Présidentielle. A Menton, le candidat Zemmour prône le renvoi systématique des migrants

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Écrit par Laurent Meney

Eric Zemmour s'est rendu au poste frontière Saint-Louis de Menton. Il a rencontré les fonctionnaires de la PAF, la police de l’air et des frontières. Il a évoqué la politique migratoire de la France. Sur place près de 200 manifestants étaient présents pour faire entendre leur opposition à sa venue.

"On organise tout pour ne pas renvoyer les migrants dans leur pays, il faut arrêter ce système pervers".

Eric Zemmour a donné le ton dès après sa visite du poste-frontière Saint-Louis de Menton. Il a également milité pour un retour massif des charters "collectifs pour plus d'efficacité dans le renvoi des clandestins que le ministère évalue entre 400 et 800 000 or, on en renvoie quelques-uns."

Le candidat à la présidence de la République martèle le fait que l'immigration clandestine a selon ses dires "atteint des chiffres comme jamais."

Eric Zemmour a défendu le travail de la police. Il a d'ailleurs rencontré un représentant syndical de la PAF, la police de l'air et des frontières sur place.

Pour l'un des agents de la PAF, qui préfère ne pas être cité, "cette visite n’a rien d’exceptionnel, les candidats aiment bien ce genre de déplacement. Nous, on ne juge pas, nous sommes apolitiques."

Record d'interpellations à Menton

"De notre côté" précise ce policier de terrain, "nous avons voulu pointer du doigt le manque de moyens pour mener à bien notre travail". La PAF a en particulier en charge le contrôle de la frontière entre la France et l’Italie. "L’an passé on a atteint le chiffre record de 37 000 interpellations", explique-t-il.

Parmi les personnes interpellées, il y des demandeurs d’asile, des sans-papiers aussi. Sans compter les passeurs qui font commerce de la situation.

A Menton, au niveau de la frontière Saint-Louis, se trouve un préfabriqué. A l’intérieur, une moyenne de 80 à 100 migrants y passent chaque jour en attente de leur sort.

Des locaux montrés du doigt par des associations humanitaires comme Human Rights Watch, considérant que les lieux porteraient atteinte aux droits fondamentaux de la personne. En mai 2021, un de ses porte-parole évoquait auprès de nous "les conditions difficilement supportables de la rétention dans ces préfabriqués style ALGECO".

Difficile en réalité de connaître vraiment la situation car ni les associations ni les journalistes ne peuvent y pénétrer. Seuls quelques députés ont pu se rendre à l'intérieur.

Cet après-midi en marge de la visite du candidat à la présidentiel on a compté près de 200 manifestants venus dire leur opposition à la venue d'Eric Zemmour avec des slogans comme "variant Zemmour, pic de haine" ou encore "liberté, égalité, fraternité." Parmi eux Cédric Herrou, fervent défenseur de la cause des migrants. Tenus à distance d'Eric Zemmour la manifestation, contenue par la police, s'est voulue bon enfant.

Eric Zemmour a prévu de rester deux jours sur la Côte d'Azur, après Menton ce sera Antibes puis samedi après une démabulation au marché, il participera à une réunion publique à Cannes.