En Italie, un maire baptise des rues d'après un fasciste et un communiste au nom de la "pacification nationale"

Proche du gouvernement italien, le maire de Grosseto en Toscane veut honorer Giorgio Almirante et l’ancien secrétaire du Parti communiste Enrico Berlinguer. Un geste au nom de la "pacification nationale".

Antonfrancesco Vivarelli Colonna est le maire de Grosseto, en Toscane. Il y a été élu en tant qu'indépendant en 2016.

Aux élections municipales des 3 et 4 octobre 2021, il a été réélu dès le premier tour avec 56,2 % des voix, soutenu par la Lega , Forza Italia , Fratelli d'Italia et sa liste civique.

Sa ville compte environ 82 000 habitants... et une polémique.

Antonfrancesco Vivarelli Colonna a reçu ce lundi le feu vert de la préfecture pour baptiser une rue de sa ville d'après Giorgio Almirante, journaliste fasciste et antisémite sous Benito Mussolini, et une autre d'après Enrico Berlinguer, ancien secrétaire général du Parti communiste italien (PCI) de 1972 à 1984.

"Cela met fin à une polémique idéologique qui portait préjudice aux citoyens de Grosseto", a-t-il réagi. "Il ne s'agissait pas de gagner ou de perdre une bataille mais de surmonter les conflits idéologiques qui, depuis tant d'années, ont conditionné la vie politique de notre pays et de notre territoire", a-t-il plaidé sur son compte Facebook.

Une troisième voie sera dénommée "Pacification nationale".

Qui est Giorgio Almirante ? 

Giorgio Almirante (1914-1988) était, pendant la période fasciste, éditeur du journal "Défense de la race", dont les premiers numéros coïncident avec les lois raciales contre les juifs votées en 1938.
Il a créé en 1946 le Mouvement social italien (MSI), un parti d'après-guerre héritier du mouvement fasciste, et a été élu onze fois député, de 1946 à 1987.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni fut elle-même une militante du mouvement de jeunesse du MSI. Fin 2012 début 2013, elle a créé le parti Fratelli d'Italia dont l'emblème porte encore aujourd'hui la flamme tricolore du MSI.

L'Association nationale des partisans italiens (résistants au fascisme et à l'occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, Anpi) envisage de former un recours devant la justice administrative.

Luana Zanella, présidente du groupe Alliance Verts-Gauche à la Chambre des députés, a dénoncé un acte relevant du "révisionnisme historique".