Attentat de Nice: l'enquête se poursuit pour mise en danger de la vie d'autrui

L'enquête ouverte après l'attentat qui avait fait 86 morts sur la Promenade des Anglais le 14 juillet à Nice se poursuit, a déclaré lundi le procureur de la République Jean-Michel Prêtre.

Nice 14 juillet 2016 - cette photo n'est pas une de celles publiées par Paris-Match
Nice 14 juillet 2016 - cette photo n'est pas une de celles publiées par Paris-Match © VALERY HACHE / AFP
"Il y a une enquête ouverte sur la base de plusieurs plaintes reçues au parquet de Nice depuis le 14 juillet, non pas contre le terroriste mais contre l'organisateur et les différents services qui ont la responsabilité dans la sécurité, donc la ville et l'Etat", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse.

Mise en cause du dispositif de sécurité

L'enquête concernant l'attentat lui-même est instruite à Paris.  Ces plaignants "considèrent qu'il y a eu une mise en danger inacceptable du fait d'une négligence ou d'une inobservation de principes de base", a-t-il dit. Ces plaintes, "moins d'une dizaine", mettent en cause le dispositif de sécurité et l'analyse du risque qui a été faite, selon le procureur.

"L'hypothèse d'un attentat avec un camion fou a été évoquée, analysée et pesée à l'occasion de l'Euro-2016 (de football, ndlr) que ce soit à Nice ou sur les autres sites. En particulier à Nice, sur la partie dite de la Fan Walk", a-t-il exposé "à titre d'exemple". "La question qui se pose c'est de savoir si pour le feu d'artifice du 14 juillet il fallait prendre en compte un risque de cette nature, oui ou non ? Si oui, est-ce que les dispositifs mis en place répondaient à cette exigence, oui ou non ?", a-t-il ajouté.

Mise en danger

Le code pénal français sanctionne le fait de mettre en danger quelqu'un lorsque cette mise en danger résulte d'une violation manifestement délibérée des lois et règlements ou de négligence très grave concernant la sécurité, autrement dit le fait d'avoir connaissance du danger et de ne pas mettre les moyens à la hauteur du risque.

Après l'attentat, une polémique a opposé les élus locaux - Christian Estrosi en tête - au gouvernement autour des mesures de sécurité prises pour le feu d'artifice du 14 juillet, notamment sur le nombre d'agents en faction, l'absence de blocs en béton ou de voitures de police pour barrer les rues adjacentes à la Promenade.

Ce soir-là, plus de 30.000 personnes assistaient au feu d'artifice lorsque Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, a foncé dans la foule avec son camion. L'attentat a été revendiqué par le groupe Etat islamique que la France combat en Irak et en Syrie.
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