Tunnel de Tende : nouveau report, pénalités de retard, contrôles de l'Anas, on fait le point sur ce chantier qui dure depuis plus de dix ans

Les habitants de la vallée de la Roya vont-ils devoir passer un quatrième été sans accès routier direct au Piémont italien voisin ? Le chantier du tunnel de Tende n'en finit plus d'être repoussé. Edilmaco, l'entreprise italienne en charge des travaux, a demandé un nouveau délai pour terminer le nouveau tunnel.

Dix ans de travaux, et presque autant d'annonces d'une date de fin du creusement du nouveau tube du tunnel de Tende, dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes). Ce mercredi, lors de la dernière commission intergouvernementale (CIG), l'instance politique qui chapeaute ce chantier international entre la France (financeur à 42%) et l'Italie, il y a encore eu une mauvaise nouvelle.

Edilmaco, l'entreprise italienne qui réalise les travaux, a demandé à l'Anas, la société qui gère le réseau routier national italien, un nouveau report des travaux pour... septembre 2024. Une demande à laquelle l'Anas n'a pas donné de réponse.

Au cours de la réunion de la CIG, Anas a redit aux maires de la zone que la conclusion des travaux conformément aux accords établis jusqu'à présent avec les parties concernées reste une priorité.

Anas

En l'occurrence : juin 2024. Une date martelée notamment par Edoardo Rixi, le vice-ministre italien chargé des transports et des infrastructures, qui avait fait le déplacement jusqu'à Limone en septembre dernier.

Des contrôles renforcés, promet l'Anas

Cette date sera-t-elle enfin respectée ? Des deux côtés de la frontière, parmi les habitants et les élus, plus personne n'y croit.

Mardi, à la veille de la CIG, plusieurs dizaines de Français et d'Italiens ont manifesté à Tende.

Les contrôles sur l'avancement des travaux ont été renforcés. Anas procédera cependant à une série de contrôles supplémentaires et intensifiés, y compris des inspections sur les chantiers de construction, pour garantir la poursuite des activités sans nouveaux ralentissements.

Anas

Selon nos confrères de La Stampa, le creusement de la nouvelle entrée du tunnel côté français avance plus lentement que prévu et la création du viaduc enjambant le vallon de la Cà est perturbée par la météo hivernale. "Le mauvais temps et la neige ont suspendu l'installation des douze poteaux de 1,20 mètre de diamètre du nouveau viaduc", indiquent nos confrères, citant le commissaire extraordinaire Nicola Prisco, en charge des travaux pour le compte du gouvernement italien. Les différentes parties de ce pont sont terminées, mais "il n'existe plus aucun lieu physique propice au stockage" sur place.

Pénalités de retard

Face à tous ces retards, Français et Italiens demandent que des pénalités soient imposées à Edilmaco. C'est ce que nous avait indiqué Jean-Pierre Serrus, conseiller régional Paca en charge des transports, en août dernier.

"Ca me semble normal", embraye Sébastien Olharan, le maire de Breil-sur-Roya, qui a participé à la CIG. "On ne peut pas faire comme s'il n'y avait aucun engagement de la part de personne. Des contrats ont été signés, il faut des pénalités si les engagements ne sont pas tenus."

D'après nos confrères de La Stampa, il a été proposé que ces pénalités "soient réinvesties dans le territoire pour 'compenser' toute une région qui, jusqu'à présent, est la seule à payer le prix des retards".

En attendant, environ 200 ouvriers travaillent actuellement sur le chantier, qui se poursuit "également le samedi et le dimanche", précise l'Anas. Une fois le nouveau tunnel terminé et mis en circulation, restera la question de la mise aux normes de l'ancien tunnel, pour laquelle la société Edilmaco s'est finalement retirée...

Une histoire sans fin que ce chantier qui dure depuis... 2013 !

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