Un gymnase réquisitionné à Menton pour accueillir des mineurs non accompagnés

La préfecture, sur demande du département des Alpes-Maritimes, a réquisitionné ce lieu pour héberger en urgence des migrants. Une cinquantaine de mineurs sont actuellement présents dans ces locaux.

Sur place, difficile d'apercevoir quoi que ce soit. Les portes entrouvertes du gymnase du Careï de Menton (Alpes-Maritimes) se referment rapidement, juste le temps d'apercevoir plusieurs dizaines de lits de camp installés au sol et des "mineurs non accompagnés" arrêtés à la frontière franco-italienne.

Devant ce gymnase réquisitionné, des véhicules du Conseil départemental et de la Protection civile, ainsi que des équipes médicales, éducatives et de l'aide sociale à l'enfance. Selon plusieurs sources, près de 100 mineurs peuvent être accueillis dans ce lieu.

Les premiers sont arrivés ce mercredi à la mi-journée en provenance des "locaux de la police aux frontières où ces mineurs étaient en attente de prise en charge par les services du département en charge de la protection de l’enfance", indique la préfecture des Alpes-Maritimes.

Sur place, ils peuvent bénéficier des douches du gymnase, d'un accompagnement médical et ont de quoi se restaurer.

"Saturation des dispositifs d'accueil"

"Cela fait plusieurs jours qu'il y a un afflux aux frontières", confie une personne en lien avec ce dispositif. Ce que confirme Philippe, un membre de la Police aux Frontières. "On a pas mal de monde, un peu plus que l'année dernière à la même période. Pareil pour ce qui concerne les mineurs non accompagnés."

Lors d'une journée calme, environ 80 personnes sont arrêtées à la frontière, et cela peut monter jusqu'à 150 par jour. Il y a environ 10 à 20% de mineurs.

Philippe, policier PAF (syndicat Unité SGP)

La réquisition de ce gymnase mentonnais intervient en plus des dispositifs déjà existants gérés par le département des Alpes-Maritimes. Car ce dernier "fait face à un flux important et croissant de mineurs non accompagnés en provenance de la frontière italienne, entraînant une saturation des dispositifs d’accueil", précise, dans un communiqué, la préfecture.

Depuis le début de l’année 2023, 1 202 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par les services du Conseil départemental, dont 110 pour la semaine du 7 au 13 avril.

Préfecture des Alpes-Maritimes

Dans une lettre ouverte au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le député (LR) Éric Ciotti regrette une "absence de moyens accentuée par le départ des Alpes-Maritimes, il y a quelques jours, des deux compagnies de lutte contre l'immigration clandestine".

Plus incisive, Alexandra Masson ne veut pas "d'un camp de migrants à Menton". Dans un communiqué de presse, la députée RN de la quatrième circonscription des Alpes-Maritimes assure que "la poussée migratoire à la frontière italienne est à son paroxysme depuis plusieurs mois". Selon elle, "la Police des frontières (PAF) est submergée au vu des vagues quotidiennes qui arrivent. Les services départementaux chargés de la prise en charge de ses 'mineurs isolés' sont également maintenant totalement débordés".

Impossible, pour l'heure, de savoir combien de temps ce gymnase sera réquisitionné. Mais, de l'avis d'une personne présente sur place au sein du dispositif, "on sait qu'on est parti pour plusieurs jours".