Port du casque, âge minimum, verbalisation... On fait le point sur l'usage des trottinettes en Côte d'Azur

L’affaire avait été lancée à grand bruit. Menton, l’une des premières villes de la Côte d’Azur a (sévèrement) réglementer l’usage de la trottinette. D’autres, comme Beausoleil, lui ont emboité le pas. Quel bilan en tirer au moment où Paris vient d’interdire, par referendum, l’usage des trottinettes électriques en libre-service. Notre enquête.

Steve n’a pas fait illusion devant la police municipale de Beausoleil, remettant maladroitement son casque sur la tête, voyant qu’il se fait arrêter. Ce matin-là, les autorités font des contrôles avec un focus marqué sur les deux roues. La trottinette fait évidemment partie du dispositif.

"Mais", souligne le chef de la police, Henri Novak, "on est plutôt en mode prévention. Pour l’instant !" Ajoute-t-il

Tout roule !

Car dans cette ville collée à Monaco, le port du casque est obligatoire depuis le 23 février. "On doit aussi," précise Gérard Spinelli, le maire de Beausoleil, "disposer de feux de position et d’un gilet visible". "Mais", estime cet élu, "on n’a pas trop de problèmes dans notre commune avec ces engins."

En interrogeant la population, côté marché, le sentiment n’est pas tout à fait celui-là : "on en voit certains qui brûlent les feux" estime ce salarié qui est pour une verbalisation systématique, arguant du fait que leur comportement est souvent dangereux. Pour cette habitante, ce qui pose problème, c’est le fait que les trottinettes empruntent les trottoirs : "il y a de large trottoirs par endroits ici alors, ils en profitent, on ne se sent pas trop en sécurité, j’ai déjà été heurté par l’une d’elles."

Sensibiliser encore et toujours, mais jusqu’à quand ? La mort d’un enfant de 5 ans à Nice sur la Promenade des Anglais, en juin dernier, percuté par un engin électrique a rebattu les cartes. Christian Estrosi, le maire avait alors déclaré :

Les trottinettes électriques deviennent une source de danger dans nos villes.

Christian Estrosi, maire de Nice.

Juin 2022.

Une sénatrice du département avait alors demandé de renforcer la réglementation nationale en imposant d’une part l’immatriculation des trottinettes et vélos motorisés et d’autre part laisser la possibilité aux maires de réserver les pistes cyclables à l’usage exclusif des vélos.

Trouver le bon compromis

Beaucoup de villes de la Côte d'Azur cherchent le meilleur moyen de trouver le bon compromis pour que trottinettes et piétons fassent bon ménage. Ainsi en est-il de passages piétons même d’un feu tricolore sur la Promenade des Anglais. Une réduction de vitesse, plafonnée à 10 km/h sur certains tronçons, en général peu voire pas du tout respectée.

D’autres, comme Menton, avait décidé, en novembre dernier, de serrer la visse. Ainsi, le port du casque devenait obligatoire, mesure phare de l’arrêté pris par le maire LR Yves Juhel avec à la clef une vaste campagne d’affichage. Et une amende de 135 € pour le contrevenant. Casque, mais aussi assurance. Selon la police municipale de Beausoleil, il n’est pas rare que sur dix contrôles effectués, seuls deux propriétaires disposent d’une assurance.

Maigre bilan

Dans la cité du citron, les comportements n’ont pas changé. Beaucoup de têtes nues parmi les utilisateurs de trottinettes électriques. C'est ce que nous avons constaté. Il faut dire que la ville a dressé peu de PV : une vingtaine, nous confie-t-on en mairie. En ajoutant que les sanctions devraient pleuvoir dans les prochains jours pour les contrevenants.

À Monaco, où là encore une réglementation forte existe, on rencontre beaucoup de personnes ne respectant pas la loi. Sur le Rocher, l’âge minimum pour pouvoir se servir d’une trottinette électrique est de 12 ans et le port du casque est obligatoire.