Alpes-Maritimes : le nombre de migrants interpellés à Menton explose

C'est un phénomène hélas permanent. Des centaines de migrants qui ont quitté leurs pays tentent de passer le frontière entre Vintimille et Menton chaque semaine. La forte concentration des forces de police due au confinement a fait exploser les chiffres du nombre d'interpellés. Explication.

Menton (Alpes-Maritimes) : les gendarmes contrôlent l'entrée au poste-frontière entre l'Italie et la France.
Menton (Alpes-Maritimes) : les gendarmes contrôlent l'entrée au poste-frontière entre l'Italie et la France. © Jean-François Ottonello - MAXPPP

"On en intercepte vingt le lundi, on les reconduit, on revoit leurs têtes le mercredi, nouvelle interception puis ensuite on ne les voit plus ! C’est parce que à force d’essayer, ils sont passés."

Ainsi résume dépité Jean-Luc Bragato de l’USGP Police, un important syndicat de Police. A la frontière de Menton, les contrôles sont stricts tant pour passer en Italie que pour pénétrer en France.

La raison première en est le confinement car des deux côtés, les mouvements de population sont restreints, il faut donc une bonne raison pour pouvoir franchir la frontière. Ou résider en Italie ou avoir un permis de travail. De même pour les Italiens notamment ceux qui se rendent à Monaco, ils doivent montrer patte blanche aux gendarmes français.

Un "verrouillage" qui aurait eu des conséquences sur le flux migratoire, sans pour autant le faire disparaître nuance Jean-Luc Bragato.

24 000 personnes interpellées

Les chiffres vont pourtant dans le sens d’un contrôle renforcé. Selon Le Figaro qui cite le ministère de l’intérieur, près de 24 000 personnes venant d’Italie se sont vues refuser l’entrée en France sur les cinq derniers mois car ils n’ont pu présenter des papiers en règle. Soit une hausse de 143%.  Des informations qui nous ont été confirmées officiellement par la place Beauvau.

Illustration. Les équipes de la PAF, police de l'air et des frontières réalisent des contrôles.
Illustration. Les équipes de la PAF, police de l'air et des frontières réalisent des contrôles. © Max PPP

Un chiffre également corroboré par les syndicats de Police que nous avons pu interroger qui font une multiplication simple : "il y a environ 150 à 200 personnes interpellées par jour par la PAF, la Police de l'air et des frontières, ce qui fait environ 1400 par semaine."

Pour parvenir à ces bons chiffres les moyens humains ont été considérablement accrus, 80 agents auraient ainsi complété le dispositif de surveillance aux frontières ainsi que 200 militaires dans les Alpes et les Pyrénées selon le ministère de l'intérieur.

Cela va dans le sens de ce que le président de la République avait annoncé en novembre dernier à savoir une intensification des forces de contrôles avec un renfort humain.

Ainsi de 2400 hommes le chiffre avait été porté à 4800 pour les seuls contrôles aux frontières sur l'ensemble du territoire français dans le contexte de l’après attentat de Nice du 29 octobre dernier qui avait fait trois victimes.

L’enquête avait en effet démontré que l’auteur de l’attaque mortelle dans la basilique Notre-Dame était le fait d’un tunisien qui serait arrivé dans les Alpes-Maritimes en passant par Vintimille.

Reste la question des passeurs qui selon Jean-Luc Bragato n’ont jamais été aussi importants, plusieurs dizaines auraient ainsi été interpellés ces derniers mois. Nos confrères du Figaro évoquent le chiffre de 229 sur les cinq derniers mois (ce que ne confirment pas les services de la place Beauvau). Le plus souvent sur l’autoroute A8.

Là les contrôles au niveau du Péage de la Turbie ont été particulièrement renforcés dans le contexte de la pandémie.

C’est aussi un lieu où régulièrement les forces de l’ordre procèdent à des saisies de drogue. Ainsi 1,2 tonne de cannabis avait été saisie le 15 avril dernier à bord d’un camion espagnol.

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