Un journal gratuit anti-migrants dans le collimateur du la justice

Palais de Justice de Nice / © France 3 Côte d'Azur
Palais de Justice de Nice / © France 3 Côte d'Azur

Dans un point presse, le procureur de la république de Nice, Jean-Michel Prêtre, a qualifié ce journal de brûlot et a ouvert une enquête préliminaire.

Par AFP

Un journal gratuit hostile aux défenseurs des migrants actifs dans la vallée franco-italienne de la Roya est visé par une enquête préliminaire, a indiqué ce lundi le parquet de Nice qualifiant la publication de "brûlot" à l'esprit "très tordu".
Les commerçants qui ont mis à disposition dans leurs boutiques les deux premiers numéros parus cet été de "A Vugi d'à la Roya" ce qui veut dire "La voix de la Roya" sont également dans le collimateur pour "complicité", a précisé le procureur de la République Jean-Michel Prêtre.



J'ai pris l'initiative de lancer une enquête confiée à la brigade de recherches de Menton car ce journal est un brûlot qui est fait dans un style excessivement polémique, avec des attaques ad hominem et des qualificatifs injurieux


a-t-il précisé.


Les auteurs et les commerçants visés par la justice


"Cela se traduira vraisemblablement par des poursuites non seulement à l'égard de l'éventuel directeur de la publication mais aussi des agents de distribution, qui sont des commerces situés entre les communes de Tende et de Libre",  a encore précisé le procureur.
"Il est tiré à 5.000 exemplaires sur des fonds qu'on ne connaît pas. C'est un gratuit dont les publicités sont pour l'essentiel fictives et provocatrices. Il fait semblant que les gens passent des publicités pour les mettre en difficulté, c'est très, très tordu", a-t-il poursuivi.

Première parution le 24 juillet dernier


Le premier numéro est paru le 24 juillet, avec à la Une, la photo d'un militant de la défense des migrants traité de "bwana des migrants".
Le journal compte parmi ses soutiens Nicolas Zahar, un agent immobilier candidat aux législatives 2017 soutenu par Jean-Marie Le Pen selon lequel la population excédée par la publicité faite autour des défenseurs des migrants "s'est ruée sur le journal et y a vu comme un grand bol d'air".
"Je fais partie des quatre commerçants convoqués au tribunal en tant que soutien du rédacteur", Rodolphe Crevelle, précise Nicolas Zahar : "Je l'ai pris en sympathie et logé mais je ne suis pas son censeur, il ne m'a même pas montré les articles avant de les publier".


Rodolphe Crevelle déjà condamné


Le directeur de la publication connu pour de Directeur de publication d'un hebdomadaire lillois au début des années 2000, Rodolphe
Crevelle a été condamné à plusieurs reprises pour provocation à la discrimination raciale, notamment à Perpignan en 2008 pour un article stigmatisant les musulmans, paru en 2006 dans un gratuit distribué dans le grand sud-ouest, "Sud Journal".

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