Un mois et demi après la tempête Alex, Tende retrouve un accès partiel par la route

Depuis les intempéries, Tende est coupé du monde. L'eau est redevenue potable, et le village est à nouveau relié au reste de la vallée, mais le découragement gagne les sinistrés.

Une accès partiel à Tende par la route est désormais possible depuis le lundi 23 novembre.
Une accès partiel à Tende par la route est désormais possible depuis le lundi 23 novembre. © Loic Blache / FTV

Depuis ce lundi 23 novembre Tende est à nouveau accessible depuis Fontan par les Gorges de Paganin via une piste provisoire, avec des créneaux strictement encadrés et limités le matin et le soir.

Le lit de la rivière a été comblé pour permettre un accès routier.
Le lit de la rivière a été comblé pour permettre un accès routier. © Loic Blache/ FTV


Enfin, désenclavement par la route 

Sept semaines que le village est sans accès routier, et la route entre littoral azuréen et Turin, toujours condamnée.

"S'il neige, on est piégé"

Jean-Pierre Vassallo, maire de Tende

Carte des travaux en cours entre Fontan et Saint-Dalmas-de-Tende
Carte des travaux en cours entre Fontan et Saint-Dalmas-de-Tende © Département 06
Les véhicules particuliers et les convois pourront y circuler. En dehors de ces créneaux, la circulation est strictement interdite afin de permettre la poursuite des travaux de reconstruction. Depuis le 15 ocotobre dernier, l'accès est possible entre Breil-sur-Roya et Fontan de 7h à 8h, et de 17h30 à 18h.
Sur le site du Conseil départemental des Alpes-Maritimes,  une carte vous permez de visualiser tous les chantiers de la vallée de la Roya. La voie ferré a été moins touchée mais les réparations entre Saint-Dalmas-de-Tende et Tende prendront plusieurs mois. La SNCF annonce tout de même la réouverture complète de la ligne pour le 18 janvier 2021.

La vallée de La Roya, au bout du monde

Les travaux sont titanesques, la reconstruction s'annonce longue et difficile. Présent lors des deux semaines qui ont suivis le passage de le tempête Alex, le génie militaire  a aujourd'hui disparu. La population est dans l'incompréhension et Charles-Anges Ginésy espère son retour car les moyens engagés ne sont pas assez important au regard des dégâts : 12 ponts détruits sur la vingtaine de la vallée,  50 kilomètres de voies de circulation abîmées sur environ 70 points. Mais le préfet chargé de la reconstruction des zones sinistrées, Xavier Pelletier, a expliqué au micro de France Inter que l'armée ne reploiera pas ses troupes dans les vallées, elle est mobilisée sur d'autres "théâtres extérieurs". 

Quand on la mobilise pour des opérations urgentes, l'armée répond à nos demandes, mais elle n'a plus de moyens illimités. Ce ne sont plus du tout les moyens que l'on connaissait avant, quand l'armée était une sorte de couteau suisse qui pouvait déployer beaucoup de compétences, beaucoup d'ingénierie. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. 

Avant la catastrophe, les Tendasques souffraient que leur territoire n'était souvent qu'un lieu de passage. Désormais privé de son accès vers l'Italie, le village a désormais des allures de contrée de "bout du monde", que certains ont déjà fui. Les maires de la vallée de La Roya constatent avec tristesse et inquiétude le départ de certains de leurs administrés. "On se parle avec les maires de Tende et de Breil, on estime à environ 1/4 la proportion des habitants qui sont partis de nos villages depuis la tempête" explique Philippe Oudot, le maire de Fontan, et "on se sait pas pour l'instant, si ils vont revenir plus tard".

Une vie toujours difficile

Thérèse Viallattre, médecin à Tende, décrit une population à bout: "Imaginez, des gens isolés avec un spectacle d'apocalypse, sans possibilité de faire ni douches, ni lessive, ni à manger. Il y a eu un ravitaillement d'eau en bouteille mais limité. Certains se sont rendus à La Brigue pour laver leur linge chez des gens qui ont rendu service".

L'eau à nouveau potable

Un mois et demi après les pluies diluviennes et les crues qui ont ravagé la vallée de La Roya et détruit 8 kilomètres de canalisation, l'eau potable est enfin de retour. Alors, pour les 2 200 habitants sinistrés, c'est un véritable soulagement : "On n'a plus à trimballer des bidons", confie une maman qui élève seule sa fille de 7 ans et qui avait transformé le transport des bouteilles d’eau en une sorte de jeu. Elle se plaint, en revanche, que ça reste "compliqué" pour les courses: "A part deux bouchers, on n'a pas de commerces". 

Le retour à la normale n'est toujours pas d'actualité. Les vivres sous forme de dons continuent d'arriver sur la commune grâce à un train-wagon qui fait les aller-retour avec le hameau voisin de Saint-Dalmas-de-Tende. Les marchandises sont ensuite déchargés le soir par des bénévoles mais "il faut ensuite grimper un talus qui sera impraticable même en 4x4 s'il neige ou s'il gèle", s'inquiéte Jean-Pierre Vassallo, le maire de Tende. La générosité est toujours au rendez-vous, les dons continuent d'affluer, mais, les produits frais manquent cruellement. Le retour au commerce traditionnel ne s'est toujours pas fait, contrairement à toutes les communes de la vallée situées en aval. 
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