérationnel de la mairie de Cannes.

A Toulon, 70 % de l'offre sur les lignes fréquentées, dès la première semaine

"Cela fait une dizaine de jours que l'on y travaille", explique Yannick Chenevard, vice-président de la métropole Toulon Provence Méditerranée. Dès le 11 mai, 70 % de l'offre de transport sera rétablie sur les lignes les plus fréquentées du réseau Mistral, et 50 % sur les autres lignes. "C'est nécessaire. Plus vous mettez de vecteurs de transports en service, moins vous avez de monde à bord". "Nous avons fait le point ce matin avec nos différents prestataires, le personnel nécessaire sera présent".


Nous comptons sur du personnel opérationnel, et protégé.

Pour assurer la distanciation entre personnes à bord, passagers et personnel, des règles sont déjà établies :

A l'heure actuelle, le réseau Mistral, qui transporte 90 000 personnes par jour, n'en est qu'à 7 % de sa fréquentation habituelle. Mais "les gens recommencent à travailler, on le perçoit", note Yannick Chenevard. Qui s'attend à ce que, par crainte des transports en commun, beaucoup de personnes commencent par reprendre leur voiture individuelle au 11 mai, et saturent le réseau routier les premiers jours... "Entre la route, le réseau des transports en commun, et les 287 kilomètres de pistes cyclables de la métropole, il faudra trouver  un équilibre..."

A Nice, désinfection et transports alternatifs

Côté niçois, c'est le tramway, bien évidemment, qui avec les bus est l'objet de toutes les attentions. Pour l'heure, le traffic a été réduit à une rame toutes les dix minutes. Pour les bus du réseau Lignes d'Azur, à l'exception des lignes essentielles desservant des établissements de santé, le trafic a été réduit, ou suspendu. Pour le déconfinement, le dispositif n'est pas encore arrêté, mais des pistes concrètes sont à l'étude :Le maire Christian Estrosi, souhaite également favoriser le vélo comme mode de transport alternatif. Le collectif Nice à Vélo milite d'ailleurs, sur place, pour l'aménagement de davantage de pistes cyclables :
 La ville pourrait tester sur une durée d'un mois l’interdiction de rouler en voiture sur certains axes pour laisser place libre aux 2 roues. Ou encore les vélos bleus gratuits. Autant de pistes qui seront affinées dans les prochains jours.

Antibes compte sur les masques en tissu distribués à la population

Sur tout le réseau Envibus, ce sera, là aussi, 1 siège sur 2. La Ville d'Antibes et sa communauté d'agglomération se sont également concentrées sur le masque, pour s'assurer que son port, obligatoire dans les bus dès le 11 mai, sera effectif.
 
Commes d'autres agglomérations des Alpes-Maritimes, Nice ou Cannes, Antibes a entamé la distribution de masques en tissu, réutilisables, auprès de sa population. "Au 11 mai, chaque habitant aura son masque, et pourra le porter dans les transports en commun", explique Olivier Darcq, directeur de la communication de la CASA Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis "La première semaine, nous en distribuerons encore à l'entrée des bus à ceux qui n'en ont pas."

Si une personne veut monter sans masque ? Nous ferons en sorte qu'elle quitte le bus.

Quant à savoir qui vérifiera le port du masque ? "Les agents de contrôle pourront s'en occuper à bord des bus. Ce sera d'autant plus facile la première semaine que nous resterons sur un format réduit de trafic, sur les quatre lignes structurantes", notamment celle qui dessert la technopole de Sophia Antipolis.

Et dans les TER ?

Interviewé par Jean-Bernard Vitiello, sur France 3 Provence Alpes Côte d'Azur ce 29 avril, Renaud Muselier, président de la région PACA, confirmait que le masque serait obligatoire dans les TER de la région, et que la politique d'1 fauteuil sur 2 serait appliquée.

En revanche, selon Renaud Muselier,

La distanciation d'un mètre est impossible dans un train.

"Dans tous les autres pays du monde, le masque suffit. Je ne vois pas pourquoi il ne suffirait pas en France", estime le président de Région, qui concède être en discussion sur ce point avec la ministre des Transports Elisabeth Borne :
 

 La poursuite du télétravail pour limiter les déplacements

Il reste moins de deux semaines aux opérateurs de transports en commun pour paufiner leurs dispositifs. Pour le Premier ministre, l'enjeu est à la fois de faire "remonter rapidement l’offre" de transports et en même temps "de faire baisser la demande"... l'incitation à poursuivre le télétravail et les horaires décalés devraient, théoriquement, y contribuer.
 
Un coup de pouce du gouvernement pour le vélo
Comment éviter la congestion des routes, si les habitants reprennent massivement la voiture, par crainte du virus dans les transports en commun ?
Le gouvernement va débloquer 20 millions d'euros pour les "vélotaffeurs" et les collectivités qui préparent des aménagements spécifiques, pistes cyclables et des zones piétonnes provisoires. Les installations temporaires pour vélos et piétons seront dispensés d'autorisations préalables, précise le ministère de la Transition écologique.
Pour les personnes prêtes à adopter le vélo pour leurs déplacements quotidiens, l'aide prendra la forme d'un forfait de 50 euros pour faire réparer leur bicyclette d'occasion. Les réparateurs seront référencés sur le site de la fédération française des usagers de la bicyclette. Des places de stationnements et et des formations à la pratique du vélo seront également financées.
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