Le Carnaval de Nice et ses costumes : toute une histoire

Alors que les chars du Carnaval de Nice 2020 défileront du 15 au 29 février sur le thème de la mode, intéressons-nous aux costumes. Cette grande manifestation avait vu le jour en 1873, et depuis, les costumes n’ont jamais cessé d’évoluer.
 

Le carnaval à la belle époque
Le carnaval à la belle époque © Extrait du livre "Le Carnaval de Nice" de Annie Sidro, ed. Mémoires-Millénaires, Giletta
Originellement, le carnaval n’était pas une histoire de costumes mais de déguisements. Les pauvres s’habillaient en riches et les riches en pauvres, revêtant des guenilles et des haillons. Ces gens bien nés, excessivement riches prenaient un malin plaisir à quitter l’habit bourgeois pour faire semblant. Parfois, ils se déguisaient en personnages connus, comme Don Quichotte. C’est à coup de milliers de confettis que l’on  s'attaque et que l’on se défend sans se préoccuper du rang ou de la fortune de son adversaire.
Au Moyen-âge, période durant laquelle le Carnaval avait acquis sa renommée internationale, on se contente souvent de se noircir le visage avec de la suie.

Annie Sidro, fille et petite-fille de carnavalier

Elle est tombée dedans quand elle était toute petite, dans la marmite du carnaval.
Annie Sidro, auteur du livre "Le carnaval de Nice et ses fous : Paillassou, Polichinelle, Triboulet"
Annie Sidro, auteur du livre "Le carnaval de Nice et ses fous : Paillassou, Polichinelle, Triboulet" © Mémoires-Millénaires
 

Mon premier souvenir, ce sont les grosses têtes habillées avec du satin,

se souvient-elle.

Il y avait du satin partout dans la maison, 80 mètres de tissus, c’était en 1964,

s’esclaffe-t-elle.
Carte postale illustrant le carnaval de Nice en 1903
Carte postale illustrant le carnaval de Nice en 1903 © Archives Nice Côte d'Azur

Les comédiennes n’étaient pas déguisées, elles étaient tout simplement très bien habillées. Avec robes longues et capelines. Pas d'originalité, ni de folie juste une extrème élégance.

Annie Sidro s'est intéressée depuis son enfance au Carnaval de Nice. Depuis 1897 son grand père, ses oncles et son père réalisèrent à tour de rôle le grand char officiel de Sa Majesté Carnaval, en collaboration étroite avec le grand imagier du carnaval niçois, Gustave-Adolphe Mossa

Caroline Roux, costumière du Carnaval de Nice depuis 10 ans

Caroline Roux, créatrice et costumière niçoise, a commencé sa carrière en 2009. C’est dans un atelier bruissant de matières soyeuses, qu’elle confectionne les costumes pour la bataille des fleurs.

Il y a 10 ans

Au début, il y avait moins d’interactivité avec le public. C’est pourquoi les comédiennes portaient surtout du long. Robes longues, jupes longues.
Des costumes volumineux avec des dossards, des chapeaux, et des coiffes immenses, elles n’avaient pas une grande liberté de mouvement.

Aujourd’hui

Le satin a évolué vers le lycra, des tissus solides qui résistent aux intempéries.
Il y a 5 ans, on m’a demandé à ce que les filles soient plus mobiles, moins statiques. Il a donc fallu s’adapter,
nous dit-elle.
Le temps des filles en maillots de bain sur les chars de la bataille des fleurs est bien révolu.
Aujourd’hui, les robes sont courtes et stylisées. En 10 ans, le volume a changé, et les comédiennes ont beaucoup moins de matière sur elles.

Mais ce n’est pas parce que c’est plus court que c’est plus facile,

nous confie-t-elle.
Caroline Roux aime donner à ces tenue un coté burlesque et carnavalesque.

Les matériaux utilisés

Des tissus pailletés aux tissus lamés, du plastique, à la bâche, en passant par des matières de récup, la feutrine ou le lycra en polyester.
Et des matériaux surprenants comme le crin ou l’isolant de parquet.

Les costumes du carnaval, actuellement en pleine préparation :





 
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