A seulement 10 ans, cet écolier de Nice, aide chaque semaine les sinistrés de la vallée de la Roya

Avec sa mère, Gabriel vient deux fois par semaine dans la vallée de la Roya pour aider les sinistrés de la tempête Alex. Tri des dons, remise en état des murs, rien ne l'arrête et il force le respect des habitants et des bénévoles dans les Alpes-Maritimes.
Gabriel ne rechigne devant aucun travail !
Gabriel ne rechigne devant aucun travail ! © Myriam Di-Pasquale
Son engagement auprès des sinistrés fait l'admiration de tous !
Gabriel a 10 ans, il habite Nice et est élève en CM2. Comme sa mère Myriam, il ne connaissait pas la vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes avant octobre dernier, avant le passage de la tempête Alex dans les vallées des Alpes-Maritimes. 

Je ne pouvais pas me dire qu'à quelques kilomètres de là, certains avaient tout perdu et que je ne faisais rien. Il y avait un train. Avec le 7h30, on peut monter dans la journée à Breil-sur-Roya avec un retour à 17h30. Au départ, j'y suis allée seule pour nettoyer et déblayer, et je me suis dit que Gabriel que je faisais garder par des amis pouvait venir avec moi !

Myriam Di-Pasquale, mère de Gabriel

Myriam a eu le feu vert de  Gérard, responsable de la "DZ" de Breil-sur-Roya (Drop Zone, c'est-à-dire le hangar où sont stockés les dons).

Oui, un enfant pouvait venir sur les lieux, il pouvait même apporter une aide précieuse en cette période de chaos !
 
A Breil-sur-Roya, ce hangar s'appelle la DZ ( Drop zone en anglais).
A Breil-sur-Roya, ce hangar s'appelle la DZ ( Drop zone en anglais). © Myriam Di-Pasquale

C'est donc dans cette Drop Zone que Gabriel a commencé à travailler en suivant les consignes. Il a trié, scotché les cartons, mis des annotations sans se plaindre.

De sa petite voix juvénile, le petit garçon raconte cette première expérience. Premier constat : impossible de réaliser l'étendue des dégâts avec les photos. Il faut se rendre sur place pour réaliser l'ampleur du drame. Deuxième constat : il y avait beaucoup à faire !

Maman m'avait prévenu mais je ne pensais pas qu'il y aurait autant de cartons. Il fallait trier les biscuits, les biscottes, le café, vérifier si les produits n'étaient pas périmés ou trop proches de la date de péremption, car dans ce cas, il fallait les jeter.

Gabriel, 10 ans.

Des murs effondrés

Mais aux séjours suivants, il a entrepris une autre activité. Il fallait décaisser un mur chez un particulier, c'est-à-dire trier les matériaux, les grosses et les petites pierres, la terre avant de tout reconstruire. 
Gabriel, 10 ans, bénévole à Breil-sur-Roya.
Gabriel, 10 ans, bénévole à Breil-sur-Roya. © Myriam Di-Pasquale

Le petit garçon a tout simplement intégré une équipe, et là encore, il a respecté les indications qu'on lui donnait sans discuter.
Autre séjour ? La construction d'un mur en pierres sèches. Gabriel a apporté sa contribution, et il a fallu une journée pour voir le résultat !

Une endurance à toute épreuve

Sa mère avait prévu un livre pour occuper Gabriel, mais il est resté dans le sac à dos, elle n'en revient toujours pas.

Ce jour-là, nous avons déjeuné tous ensemble, il était pressé de terminé le mur, il a bluffé tout le monde. Pas une plainte, il voulait aider, il a tenu toute la journée, quand il est là-haut, il fait tout de bon cœur ! Ca lui fait quand même de sacrées journées !

Myriam Di-Pasquale, mère de Gabriel.

Les mercredis et samedis, c'est direction Breil pour Myriam, par ailleurs formatrice dans un fast food, et son fils.

L'hommage des habitants et des bénévoles

Gérard est bénévole dans la vallée de la Roya, il vient de l'Oise, et il n'en est toujours pas revenu. Il a voulu rendre hommage à un petit garçon de 10 ans motivé, qui l'a touché.
Ce post a reçu de nombreux commentaires de félicitations et 160 partages notamment dans notre groupe d'entraide aux sinistrés sur Facebook.
 

Bravo à toi tu es un exemple... Ne change pas, la vie te sourira et ça sera bien mérité. Toutes mes félicitations à tes parents pour ton éducation, avec toute mon admiration et affection pour toi

Janine Michelozzi via le groupe Facebook


Quand on demande à sa mère si elle est fière de son fils, la réponse ne tarde pas : "un peu, oui !
 
Myriam et son fils Gabriel.
Myriam et son fils Gabriel. © Myriam Di-Pasquale

"C'est un bel hommage, avec les réseaux sociaux, c'est à double tranchant, là il n'y a que des compliments ! "conclut-elle.
Gabriel lui, n'en a pas fini avec la solidarité : il aime bien aider les habitants, qui ne peuvent pas tout faire eux-mêmes, même s'il avoue qu'il va vite au lit après une journée dans la Roya.

Comme quoi la valeur n'attend pas le nombre des années.
 
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