Connaissez-vous ce cimentier qui anime le port de Nice ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Michel Bernouin .

Le Capo Cinto est un fidèle du port de Nice, et l'un des rares navires de commerce qui y font escale régulièrement.

Son entrée dans le port de Nice est toujours un événement. Quand le Capo Cinto se présente, les feux passent au rouge pour laisser la priorité à la manœuvre de ce cimentier de 90 mètres de long sur 16 de large.

A la passerelle, un "pilote" se trouve aux côtés du capitaine. Aujourd’hui c’est Nicolas Plumion, ancien officier de la marine marchande, président de la station de pilotage de Nice Cannes Villefranche.

Pilote obligatoire pour les bateaux de 50 mètres

Parti à 6h15 du port à bord d’une pilotine, il a rejoint le cimentier encore au large. Dans une semi-obscurité, la pilotine se colle au flanc du Capo Cinto quelques secondes, le temps pour le pilote de sauter à bord.

Mon métier c’est un peu d’être le chef d’orchestre de l’ensemble de la manœuvre, quand le pilote monte à bord il est là pour assister le commandant, assurer sécu du navire et des infrastructures.

Nicolas Plumion, pilote maritime au port de Nice

Le pilote ne touche jamais aux commandes et le capitaine, à ses côtés, reste le seul maître à bord. Pourtant, la présence du pilote est obligatoire pour tous les navires de plus de 50 mètres qui souhaitent entrer ou sortir du port de Nice, et son expertise indispensable.

"Expert dans la manœuvre"

"Le pilote est expert dans la manœuvre, résume Julien Forest, capitaine du cimentier Capo Cinto. On peut comparer ça à un généraliste par rapport à un spécialiste chez les médecine : le pilote à vraiment une valeur ajoutée en terme de manœuvre. On ne pourra jamais se passer de son expérience.

Ce jour-là, par mer calme avec 10 nœuds de vent du nord, les conditions météo sont plutôt clémentes. La difficulté du jour, c'est la présence d'un grand yacht amarré au quai Infernet. Il ne reste qu'une grosse centaine de mètres de quai pour y glisser les 90 mètres du cimentier. Et pas question de rayer le vernis du palace flottant !

"Un navire qui a beaucoup d'inertie"

Alors la manœuvre est précise. "On est sur un navire qui a beaucoup d'inertie, il faut être très vigilant et rester concentré". Les ordres s'enchainent : quelques degrés de barre à bâbord, quelques pourcentages de propulsion en plus... La manœuvre consiste à faire demi-tour dans le bassin du commerce, pour aller se glisse en marche arrière le long du quai Infernet.

Les camions pleins de ciment attendent déjà en file indienne. Sitôt le navire amarré, le ballet des dockers débute. Il faut raccorder des dizaines de flexibles pour remplir les cuves du Capo Cinto de 1.800 tonnes de ciment en provenance de la Grave de Peille.

140.000 tonnes de ciment par an

Un ballet qui a lieu une à deux fois par semaine, soit 70 escales par an. Un important enjeu économique pour le port de commerce de Nice. Surtout depuis que l'autre cimenter, Lafarge, a cessé ses activités dans les Alpes-Maritimes, qui représentaient 70.000 tonnes par an exportés depuis le port de Nice.

Reste aujourd'hui Vicat et son Capo Cinto, un ancien porte-conteneurs transformé en en cimentier  en 2019, qui exporte 140.000 tonnes par an vers la Corse (Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio, Propriano) et le port italien d'Impéria, et les ferries pour la Corse.

Alors que les ferries jaunes se font rares à Nice, et que les yachts russes risquent de ne pas revenir de si tôt, le ciment en vrac produit à la Grave-de-Peille est plus que jamais capital pour l'économie du port.

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