Alpes-Maritimes : à la recherche de deux épaves antiques au large de Saint-Jean-Cap-Ferrat

Une mission archéologique sous marine est lancée pour retrouver les traces de deux épaves antiques naufragées au Xe et au IIIe siècle avant Jésus Christ. Les fouilles vont se concentrer autour de la pointe de Saint-Jean-Cap-Ferrat dans les Alpes-Maritimes. Plongez à la recherche de trésors.

L'épave date du Vème siècle avant JC, les fragments d'amphores se trouvaient par 15 mètres de profondeur. Le navire a été emporté par un coup de mer, des vagues gigantesques se formaient parfois sur cette pointe très difficile à franchir à la voile.
L'épave date du Vème siècle avant JC, les fragments d'amphores se trouvaient par 15 mètres de profondeur. Le navire a été emporté par un coup de mer, des vagues gigantesques se formaient parfois sur cette pointe très difficile à franchir à la voile. © O. Jude

Une chasse au trésor s'ouvre à partir de samedi 22 mai à la pointe Saint-Hospice de Saint-Jean-Cap-Ferrat dans les Alpes-Maritimes. Quand Eric Dulière de l'association ANAO nous parle de ces recherches, on se croit dans un film de pirates !

On plante le décor : Saint-Jean-Cap-Ferrat, entre Villefranche-sur-Mer et Beaulieu-sur-Mer, magnifique cap mais très difficile à passer pour les voiliers. Au fil des siècles, les navires marchands qui allaient de l'Italie à Marseille passaient par cette route maritime.

Ballotés par de forts vents d'Est ou d'Ouest, certains navires sombraient, et avec eux, leurs cargaisons. 

La première découverte : une épave du IIIe siècle avant JC mesurerait autour des 20 mètres (ce qui est beaucoup pour un navire de cette époque) et transportait a priori, des amphores à vin, peut être en provenance de Sicile. 

L'épave a été découverte après la Seconde guerre mondiale selon le responsable de la mission mais "il n'y avait pas de législation et l'épave a été pillée. Même s'il ne reste plus beaucoup d'objets, cela reste un formidable outil de travail" d'après Eric Dulière.

Les premiers découvreurs, à l'époque, des scaphandriers, ont donné toutes les indications et indices possibles pour retrouver l'épave, et oui, il n'y avait bien-sur pas de GPS à cette époque.

Nous allons sillonner la mer à bord de scooter sous-marin

Éric Dulière responsable de la mission Arion.

Une vingtaine de plongeurs vont quadriller la zone (environ un demi kilomètre carré) pour tenter de localiser l'épave et de cartographier les fonds. Nom de leur mission : Arion.

Continuons notre film d'action-aventure : "nous allons sillonner la mer avec des scooters sous-marin, ça nous permet d'aller vite. On peut rester jusqu'à 40 minutes sous l'eau". A raison d'une plongée le matin et une l'apres-midi si la météo le permet, ils espèrent faire de belles découvertes par 38 mètres de fond. 

Le scooter sous-marin est un outil ludique pour faire des randonnées sous-marine. Il existe en version grand public et professionnelle, avec des prix allant de 500 à 10 000 euros.
Le scooter sous-marin est un outil ludique pour faire des randonnées sous-marine. Il existe en version grand public et professionnelle, avec des prix allant de 500 à 10 000 euros. © MaxPPP Florian Launette

La deuxième épave date du Vème siècle avant JC, elle aussi transportait des amphores. C'est l'association Anao qui l'a découverte il y a une trentaine d'année. Elle a été enregistrée mais les plongeurs n'avaient pas pu faire plus de recherche. Aujourd'hui avce le soutien des communes alentours et du département des Alpes-Maritimes, l'association a pu se développer et s'est installée au port de la Darse à Villefranche, elle peut donc relancer les fouilles.

Là encore, il faut retrouver les coordonnées exactes puis cartographier. 

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Pendant les quinze jours de fouille, les pécheurs locaux ne mettront pas leurs filets dans la zone et garderons même un oeil sur le secteur de fouilles (au cas où).

Le lieu est d'ailleurs surveillé par le sémaphore de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Ne nous trompons pas, aucun trésor sonnant et trébuchant ne se cache dessous, n'achetez pas de scooter sous-marin pour vous y précipiter vous aussi !

En revanche, historiquement et scientifiquement parlant, les découvertes peuvent apporter beaucoup. Toutes les pièces trouvées seront déposées au dépôt officiel de Menton. 

Certaines pièces seront remontées quand d'autres simplement recensées pour en permettre l'étude.
Certaines pièces seront remontées quand d'autres simplement recensées pour en permettre l'étude. © ANAO

Les fouilles sont soumises à autorisation de l'état. Ainsi pour chaque prospection il faut faire une demande avec un objectif et un périmètre au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) 

Ce département assure une mission de conseil et de contrôle scientifique et technique sur les chantiers archéologiques sous-marins.

Deux semaines pendant lesquelles, l'association nous fera découvrir les premières trouvailles au fil des remontées, la suite donc au prochain épisode sur les réseaux sociaux notamment.

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