Monaco réinstaure la vignette pour les taxis et VTC français

Une décision semble-t-il unilatérale puisque personne en France n'était pas au courant. Résultat, une réunion "en urgence" va se tenir entre la préfecture des Alpes-Maritimes et les chauffeurs azuréens.

C'est une décision qui risque de faire grand bruit dans les prochains jours... Ce mercredi 29 mars, le gouvernement monégasque a annoncé la réinstauration des vignettes pour les taxis et les VTC (véhicules de transport avec chauffeur) des Alpes-Maritimes et du Var.

En clair, jusqu'à maintenant, les véhicules français ne pouvaient que déposer un client en Principauté et ensuite repartir à vide. Et inversement pour les véhicules monégasques. C'était le principe du "chacun chez soi".

Une vignette à 600 €

Désormais, à partir du samedi 1er avril et pour une période de sept mois, les taxis et VTC français pourront aller prendre un client à Monaco (sur réservation) ou assurer les déplacements en Principauté d'un client qu'ils auront chargé en France, à condition d'être en possession de cette fameuse "vignette", dont le prix est fixé à 600 euros.

Nous avons à Monaco un nombre limités de professionnels. Si on ne met pas un minimum de règles, les professionnels locaux peuvent être submergés par la venue de personnes de l'étranger.

Pierre Dartout, ministre d'État de Monaco

Ces vignettes seront accordées et vendues suivant plusieurs "critères administratifs", poursuit Jean Castellini, le ministre des Finances et de l'Économie. "Nous souhaitons que les prestations proposées à Monaco et dans le département voisin répondent aux mêmes critères techniques et qualitatifs."

Parmi les VTC, seront "éligibles" à cette vignette ceux ayant validé le label qualité "voiture de transport avec chauffeur - limousine". Au total, la Principauté met en vente 300 vignettes pour les VTC et 20 vignettes pour les taxis.

En cas de non-respect de cette règle, le chauffeur français qui embarque un client à Monaco risque une amende de... 37,50 €.

Monaco demande l'accès à l'aéroport de Nice Côte d'Azur

En contrepartie, Monaco demande "que 20 Monégasques (taxis et grandes remises) aient accès au territoire français et puissent venir à l'aéroport Nice Côte d'Azur charger leurs clients monégasques", continue Pierre Dartout.

D'autant que la Principauté est "actionnaire à hauteur de 10 % de l'aéroport de Nice", précise Jean Castellini.

Les congrès démarrent dès ce week-end à Monaco. Ce que nous mettons en œuvre, c'est un dispositif "haute saison".

Jean Castellini, Ministre des Finances et de l'Économie de Monaco

Monaco souhaite donc mettre un terme au principe du "chacun chez soi" jusqu'au 31 octobre prochain.

Et après ? Pas de réponse de la part du gouvernement, qui attend de voir la réaction de son voisin.

Colère des Français

Et pour cause. Cette annonce a passablement énervé les chauffeurs français, qui n'étaient pas du tout au courant.

"Ils ont pris une décision sans convier, ni l'ambassadeur, ni le préfet !", souffle-t-on du côté français. Ce mercredi matin, aucun représentant de la préfecture des Alpes-Maritimes, ni des taxis et VTC locaux n'était effectivement présent à la conférence de presse du gouvernement.

Les services de l'État n'ont reçu aucune notification officielle sur le nouveau dispositif mis en place par le gouvernement monégasque annoncé ce jour par voie médiatique. Contactée, l'ambassade de France à Monaco n'a également reçu aucune information officielle.

Préfecture des Alpes-Maritimes

Une réunion "en urgence" va être organisée entre la préfecture des Alpes-Maritimes et les professionnels concernés.

Après plusieurs mois de négociations de part et d'autres de la frontière, s'agit-il d'un passage en force quand on sait que c'est justement ce principe de vignette qui avait déclenché la colère des taxis et VTC niçois ? L'année dernière, ces derniers avaient menacé de manifester à l'occasion du Grand Prix de Monaco.

Questionné sur le risque d'un nouveau mécontentement des chauffeurs azuréens, le gouvernement s'est dérobé avec cette explication : "le métier d'un artisan taxi est de déposer un client d'un point A à un point B".